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XII PRÉFACE

une erreur et une grave injustice. En elDFet, si nous reconnaissons avec sincérité nos imperfections, il ne faut pas laisser tirer de nos propres critiques des conséquences excessives contre nousmêmes. Il importe d'autant plus demain tenir la vérité sur ce point, qu'elle tend aujourd'hui à être obscurcie de parti pris par la haine persistante et Tesprit de dénigrement systématique d'un certain nombre de publicistes allemands : non contents de voir grandir dans le monde l'influence matérielle et intellectuelle de l'Allemagne, ils sont impatients de la rendre exclusive. Ils ne supportent pas de rencontrer encore des influei^ces rivales et de trouver toujours devant eux la France vivante, malgré ses défaites militaires, et réclamant encore sa part dans l'empire de l'esprit humain. Je sais que tous les Allemands ne partagent pas ces préjugés étroits et qu'il en est beaucoup qui se réjouissent comme nous de tout progrès fait pour la découverte de la vérité, pour la grandeur et le bonheur de la race humaine, quelle que soit la

PRÊFACK. xni

nationalité des hommes qui Taccomplissent. Il n'en est pas moins certain que la notion de la solidarité des peuples européens et de leur fraternité, si longtemps soutenue par la France depuis le xviii'' siècle, a subi un certain affai* blissement. On y reviendra; je n'ai aucun doute à cet égard : car toutes les inventions de la science moderne tendent à rendre de plus en plus fatale cette unité morale de l'humanité. En attendant, il est plus utile que jamais d'en montrer le caractère dans le passé et d'en affirmer la nécessité dans l'avenir. J'ai essayé de le faire dès 187^2, dans un article sur les Relations scientifiques entre la France et V Allemagne.

Les articles qui suivent ont un caractère plus spécialement politique et patriotique. Ils débutent par une notice biographique sur F. Uérold, le sénateur et préfet de la Seine, auquel j'ai été rattaché par les liens d'une étroite amitié. J'y raconte comment un groupe déjeunes hommes, dévoués à la liberté sous toutes ses formes, ont vécu sous l'Empire, malgré l'oppression des pre-

ZIT PRÉFACE.

miëres années, et comment ils se sont trouvés engagés dans les péripéties de l'histoire de notre temps : chute deTEmpire, siège de Paris, établissement de la République. J'y insiste sur la lutte entamée depuis dix ans et qui se poursuit, pour séparer les organes de la société civile de ceux des églises et associations religieuses; j'expose la part que Hérold a prise à cette lutte et dans quelle mesure elle est légitime.

C'est au 5%^ de Paris que sont consacrés les deux derniers morceaux. J'ai été appelé à concourir, comme tous les bons Français, à la défense nationale et j'y ai apporté, dans la mesure de mes forces, ma part de dévouement. Président du Comité scientifique de Défense, j'ai été mêlé à une multitude de tentatives, faites dans les ordres les plus divers, pour défendre la ville assiégée. L'exposé complet de ces tentatives présenterait plus d'un point d'un intérêt général, tant pour l'histoire de notre temps que pour celle de la science ; mais il serait trop mêlé au récit des malheurs et des défaillances de cette époque,

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