ADIEUX A FRÉCHETTE
Friends cluster round you on the parting night;
Rememb'ring joyful hours of pure delight,
E ach one recalling what seems now no more
Cherished mementoes of the happy past:
H ow hard that in this life joy will not last
E very pleasure being with grief o'ercast :
T hus, hère you needs must bid a weary leave
Though we, upon this long so dreaded eve,
Ere long expect to greet you, friend true to the core.
Patrick-Joseph Gurran.
(Au moment de corriger V épreuve contenant la poésie qui précède ) on m informe que son auteur vient de tomber malade et dune maladie qui menace dangereusement ses jours. On comprendra sans doute de quelle émotion profonde mon cœur a été boulversé à cette triste nouvelle. )
PROFESSEUR JAMES DeMILLE
Among the many really excellent writers which the little province of New- Brunswick has produced, none stand higher in power or in social estimation,
* Il y a trois ou quatre ans, l'auteur du magnifique travail ci-dessus ne résidait pas à Québec, mais en revanche la vieille capitale possédait dans ses murs une des grandes amies de Mr. Stewart, Miss Annie Thomas Howells, aujourd'hui Madame Howells-Fréchette, qui habite présentement Ottawa avec son mari, Monsieur Achille Fréchette, frère de notre poëte, et poè'te lui-même. J'ai pour cette femme distinguée une sincère et profonde affection, et comment en serait-il autrement après la collaboration si bienveillante qu'elle m'a prêtée, lors-
than the late Professer James DeMille, By ail odds the best known among the literary men of the Maritime Provinces,
qu'elle et moi, nous avons écrit et publié dans ce temps-là, sous les pseudonymes respoctifs d' "Aitiaiche," et " Fieldat " un petit livre rédigé en anglais et qui s'honore du titre de " Popular Sayings from Old Iberia." Ce matin, par aventure, le volume en question m'est tombé sous la main, et comme " le hasard amène le hasard," en feuilletant ces pages mes yeux se sont arrêtés sur quelques uns des dictons qu'elles renferment. Tout en les lisant, une réflexion naturelle s'est présentée à mon esprit, c'est que pour faire une esquisse biographique de Mr. Stewart, il suffit, peut être, de rassembler un certain nombre des " Popular Sayings," dont il est parlé plus haut, et je vais essayer :
Physiquement parlant, mon ami est petit, mais " ne mesurez pas un homme à sa taille : un petit homme peut être un géant de science et de renommée'*'
En regardant sa physionomie, on ne se douterait jamais qu'il est né dans l'Amérique du Nord. On le prendrait plutôt pour un fils de l'Espagne ou de l'Italie ou tout au moins de la Provence aux oliviers poudreux; Mais on dit avec raison que " Habituellelement le visage est le miroir de l'âme:" Mr. Stewart est méridional de tempérament.
" Vouloir c'est pouvoir " : il le prouve par son énergie et son activité.
" Par inclination comme par calcul, il doit être convaincu que " en général, tous ceux qui travaillent sans cefse apportent continuellemeet de la science à leur esprit et de l'honneur à leur nom"
J'ajoute, en paraphrasant Voltaire, que si le journalisme n'eût pas existé, il l'aurait inventé; car il aime sa profession avec ferveur. Comment s'étonner dès lors qu'il en soit devenu un dos
he enjoyed far more than a mère home or local réputation. His numerous works hâve acquired a name throughout the
grands prêtres. Maisje m'arrête pour laisser la parole au " Canadian Illustrated News," qui vient de publier dans son numéro du 7 février 1880, sous la rubrique " Our men of letters," un portrait biographique de Mr. Stewart plus long, plus détaillé et beaucoup meilleur que le mien.
GEORGE STEWART, Jr.
" Nous avons publié le 27 juillet 1872, un portrait de Mr. Stewart. Ce journaliste vient, d'être honoré dune manière spéciale parla «'Société littéraire internationale" de Paris, dont le chef avoué est Victor Hugo. Nous l'avons publié, lorsque M. Stewart cessa de faire paraître le " Stewart'* Quarterly," revue qu'il avait dirigée durant cinq ans avec beaucoup d'habilité et de vigueur. Nous ne demandons nullement pardon au lecteur de donner un portrait plus nouveau et plus complet du personnage en question, car dans les sept ou huit années qui viennent de s'écouler, il a fait beaucoup pour s'acquérir des titres à la reconnaissance des lecteurs canadiens. Son nom, en effet, doit être parfaitement familier à tous ceux qui se targuent de connaître quelque peu la littérature canadienne.
