‹ Sciences mathématiques et physiques au commencement du XIXe siècleChapitre 16 sur 41 · DANIEL-JOSEPH-BENOIT MARESKA · texte numérisé non relu

DANIEL-JOSEPH-BENOIT MARESKA

C’est une douce consolation pour l’honnête homme de s’élever des rangs inférieurs de la société et de parvenir, pr ses talents et son caractère, à prendre une position distinguée et à jouir de l’estime de tout ce qui l'environne. Mareska avait rencontré, dans le cours de ses premières années, bien des diflicultés ; mais il sut les vaincre dès ses études universitaires, et son excellente conduite fixa bientôt l’attention des hommes qui pouvaient exercer de l’influence sur son avenir. La nature semblait l’avoir traité d'une manière privilégiée, car il joignait un physique avantageux h des qualités morales et spirituelles très-remarquables.

Ses premiers débuts à l’Université de Gand furent signalés par différents succès qu’il obtint dans les concours. En 18âi, il remporta le prix de l’Université de Liège, par un mémoire sur la théorie des limites. Scs prédilections, dans sa première jeunesse, le dirigeaient plus spécialement vers les sciences mathématiques , et il semblait en elTet avoir des dispositions particulières pour les cultiver avec supérioriti'. Deux ans après, il remporta une distinction semblable dans

(') Né à GaDtfy le 9 Aepirmhre 1803; mort ibni la même fille, le 31 mart 185H.

l’univorsitê de sa ville natale, par un mémoire sur la ihéorie des caustiques par réflexion et par réfraction ('). Ce sujet occupait alors non-seulement les mathématiciens belges, mais encore beaucoup d’hommes remarquables des pays avoisinants, qui cherchaient à simplifier cette théorie et à la ramener à sa plus simple expression.

C’est à cette époque aussi qu'à l’occasion de sa promotion au grade de docteur en sciences, il écrivit son mémoire sur les lois de l’électricité dynamique. Immédiatement après (1827), il fut nommé à la chaire dos sciences mathématiques de l’Athénée royal de Gand. Il fut en même temps appelé comme professeur de chimie à l’école industrielle, qui était annexée à l’université de la meme ville. La première de ces places était devenue en quelque sorte une espèce de récompense pour les étudiants les plus distingués de l’université.

Lors de l’organisation de l’Athénée dcGand, en 1814, l’université n’existait pas encore; elle ne fut créée que deux ans après. M. Quetelet y était chargé de l’enseignement des mathématiques, mais il n’eut pas de peine à faire comprendre son insuflisancc pour développer, seul, les sciences mathématiques et physiques, dans un athénée royal qui tenait à .se placer en première ligne. On nomma successivement .MM. Le Maire, Mareska, Lefrançois, Duprez, qui succédèrent les uns aux autres et qui éveillèrent une émulation utile parmi les jeunes gens.

Mareska sentit cependant que la place de professeur de mathématiques à l’Athénée serait insuflisantc pour le mettre à même do poursuivre toutes les études qui l’occupaient : il prit, en 1829 , le diplôme de docteur en médecine , comme

(*) Jotephi Mareska Gaudavensis respontio ad quaestionem : In inx estigationes mtre mathematir.as de caustieis per reflexionetn et refraetionem, etr., t toi. tU'4'*, 50 cl 3 planches. GanO, 1896.

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inaugurant la nouvelle carrière qu’il se disposait à suivre. Son attention s’était, depuis longtemps , portée vers les sciences d’observation et particulièrement vers les sciences médicales. A la suite de la révolution de 1830, la suppression des facultés de philosophie fut décrétée; il se forma des facultés libres pour l'enseignement de ces mêmes sciences, et Mareska fut chargé de l’enseignement de la chimie. Il occupa ces fonctions jusqu’à l’époque de la réorganisation de l’enseignement supérieur, et devint alors professeur extraordinaire de ce cours, qu’il continua d’enseigner jusqu'à la lin de sa vie. Il échangea toutefois ce titre contre celui, plus élevé et plus productif, de professeur ordinaire.

