‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 11 sur 157 · RÈGLE II · texte numérisé non relu

RÈGLE II

Regarder Jésus Christ comme visible , lorsque certains caractères , qui ne peuvent convenir qu'à lui , le désignent.

Une seconde règle est d'apercevoir Jésus - Christ dans les Ecritures , lorsque certains caractères , qui ne peuvent convenir qu'à lui , le désignent et le montrent. Sans cela , il faudrait rabaisser ses augustes qualités , pour les attribuer à un autre, et faire violence au lexle, pour lui donner un autre objet.

Les Juifs devaient être les dépositaires des Ecritures : mais le plus grand nombre d'entre eux était indigne iVct) avoir l'intelligence. Ils devaient les conserver sans les entendre , el les transmettre aux enfants, à qui les mystères , cachés aux esclaves, d valent èlre un jour révélés.

Le commandement que Dieu (it un jour à Isaïa (Isaïe, VI, 10) déparier aux Juifs d'une manière ob* scure et capable de les aveugler, de sceller le livre , d'en réserver l'intelligence pour les disciples futurs : Liga testimonium , rigna legem in discipulis meis{lsaie VUI, ». 10), nous apprend que Jésus-Christ n'est point sans quelques voiles dans l'Ancien Testament. Le Juif s'arrête au dehors , et il est trompé. Le lidèle lire le rideau , et il est ii sirmt. Plus on ressemble au Juif, moins on est clairvoyant: plus on a l'esprit de Jésus-Christ , plus on est éclairé. Mais le Juif est inexcusable de ce qu'il ajoute de nouvelles ténèbres à celles que sa foi devait dissiper : el le fidèle est récompensé du respect qu'il a pou Jésus-Christ , dans les endroits où il est moins caché , par l'intelligence de ceux où il est moins Visible.

On ne doil pas espj or de le trouver dans l'Ancien Testament sans quelques voih s ; mais il y en a do si clairs el de si transparents , qu'on est plus frappé de ce qui brille au dessous que de ce qui le couwe.

Il y en a d'autres plus serrés et plus épais , qui cachent bien ce qu'ils couvrent, niais qui sont trop courts , et qui laissent paraître de certains traits qui manifestent Jésus Christ , quoique souvent tout le resie puisse convenir à un autre.

Les exemples en sont presque infinis dans l'Ecriture ; et c'est principalement à ces endroits que Pali en lion est nécessaire. Ou ne voit point d'abord Jésvs- Chrisl dans le psaume XVII, quoique S. Paul le lui attribue. Mais la foi et l'obéissance des Gentils, aussi bien que l'incrédulité et la punition des Juifs y sont prédites clairement : et ce seul trait découvre tout. C'est Jésus-Christ qui est eu bulle à la contradiction de sa propre nation , au milieu «le laquelle il est né, cl qu'il a comblée de bienfaits : Vous m'avez délivré des contradictions de mon peuple (Ps. XY1J, 44 ); et ce sont les enfants df s patriarches cl des prophètes qui se déshéritent eux-mêmes, en le renonçant hautement pour leur roi : Les enfants étrangers in ont menti (Ps. XVII. ». 40).

Mais pendant que ces perfides et ces rebelles s'opiniàlrent à nier ce qu'ils ont vu , les Gentils à qui Jésus-Christ n'avait adressé ni ses prophètes, ni ses promesses . se sont empressés de l'adorer comme leur sauveur et leur roi : Aussitôt qu'Us ont entendu parler de lui (Ib. t. 45). Sur la simple parole de ses apôtres, ils ont reçu, avec nue foi prompte et avide, tous ses mystères et tous ses préceptes ; et ils oui été près de répandre leur sang, pour des vérités dont ils n'avaient point été tes témoins : Vous in avez établi le chef des nations ; le peuple que je ne connaissais point m'a servi ; il m'a obéi , aussitôt qu'il a entendu parler de moi (Ib. v. 44 et 45).

Mais il a terriblement puni l'ingratitude et l'infidélité des hûU : il les a arrachés de la terre de leurs pères, et les a dissipés par tout l'univers, comme de la poudre qui ne lait plus un corps , et dont les parties n'ont pins de liaison ; il les a foulés aux pieds comme de la boue , en les rendant l'opprobre des nations ; et il les a écra-és, en les accablant partout le poids d'une dure servitude : Je les ai bribes et dissipés, comme le vent chasse la poussière. Je les ai écrasés et foulés aux pieds , comme la boue des rues ( Ps. XVII, y. 45).

Plusieurs ne voient que les victoires de Judas Mach .bée sur les Idumécns, dans lecliap. LXIll d'isaïe : mais ces termes magnifiques : C'est moi qui annonce la justice , et qui viens pour dé-fendre et pour sauver (Isuïf LXHI, 1), renferment deux qualités qui découvrent le véritable sauveur ri l'auteur de la véritable justice , el font disparaître celui qui n'était que sa figure.

On reconnaît tout d'un coup le Fils de Dieu dans la peinture qu'en fait haie, ebap. IX et chap. XI et les suivants (chap. IX, v. G ; chup. XI, v. I), quoique le prophète paraisse parler d'un (ils dont la naissauce est l:ée avec des événements très-prochains , cl môme avec l'hisloire de son temps , qui servent de voile à sa prophétie. Voici ses paroles : Un petit

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enfant nom est né, el un fils nous a été donna I portera sa principauté sur son épaule ; el il sera appelé , l'Admirable , le Conseiller, Dieu , le Fort , le Père du siècle futur, le Prince de la paix. Son empire s'étendra de plus en plus; et la paix {qu'il établira) n'aura point de fin. Il s'assiéra sur le trône de David, el il possédera son royaume , pour l'affermir , et le fortifier dans l'équité e\ la justice, depuis ce temps jusqu'à jamais (1 saïe, IX, 9.7 e/ 8).

Un PETIT ENFANT NOUS EST NÉ, ET UN FILS NOUS A ÉTÉ DONNÉ. IL PORTERA SA PRINCIPAUTÉ SUR SON

épaule. 11 naîtra enfant : mais il n'attendra ni l'âge, ni l'expérience pour régner. 11 n'aura besoin ni d'être reconnu par ses sujets, ni d'êlre aidé par s^s années à soumettre les rebelles. 11 sera lui-même sa force , sa puissance, sa roy.inté ; et lotis ses sujets seront sa conquête. Il sera infiniment différent des autres rois, qui ne peuvent l'être, s'ils n'ont un élal qui les reconnaisse, et qui retombent dans la condition d'un homme privé , si leurs sujets refusent de leur obéir. Leur autorité ne tire point d'eux son origine ni sa durée : mais l'enfant qui naîtra, lors même qu'il paraîtra avoir besoin de tout, et n'être capable d'aucun commandement, portera seul tout le poids de la majesté divine el de l'autorité souveraine. 11 soutiendra tout par son efficace et sa puissance ; el la croix , qu'on lui mettra sur les épaules, deviendra la marque la plus éclatante de sa royauté , et l'instrument par lequel il se soumettra toutes choses. C'est ain-i que parlent S. Jérôme, S. Cyiille, Théodoret, Terlnllien.

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