" Le Quarterly fondé par lui était une des meilleures et'des premières revues de ce pays—elle se publiait à Saint-John, Nouveau- Brun>wick Malheureusement pour lui-même et pour le ton de notre presse périodique, son entreprise bien qu'accueillie favorablement dans les cercles littéraires, n'a pu trouver une aide pécuniaire suffisante pour assurer sa continuation. A la fin du cinquième volume, M. Stewart se vit obligé à retirer sa revue de la publication, au grand regret des classes, cultivées, parmi les-
whole of the United States and in many parts of the British Isles. Possessed of a lively fancy, rich powers of imagination,
quelles elle était toujours la bienvenue. Les pages du Quaterly abondaient en matière instructive et intéressante, et le fait qu'au moment de sa suspension, les premiers citoyens de Saint-John invitèrent Mr. Stewart à un grand banquet, fera ressortir l'estime qu'on faisait des productions de sa plume- On lui fit cadeau, en cette circonstance, d'un grand nombre de livres de prix.
" George Stewart, jr., fils de George Stewart, marchand de Saint- John, Nouveau-Brunswick, naquH à New- York, le 26 novembre 1848. Il vint avec ses parents, en 1851, à Londres (Ontario), où résida jusqu'en 1859 et d'où il se rendit à Saint-John, Nouveau- Brunswick. Il commença à écrire pour les journaux à l'âge de quatorze ans. En 1855, il fonda une petite feuille. En 1867, il la quitta pour s'élever dans une'pph ère plus haute; le « Stewarfe Quarterïy» fut le résultat de cet essor. De 1876 àl877, M. Stewart fut le "Reviewing editor" du Watchman de Saint-John, papier avantageusement connu dans tout le Canada pour ses critiques éruditeset brillantes de la littérature du jour. Quelque temps après il devint rédacteur du Daily News de Saint-John, Nouveau-Brunswick. Il a en outre contribué par des essais, des esquisse?, des nouvelles, à la rédaction du "Maritime Monthhj" de Saint-John; du " Canadian MontVy" et du "Beïford's Monthhj" de Toronto; du " Appïeton' s Journal" et du " Scribner's Magazine " de New-York ; du " Potter's American Month/y " de Philadelphie, du " Canadian Illustraied News" de Montréal, etc , etc. En mai 1878, M. Stewart quitta Saint-John pour Toronto (Ontario), afin d'y assumer la réfaction en chef du "Rose Belford's Canadien Monthly " position qu'il occupa pendant un an, jusqu'à son départ pour Québec où il vint
a rare fund of humor and a literary style which was, at ail times, unexceptionably good, James DeMille had little difficulty
prendre la place de rédacteur en chef au " Morning Chronîcle''de cette ville. M. Stewart est aussi en train d'écrire pour une maison de publication de Toronto, une série d'esquisses, biographiques sur différents personnages remarquables du Canada. Il rédige également un grand nombre d'articles pour une des revues les plus connues des Etats-Unis. Il a donné plusieurs conférences, principalement sur des sujets littéraires, et ses efforts dans cette nouvelle direction ont été marqués par le bon, goût, un savoir solide, une grande vivacité naturelle et de sérieuses études critiques- A la veille de son départde Saint- John, la "Oddfellow's Society'* dont il est un des membres les plus distingués, lui présenta une adresse accompagnée d'une montre magnifique en or. En septembre 1879, il fut élu membre de la " Société littéraire internationale " — association qui compte dans ses rangs des hommes tels que Tennyson, Longfellow, Gladstone, Beaconsfield, Grevy, Emilio Castelar, Blanchard Jerrold, etc. M.' Stewart est le premier Canadien auquel cet honneur ait été décerné.
" En janvier dernier, il fut élu membre du conseil de la " Société littéraire et historique " de Québec, — la plus ancienne institution de ce genre au Canada.