En 1830, il publia, avec M. Donny, une lettre à M. Dumas sur la suspension de l’alTmité par le froid, lettre qui a paru dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences de Paris (séance du 7 mars 1843). Cet écrit était assez remarquable pour que Berzélius, dans son rapport sur les progrès de la chimie, appréciât les recherches qui y sont contenues. « Ce sont là, dit-il, des expériences de la plus haute importance pour la chimie théorique. » L’appréciation d’un homme aussi célèbre doit exercer quelque influence sur l’esprit des juges en pareille matière.

Dans le cours de la même année, l’Académie royale de Belgique lit paraître, dans le tome XII de ses Bulletins, l’extrait d’une lettre que les mêmes savants avaient adressée à son secrétaire perpétuel, sur les modilications que présentent certains corps dans leurs propriétés chimiques, quand ils sont portés à une température excessivement basse. Ce travail avait principalement pour but de montrer que les expériences faites à Gand avaient précédé celles faites sur le meme sujet par de Schrôtter à Vienne, et q«e les auteurs avaient reconnu que l’aflinité entre plusieurs corps se trouve diminuée par l’influence du froid.

Maroska s’élail occupé de ces recherches avec M.Donny, qui lui servait d'aide à l’Université de Gand. L’Académie a inséré dans ses recueils plusieurs autres ouvrages dus à la meme collaboration. On trouve, dans le tome XVIII de ses Mémoires, un é*crit sur un appareil deThilorier modifié, concernant les propriétés de l’acide carbonique liquidée! solide, et, dans le tome XXVI, des Recherches sur l’extraction du potassium.

Le tome XIV des Bulletins renferme aussi des travaux de Mareska qui ont pour objet les sophistications des farines et du pain : l’attention de notre confrère s’est toujours |H)rtée d'une manière particulière vers tout ce qui concerne les aliments et l’état des produits qui servent à la consommation. Ainsi, il composa avec notre confrère J. Kickx son rapport sur l’épidémie des pommes de terre, et il fit avec M. Hyman une enquête sur le travail et la condition physique et morale des ouvriers employés dans les manufactures de coton.

Il écrivit, plus tard, avec M. Valerius, actuellement professeur de physique à l’Université de Gand, le cours de chimie organique et inorganique qui parut pendant l’année 1848. Cet ouvrage, traduit de l’allemand, avait pour but de faciliter l’enseignement.

Nous devons mentionner encore la part qu’il prit à la composition de la Pharmacopée , ouvrage dont le Gouvernement désirait vivement la publication et dont l’utilité n’a pas besoin d’ètre démontrée. Il était ainsi toujours prêt au travail et ne refusait jamais ses soins dès qu’il s’agissait d’une œuvre utile.

Mareska avait été décoré de l’ordre de Léopold pour les nombreux services qu’il avait rendus aux sciences par ses travaux et par le concours qu’il avait prêté à toutes les recherches demandées par le gouvernement.

L’année 1830, corame nous l’avons vu, avait changé loUleinentsa position; elle lui avait fourni en même temps une occasion favorable pour augmenter, par une observation active, ce qu’il possédait de connaissances théoriques. Il fut nommé médecin de la maison centrale de détention, l'une des prisons les plus considérables du royaume ; plus tard, il lit partie de la Commission médicale provinciale et fut revêtu d’autres fonctions , qui, jointes à son enseignement, lui causèrent, pour se tenir au niveau des progrès de la science, des fatigues incessantes qui finirent par ruiner graduellement sa robuste santé.

Mareska était l’un des fondateurs de la Sociétf- de Médecine de Gand, qui l’a choisi, quelques années avant sa mort, comme un de ses présidents. Il a pris une part très-active aux travaux de cette association : c’est ce que montrent les nombreuses communications sur les sciences qu’il a insérées dans ses différents Bulletins.

L'Académie royale de médecine, à laquelle il fut également attaché en 1848, reçut différents articles de sa composition et d’intéressants rapports sur des travaux qui avaient été soumis à son e.xamcn.

Le savoir, l'impartialité, ladoiture de caractère qui distinguaient Mareska, avaient souvent engagé le Gouvernement à recourir à son expérience pour les renseignements qu’il désirait recevoir. Scs appréciations inspiraient, avec raison, la plus grande confiance; et le Ministre de la justice crut devoir publier les rapports qu’il lui avait adressés sur l’étal sanitaire des détenus correctionnels à Hémi.vern.

