QUATRIEME ARMOIRE SUPERIEURE
Bronzes : ■
Troisième tablette.
Un crucifix sur une croix d'ébène, par Van Obstaël, portant le n» * 1
0^ N» 105 du catalogue actuel des ivoires; n» 534 de la notice de 1815.
(0 N* 104 du catalogue actuel des ivoires; n» 535 de la notice de 1815.
(*) Objets portés au d<^pôt de Nesle et donnés en échange â la citoyenne Denoor. (Note ajoutée postérieurement au manuscrit.) — Il faut lire, sur les acquisitions de la citoyenne Denoor, ce qu'en a dit le marquis de Laborde dans les Archives de la France pendant la Révolution, édit. in-12, p. 255 et 256.
ta
r ff
GÉRARD VAX OBSTAL. 11
- Bas-relief, enfant conduisant une chèvre . n** 2
Bacchus posé sur un tonneau, soutenu par deux enfants • n« 3
Semblable bas-relief n° 4
Deux amours qui luttent et deux qui se baissent n** 5
Deux amours qui se battent, une chèvre groupée avec
eux n* 6
Lesquels objets sont provisoirement restés sous la garde du sieur Vincent^ etc.^ etc.
Une fois inventoriés, les bas-reliefs qui nous occupent reçurent une étiquette portant le numéro de leur enregistrement. Une main écrivit sur de petits bouts de papier : (c 1, la nation, 2, la nation, 5, la nation, » et ainsi de suite, et colla toutes ces estampilles sur les sujets qui correspondaient aux articles de la description. Puis, sans doute, ces marbres roulèrent de dépôts en dépôts publics sans trouver d'acquéreurs à la différence du plus grand nombre des ivoires. L'état les garda malgré lui; ils échouèrent enfin au Louvre et quand, au commencement de la Restauration, on dressa l'inventaire général des collections royales, on les trouva dans un coin. Ils furent alors fidèlement décrits, pèle mêle avec une foule d'autres. Mais à ce moment les traditions étaient perdues. A une époque où Ton était si prodigue d'attributions, on leur infligea le fatal « maître inconnu. » C'était pour longtemps un arrêt de réprobation. Ils continuèrent donc d'être voués aux magasins.
Puissent les trente-deux quartiers de leur noble extraction que je viens d'établir pour les généalogistes les plus exigeants valoir à ces gracieuses sculptures les égards qui leur sont dus et les honneurs de l'estime publique. Quoiqu'en disent certains connaisseurs pour se dispenser de toute érudition, le vrai mérite d'un objet n'est pas
toujours reconnu dans une collection eu dehors des considérations de son origine. Ce qu'on appelle le goût, qualité essentielle de Tamateur, mais malheureusement trop variable, n'est fort souvent que le masque de l'ignorance. C'est au nom de ce sentiment irraisonné que pendant plus de trois cents ans on a proscrit les chefsd'œu\Tes de notre école gothique. De tout temps les enfants trouvés de l'art ont bien du mal à faire leur chemin. Heureusement, la recherche de la paternité ne leur est pas interdite et il sera toujours loisible à la science d'en appeler des jugements du goût.
Louis GOURAJOD.