" Il a publié-les volumes suivants : 1° "The story oftheflre in Saint- John, N. B., 1871", relation du grand incendie de Saint John, laquelle fut écrite en quinze jours et qui a atteint trois copieuses éditions; 2° " Evenings in the Library" série de racontars et de conversations sur les auteurs de nos jours — livre de féconde critique ; 3° " Canada under the administration of the Earl of Du/ferin" — ouvrage qui a été favorablement commenté dans les colonnes de notre journal et qui a atteint sa deuxième édition.
in winning a first place among the fiction writers of his day. His strongest novel is " Helena's Household, a taie of Rome in the first century." It was one of his first efforts in long-story writing having been published in 1866, and though the reader misses entirely the characteristics which subsequently rendered the author famous with the lovers of light reading, the descriptive passages, character-drawing and grouping, and the whole movement of the story are full of vigor and perfected art. The taie, like others of its kind, was too bold and of too high a class to become popular with the average novel reader. It was composed of méat much too strong to suit the ordinary
"Le 28 avril 1875, M. Steivart épousa Mademoiselle Maggie M. Jewett, la nièce si distinguée de E. D. Jewett, E.sq., de Lancaster Heights, Saint-John, Nouveau-Brunswick."
J. El C de P-B.
public, and DeMille was man of the world enough to discover this in time, and versatile enough to know how to change his style. He knew his own strength, and the work which he was fitted by culture and inclination to perform. He worked over his old Roman material into a spirited séries of sketches entitled a The Adventures of the Dodge Club " and sent them, with a young author's anxiety perhaps, to Harpers Monthly Magazine. The editor of that sériai was so delighted with the exquisite, though exaggerated humor, the délicate satire, the scholarly grasp and the exubérant fancy which crowded almost every page of the sketches, that he accepted the work on the spot, and wrote the author a letter in which he contrived to convey a very handsome compliment.
In due time The Dodge Club — a narrative of the humors of tourist life in Italy,
in 1859, — appeared as a sériai in the Monthly, and from the first page till the last, the interest was kept up with unflagging spirït. The typical Yankee found himself revealed in full figure in DeMille's lively story, which notwithstanding the élément of caricature which it contained in no infinetisimal degree, ranks still the best thing of its kind which has been written in Canada thus far. There is nothing like it in the whole range of American fiction. It soon became the fashionable subject of conversation in ail circles of society, and none enjoyed its crisp fun more than the people of the nation, whose little foibles and whims and caprices, the author intended to satirize. Of ail the well-drawn pictures that novel developed, the portrait of the " Baron" was by far the best. It was a création, and it will be laughed over as
often in the future as it was when the great personage first visited his public in the pages of the monthly magazine.
The Maritime Provinces enjoy the unusual réputation of having furnished two of the most striking portraitures of the " Yankee' ' — Judge Haliburton's, whose "Sam Slick" is the yankee of the past, and James DeMille's, whose yankee is the shrewd individual of the présent day. In rapid succession our author published, " Cord and Creese, or the Brandon Mystery," "The Lady of the Ice, a story of Québec," "The Minnehaha Mines," " The Cryptogram — a romance founded on the intricacies of cypher writing," "The American Baron," "The Comedy of Terrors," u An open question," and two sets of boy's books, — The B. O. W. C. Séries and " The Young Dodge Club " — in six volumes each. Most
of DeMille's books were published by the Harpers of New-York, though Lee and Shepard of Boston, and D. Appleton and Company of New- York hâve issuedothers.
A little over one year ago a manual of Rhetoric appeared from the professons pen, and it has since been made a text-book for advanced schools and collèges. His novels, it may be added, wére sensational in their tone, but their thought and language were always pure. Some of the stories hâve been dramatized into plays which hâve kept the stage for several years.
Professor James DeMille, * son of the late Nathan S. DeMille, was born at St. John, New- Brunswick, in 1833. He was educated at Brown University, Providence, Rhode Island. The greater part of his early life was spent in his native city,
* The name wa* originally De MilK
where his family has for many years resided. He was brought up to the book and stationary business, and about a quarter of a century ago he started trade on his own account with Mr. Fillmore — the firm name being DeMille & Fillmore. They did a thriving business, but the senior member of the partnership, through ill-health was soon obliged to relinquish an occupation which kept him within doors so much. He sold out his interest in the concern, and turned his attention to study and literature. It is said that in his young days he wrote a story — full of promise— entitled " The Triad or Arnold the Traitor." This he sent under an assumed name — a lieutenant somebody — to Bonner's New- York Ledger. Whether DeMille ever did this or no, is not now known. The story was published, and certainly he never publicly acknow-
ledged its authorship. In his younger days he wrote a good many clever bits of poetry, chiefly in a satirical vein, and thèse were much admired by his friends, and the reading public generally. One of his best satires is written in the Irish dialect, and a popular St. John journaliste who was afterwards Speaker of the Canadian House of Gommons, figures in it somewhat conspicuously. A few verses may be quoted hère. The reader will notice that in some respects it very nearly equals Thackeray's famous Account of the Bail.
A OAD!