« Pendant ses dernières années, quand il avait à lutter d’une manière incessante contre la maladie qui l'a conduit au tombeau, m’écrivait un de scs collègues, je l'ai entendu maintes fois gémir sur l’impossibilité où il se trouvait de donner régulièrement ses leçons. A peine convalescent, nous

l'avons vu souvent se faire conduire jusqu’à l’université, et quand il sc trouvait dans l’impossibilité d’arriver jusqu’à son amphithéâtre, il demandait à l'un de ses collègues de lui céder une salle au rez-de-chaussée. »

« Marcska est mort le 31 mars 1838, à la suite d’une liydropéricarde ; et jusqu’au dernier instant, il a conservé tout»! la sérénité de son caractère. Il a vécu et il est mort en bon chrétien. Il a réclamé lui- même les secours de la religion, au moment qu’il u senti ses jours sérieusement menacés. »

L’enterrement eut lieu le 2 avril 1838. Les représentants des principales institutions au.xquclles Mareska avait appartenu vinrent successivement rendre un dernier hommage à sa mémoire, à ses rares qualités, et exprimer des regrets partagés par toute la population gantoise.

HENRI. GUILLA UME GALEOTTl.

Peu de jeunes gens préludèrent d’une manière plus heureuse à leur carrière scientifique, peu y apportèrent des qualités plus aimables et plus bienveillantes que le savanl dont j’essayerai de retracer la courte existence. Plein d'ardeur pour l'étude, plein du désir de s’y livrer avec énergie, il vint échouer devant un mal qui amortit ce feu créateur, et la fortune lui sourit si peu qu’elle comprima les dons naturels par lesquels il se distinguait le plus.

Henri-Guillaume Galeotti était d’origine italienne : son père était de Milan; lui -même était né à Paris, au milieu des événements militaires qui répandirent le deuil autour de son berceau ('). Il suivit, bientôt après cette époque, son père en Belgique , et, dès qu’on put le remarquer, il se plaça, par ses facultés intellectuelles, dans un rang élevé. Galeotti

(*) Il éuil né le tO leplembre 1814 (celle dale eU eitraile det actes de naît sance do 5^ arroodisfemenl de PaHi). • Il a?all élé enregistré devant I. Isavajre^ mairef le 19 septembre 1814, comme Als de dame EstherAgaihe-Chrisiioe Rraus, sous le nom de Ileori'Guillaume. s Galeotti avait élé naturalisé Belge par arrêté rojral du 38 Tévrier 1843. Il mort le 14 mars 1858, pendant le même mois <|ue Mareska, avec <|ui il avi>< d'ailleurs tant de rap|K>rts.

Davait que vingt cl un ans lorsqu'il se lit connailre de l'Académie royale de Bruxelles par le prix qu'il y remporta pour son Mémoire sur la constitution géognostique de la province de Brabant (*).

Cet écrit assez étendu nécessitait, des recherches nonibreuses sur la nature des terrains de la province, et exigeait la connaissance des differents ouvrages modernes de minéralogie et de paléontologie. L’auteur le rédigea avec une simplicité pleine de modestie, mais en homme qui se sentait la force nécessaire pour se livrer à des éludes sérieuses. On doit s'étonner toutefois que, préparant ce travail dans un âge aussi peu avancé, il pût parler déjà des voyages scientiliques qu’il avait accomplis. « Depuis plusieurs années, dit-il dans sa préface, l’Académie des sciences de Bruxelles avait proposé au concours la description géologique du Brabant; personne n’avait encore traité cette question, lorsque, revenu de longs voyages que je Os en Saxe, en Bohème, au Harz, etc., dans le but d’approfondir les sciences géologiques auxquelles je me vouais depuis plusieurs années, je me hasardai de répondre à cet appel. Mes faibles talents et mon jeune âge me faisaient peut-être un devoir de ne point entreprendre une si rude tâche ; mais le désir orgueilleux de marcher sur les traces frayées par tant de succès divers des d’Omalius d’Halloy, des Cauchy, des Dumont, des Sauveur, des Schmerling et d’autres, qui honorent la Belgique par leurs travaux géologiques, et l’exemple que m’offraient ces savants, ont fait naître en moi l’idée présomptueuse que je pourrais soumettre une description géognostique du Brabant à leur approbation (’). »

(*) Tome XII des l^emoira couronnât dt rj4cadémie royaie de SelgiquCf in-4*; I8<T7.

