LES CONFÉRENCES
9 mai 1881.
J*ai visité, à plusieurs reprises, les conférences et manipulations organisées près la faculté des sciences de Paris, dans le but de préparer les élèves aux licences es sciences mathématiques, physiques et naturelles, ainsi qu'à l'agrégation. Voici quelques observations relatives à la marche des études pendant le premier semestre (1880-1881).
La'nouvelle institution a traversé, comme il arrive toujours, divers tâtonnements, attribuables, en partie, à h nouveauté de renseignement, et, plus encore, à Tinsurfisance des locaux. Ce que je dois
1. Extrait d*uD rapport au ministre de Tinstruction pablique.
FACDLTË des sciences de paris. X8I
reconnaître et déclarer hautement, dès le début, c'est l'extrême bonne volonté des maitres de conférences, qui ont eu à lutter sans relâche contre les diflicultés résultant de Tabsence ou de l'étroitesse des salles de conférences et des laboratoires; je signalerai également le zèle des professeurs qui consacrent à ces travaux nouveaux un grand nombre d'heures, en dehors de leurs cours réglementaires. MM. Dcsains, Hébert, Lacaze-Duthiers, Duchartre, Troost témoignent à cet égard d'un dévouement tout particulier ; enfin, j'ai remarqué avec une vive satisfaction l'assiduité, le travail sérieux et continu des boursiers et des élèves ordinaires admis aux conférences. Cette institution produit à la faculté des sciences de Paris les fruits les plus utiles, an delà même des prévisions que l'on avait pu former. S'il y a quelques critiques à faire, comme il arrive inévitablement, elles portent sur l'excès de zèle des maîtres, sur la part peut-être insuffisante laissée i l'initiative des élèves et sur le détail excessif des exigences des examinateurs. J'y reviendrai, mais auparavant je dois signaler l'extrême insuffisance des locaux.
L'administration s'efforce, depuis le commencement de l'année, de parer à cette insuffisance par la construction de vastes baraquements, qui <
aujourd'hui une portion des terrains réservés à la construction de la future Sorbonne. Hais cet expédient, indispensable en ce moment, ne saurait être regardé comme une solution durable du problème de renseignement pratique de nos élèves. Comparé à la vaste organisation des laboratoires de TAUemagne et des grands États civilisés, il nous mettrait dans une infériorité permanente et honteuse. Je ne saurais trop insister sur ce point.
Je vais rappeler d'abord la liste des maîtres de conférences, le nombre des élèves proprement dits, les précautions prises pour assurer l'assiduité des élèves et les résultats effectifs constatés, tant au début du premier semestre (décembre 1880) qu'à la fin du même semestre et au commencement du deuxième (avril 1881).