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LA RUE SAINT-JEAN

Dieu me garde d'avoir la prétention de servir de cicérone à travers le voyage sentimental sur la rue Saint- Jean. Le volume du docteur LaRue est trop bien écrit pour que j'ose même me permettre de le recommander avec insistance. J'ai assez bonne opinion du jugement du lecteur (jesup-

pose toujours que le lecteur est intelligent) pour savoir qu'il s'en tirera à son honneur ; mais pour lui faciliter la chose, je m'y prendrai de la manière suivante : on n'a imprimé que quarante-neuf copies de mes souvenirs (j'ai toujours aimé les 11 Odd numbers" ). En conséquence, il m'a été très facile, grâce à la générosité du savant docteur, de réunir un nombre égal d'exemplaires de son livre, dont je donne une copie,en plus de mon propre ouvrage.

Je ne sais si tout le monde connaît l'histoire d'un écrivain, qui, assistant à la représentation d'une de ses propres pièces, fut battu par un mousquetaire, pour s'être sifflé luimême. Il ne pourrait m'en arriver autant dans ma galerie de souvenirs, que pour les quelques articles qui portent ma signature, avec cette différence que, n'étant pas au théâtre près d'un mousquetaire, je

n'aurai à redouter — je l'espère — que les imprécations de ceux qui se' seront trop ennuyés. Mais je ne puis que prodiguer des éloges aux auteurs des autres articles de mon livre ; éloges que je compte voir confirmés par tous ceux qui liront ces pages.

Sur ce, patient lecteur qui a bien voulu m'accompagner dans cette excursion, j'ai définitivement l'honneur de me séparer de toi, en te remerciant d'être resté à mes côtés pendant ce long pèlerinage.

J. El Conde de Premio-Real.

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