(•) Préface du Afémoire tur Ut conttiluUon géognottique, |oge 30, tome XII des Mémoiret couronnét de V Académie.

C’est surtout par les recherches paléontologiqucs que cette description se fait remarquer etqu’elle sut mériter des éloges. Non-seulement Galeotti remporta le prix du concours, mais l'Académie voulut donner à l’auteur un témoignage de confiance. Elle avait demandé, dans ses programmes des recherches sur la géologie de nos principales provinces; elle crut que l’instant était venu de procéder à un travail général et de demander la carte géologique de tout le royaume.

Le 2 juillet 1830 (') parut un arrêté royal qui portait qu'une carte géologique de la Belgique serait exécutée aux frais du gouvernement, sous les auspices de l’Académie royale de Bruxelles, et que l’étude des terrains et le tracé de leurs limites seraient remis dans le terme de trois ans. Cel arrêté stipulait de plus que le sieur Dumont, professeur à l'Université de Liège et membre correspondant de l’Acadéinie royale, serait chargé de l’exécution de la carte compris nant les provinces de Liège, de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, et que le gouvernement se réservait de désigner ultérieurement la personne chargée d’exécuter les études relatives aux provinces de Brabant, d’Anvers, des Flandres et de Limbourg.

Le savant que concernait cet arrêté , sans cependant le désigner encore, était, conformément au désir exprimé par l’Académie, le jeune Galeotti. Mais, par suite de l’absence prolongée de ce naturaliste, le gouvernement dut conlier (oui le travail à Dumont, qui s’acquitta, du reste, de la manière la plus digne de cette mission importante. On ne peut que regretter de voir ces deux savants, en qui l’Académie avait mis de si nobles espérances, terminer tous deux leur carrière dans un âge peu avancé et à si peu de temps d'intervalle.

(') BulUtins de rJeadémie, tome III, page 334, 1830. N. Galeoui était paru lie Uamimurg au moii de septembre de Tannée précédente, et »*étail reoile a Vera*Crui.

Pendant son séjour en Amérique, Galeotli fut loin d’oublier l'Académie; il la tint au courant de scs principales excursions et lui communiqua la plupart de ses travaux. Nos bulletins témoignent de scs sentiments d'attachement pour le corps qui avait récompensé sa première oeuvre et qui avait voulu l’associer à une de scs entreprises les plus importantes. Dans ses différents voyages en Amérique, et particuliérement dans le Mexique, on le voit toujours tourner ses regards vers sa patrie adoptive, prendre plaisir à lui parler de ses études et s’efforcer de lui montrer qu'il n’est pas indigne des sympathies du premier corps scientifique de l’État (').

(') Xoiis rjppelleroni ici, avec plus «le ilétails, Ici renseignemenli que GaleoUi paraît avoir communiqués Itii^méme à .H. La Sègiie et que celui-ci a publiés à Paris, «tans un recueil sciemifique ;

c Parti de Hambourg en septembre 1855, il arrive il Vera-Criiz en décembre, à ré|K»iue où la végétation est pour ainsi dire stationnaire; une herborisation de quelques jours lui amène cependant la découverte de quelques es|>èces nouvelles. Il visite ensuite la région fertile et tempérée de Xalapa, ville située à vingt-cinq lieues de Vera-Crui. Un séjour de sia mois lui permet de récolter une foule de plantes vivante» (surtout des orchidées) et dVchanlillons desséchés. De Xalapa, M. Ga- Ifotti iKvarvuit sa roule vers las Vigas, régions froides et boisées de la Cordillère, que Ton quitte pour entrer dans la région froide des plaines de Perote. Il observe toute la contrée de plaines depuis Perole et au delà de Piiehia jusqu'au pied de la chaîne volcanique de riztaccihnall et la chaîne qui sépare les plaines de Puebla de celle» <le Mexico. A trois diD'érenlcs éjtoques, en 185C, 1857, 1858, il herborise dans la plaine «le Mexico, près d'AjotIa, de Chalco, de San Augustin, de Tisajruca, etc., jusqu'à Pachuca. En juillet 1830, Il se l'end aux montagnes de Real- Monte; accompagné de M. Ch. Ehrenberg de Berlin, il hrrhorîse, pendant deux à trois mois dans cette inléressaute région. Il visite quelques pics élevés, tels que le Sumate et le Cerro del Aguila, Régla, près de Real-Monie, le raviu du R»o-Grandede Nexiillan, à 1,000 pieds plus bas que Régla, les montagnes escarl>écs de la Cordillère de SanJose-deUOro, au nord de Ziroapan, etc.

