PELADAN (J
Perpétuellement, la cause des sciences occultes sera ou perdue, ou gagnée, suivant qu’on envisage Ses eXCès Ou sa méthode. Nulle zone intellectuelle n’est le théâtre de si décevants mirages ; la folie et la mort tragique, après des péripéties nombreuses mettant un cul-de-lampe macabre aux histoires des magiciens. L'Eglise les anathématise, le monde les méprise ; et les honnêtes genS ne savent quelle opinion suivre !
En vain je prétendrai que la religion, la poésie, l’art et même la médecine sont les rameaux verdoyants et prodigieux du vieil olivier de l’occultisme, on haussera les épaules, parce qu’on voit la religion à travers le Vatican, la poésie, l’art et la médecine sous les traits essentiellement individualistes et laïques d’un Huco, d’un Deracroix, d’un Boucxarn... (Extra d’une réponse à l'enquête de M. Pn. Pagnar : « L’Occultisme et la conscience moderne ».)
PHANEG.
Les sciences dites occultes sont de plusieurs sortes et, comme toutes les sciences, elles sont théoriques et pratiques.
Les principales sont connues sous les noms de Magie, Alchrmie, Psychurgie (spiritisme), Magnétisme humain, Sciences divinatoires, Etudes de l'Homme, de la Nature et des états de la matière les plus subtils, etc...
Je n’hésite pas à dire qu’à mon avis, l’Alchimie, la Magie sous toutes ses formes, même si elles sont pratiquées par des
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hommes très forts et très équilibrés, conduisent inévitablement à un profond déséquilibre non seulement mental, mais de l'être tout entier. Les recherches pratiques du spiritisme, pai des ignorants et des faibles, sont également très dangereuses et provoquent très souvent l’obsession et même la folie. Ces faits devraient être uniquement recherchés par des savants ne s’occupant nullement de théories. Quelques grands que soient les dangers du spiritisme pratique, ils ne sont cependant rien auprès de ceux de la magie. Personne ne peut-jouer impunément avec les forces cachées de la Nature et les êtres qui les manifestent (1).
POUVOURVILLE (A. pe) (Marcion).
Vous avez sous les yeux et dans votre mémoire les exemples donnant la meilleure réponse à votre question : Papus, GuAiTA, PeLapan — pour ne citer que les chefs — étaient des esprits parfaitement équilibrés.
Qu'il faille un cœur solide pour pénétrer l'occulte, c'est certain. L'âme, comme le corps, a ses vertiges. Maïs je ne connais, ni en Orient, ni en Occident, un « sage » qui, à l'étude de l’occulte, soit devenu « fou ».
Il est certain, toutefois, qu'un homme, mal ou insuffisam ment armé dans la vie, risque gros à s'attaquer aux « sciences maudites » qui ne sont, au fond, que des sciences encore inconnues ou, pour mieux dire, oubliées. Et son manque apparaît, plus vite, en ce cas, que s’il n'avait fait que des sciences ordinaires ou rien du tout.
D'ailleurs, ceux qui s’adonnent à une seule recherche passent pour n'être pas normaux aux yeux du gros public. Voyez les mathématiciens, les algébristes, les astronomes. Pas plus tard que l’autre semaine, j'ai lu que Branry était un anormal. Que les cieux nous donnent beaucoup d’anormaux comme celui-là !
Voulez-vous ma conviction profonde ? L'homme qui, s’intéressant à l’occulte, se sent attiré vers une pente dangereuse pour sa personnalité, celui-là prouve seulement qu'il s’est adressé à plus haut que lui (2).