> A la An de 1855, M. Galeotli part de Mexico pour visiter la Cordillère occidentale da Mexique, en passant par San-Jtian-del-Rio, les plaines de Zelajra, Salamanca et Léon. Il visite Guadalaxara et les rives du lac de Chapala, à treize lieues de celle ville. Une course rapide le transporte ensiiiie à San-Blas, au boni de l'océjo PaciHque.

• A »on retour de la c6le, en 1857, H se rend à Guanaxuato, à la Sierra de $ao(a-Rosa, etc. Au mois de juin, il part de Mexico |>our visiter le haut volcan «le PoiK)cate|>etJ et en rap|»orle un herbier recueilli pendant un campement de trois

Il revint en Belgique vers la lin de l'année 1840, et dés la première séance d’élection qui suivit son retour, il obtint les suiïragos de l’Académie, qui le nomma au nombre de scs correspondants (le 7 mai 1841).

M. Galcotti rapportait une riche moisson d'objets d’histoire naturelle. Sa modestie et les limites du temps dont il pouvait disposer ne lui permirent pas de s’occuper seul à mettre le public dans la confidence de tout ce qu’il avait réuni dans ses voyages; il en communiqua cependant une série à l’Académie royale de Bruxelles, avec laquelle, comme nous venons de le dire, il avait toujours entretenu des rela-

joiirf, près des limites de la végétation, è 10,500 pieds; il repart en Juillet pour les riches régions de Michoacan, après avoir visité et escaladé le sommet du Gain* panario (clocher) de Nevado de Toltica, situé à près de 15,000 pieds de hauteur absolue, et les rites du tac qui remplit en partie la cavité de rancieo cratère. Il eiplore successivemeul Morelia (Valladolid de Michoacan) et ses environs, Jésusdel-Moiile, Saiita-Naria, Iaripco(è 5,000 pieds), Patxenaro, le volcan de Jorullo, Uruapan. De ce dernier endroit, il traverse toute une région de montagnes et arrive à Guadalaxara. En décembre 1857, il se dirige vers le nord sur Aguas- Calientes et sur San-Luis-Potosi, ville située près du tropique et à plus de 6,000 pieils au-dessus du niveau de rOcéan. De retour è Mexico, en avril 1838, après un voyage de quatre è cinq mille lieues, il revient à Xalapa et k Ycra-Cnix, et va établir sa station botanique è la colonie allemande de Mirador et de Eacuapan. An mois d*août, en compagnie de ses trois amis, les naturalistes MM. Fiiock, Ghicsbr^ht cl Linden, il visite le pic élevé d'Orizaba. Établi pendant onze jours avec ses compagnons dans une caverne située à environ 11,000 pieds, il recueille, cnire 9,000 et 13,800 pieds de hauteur absolue, 3 à 400 espèces de plantes.

• En avril 1839, M. Galeotti part pour Tehiiacan, dans l'État de Puebla, par Cordova, Orizaha et Aculizingo; visite Oaiaca et leCerrode San-Felipe, au oont de la ville, Yavezia, Casirasana, etc., dans la Cordillère orientale d'Oaxaca et la Chinanila, vaste réunion de ravins et de mooiagnes. Son voyage à la Cordillère, au sud d'Oaxaca et à la cdte Pacinque, est marqué par des stations imporiaoies : la plaine d'Oaxaca, Sola, Juquila, près de la côte, à 4,000 pieds d'élévation dans la Cordillère et près du mont de la Vierge, et ou se trouve la flore la plus riche, la plus variée et la moins connue du Mexique. De retour è Oaxaca à la fin de 1839, il parcourt ta Misleca-Alta, Peooles, lallepeque, Ntision, etc., retourne à Vera- Cruz par Tehiiacan, Hualiitco et la colonie de Mirador, et quitte le Mexique eu Juin 1840, efTecluant son retour par ta Havane et l'Angleterre. • (Extrait da Muite botanique de JH. Benjamin Deleuert, par A. La Sègue; Paris, 1845, in*8*, pages 309 et suivantes.)

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lions; le surplus de son butin scientifique enrichit successivement différents recueils.. « L’herbier qu’il avait formé était composé de 7 à 8,000 espèces, dont un grand nombre étaient nouvelles ; mais une partie seulement d’entre elles a été décrite , soit par Galcotti , soit en collaboration avec d’autres botanistes : les fougères et une bonne partie des phanérogames par Martens ; les orchidées par Ach. Richard ; les graminées par Trinius, etc. (').

Le travail sur les fougères méritait un examen tout particulier; l’attention que Martens et Galeotti ont portée sur ces plantes s’explique facilement, si l'on considère que le Mexique est, peut-être, l’un des pays du monde entier qui en est le plus richement doté. Sur 160 espèces qui proviennent de ce territoire, il s’en trouvait plusieurs encore inconnues jusqu’alors ; des planches nombreuses en présentent la conhguration, qui est décrite, du reste, dans un texte faisant l’objet d’un mémoire assez considérable (^j.

M. Galeotti était plein d’ardeur pour les sciences; ce qu'il possédait n’était rien à ses yeux : sa fortune, son existence, tout leur était consacré. Il forma, dès son retour, un grand établissement horticole, et il en proportionna l’importance bien plus aux idées qu’il avait conçues qu'à ses ressources pécuniaires. Mais il sentit bientôt que le commerce a d’autres exigences que celles qui résultent du savoir, et qu’en voulant y réussir, il ne sufllt plus de connaissances étendues ni de pensées généreuses. Il dut céder à des préoccupations toutes différentes de celles qui l’avaient dominé jusqu’alors : il SC sentit transporté dans un monde nouveau, dont il ne connaissait ni les expédients, ni les écueils.

(') Notiez nécrologiqyn lur H. Gal«oUi pir M. Ed. Horreo.

(*) Hénoirei sur le* fougères «lu Netiquef et coosidérJtions sur Ij géographie bouniqoe de celle contrée, par Marleos el II. GaleoUi, (ome XV dc« Mémoiret 4e VJeadémie dt BruxeUee, année 1843.

Ce retour l’afTccta vivement et eut la plus fâcheuse influence sur son organisation. Peu à peu il s’éloigna, par discrétion, des hommes avec lesquels il avait autrefois du plaisir à se trouver. L’Académie ne le vit plus prendre part à ses séances : il semblait que le sort qui le poursuivait fût en même temps une barrière entre lui et les hommes qui l’estimaient le plus.

Par l’intermédiaire de quelques confrères de l’Académie, Galeotti put entrer, au mois de mai 18^3, comme directeur au Jardin d’Horlicullure de Bru.xelles, et s’y livrer entièrement à ses études de prédilection. Cette tranquille position lui donna plus de calme; il retourna à ses travaux chéris et jouit de l’existence paisible dont il avait tant besoin. Mais le coup qui devait nous le ravir était porté depuis longtemps : sa sanlé^ trop rudement éprouvée, ne put se rétablir, malgré les conditions plus heureuses dans lesquelles il se retrouvait.

Galeotti, depuis son retour d’Amérique, s’était marié, mais il n’eut qu’un seul enfant, un fils , et ce fut sans doute une cause d’allégement pour son esprit, que de ne pas être chargé d’une nombreuse famille au milieu des luttes pénibles qu’il eut à soutenir. Le travail fut son grand consolateur, et le besoin d’étude le porta à s’occuper de la rédaction du Journal d’horticulture pratique, dont la publication augmentait encore les avantages de sa nouvelle position.

C’est le 14 mars 1858 que se termina sa douloureuse existence, minée par une longue et pénible maladie. La plupart de scs anciens collègues de l’Académie et scs nombreux amis voulurent lui payer un dernier témoignage d’affection, et accompagnèrent scs restes jusqu’au cimetière de l’église de Schaerbeek, où ils furent déposés.

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