‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 22 sur 110 · LE SUCCESSEUR DE CASTELLION · texte numérisé non relu

LE SUCCESSEUR DE CASTELLION

ministres ont dit. Mais il faut croire que l’honneur de Dieu, quand il était invoqué par Castellion, ne préoccupait guère Calvin, puisqu’il n’insiste pas pour qu’on l’entende. Le Conseil décide de maintenir sa sentence. Aussi bien, c’était une peine légère. Eli, quoi % Tant de bruit pour un résultat semblable % Le Conseil n’exige ni amende honorable, ni rétractation, et la suspension n’est même pas définitive ! S’il plaît au Conseil, dans quelques jours, Castellion peut être rétabli dans sa charge ?

Les ministres ne sortent pas très brillants de cette échauffourée et ils en sont fort déçus ; mais le temps arrange bien des choses : ce que les juges n’ont pas voulu faire, les adversaires de Castellion le feront plus tard. Ils corrigeront, devant la postérité, la sentence trop bienveillante et, pieusement, ils répéteront, dans tous les milieux réformés* « que Castellion avait été convaincu de manifeste malice et de calomnie», que la justice lui imposa l’obligation «de reconnaître sa faute et lui ordonna de sortir immédiatement de la ville K »

Cependant Castellion, revenu dans son Collège, reprenait ses leçons, mais le lendemain, 13 Juin, il écrivait aux syndics, leur annonçant sa volonté de résigner «son poste an plus tôt». Les x^onr-

1 Théodore de Bèze — Vie de Calvin.

CASTELLION À GENÈVE

parlera pour la nomination du nouveau Principal trament en longueur. Enfin Le Légent, Maître Charles Damont, est nommé et il prête serment, le 11 Juillet. Le lendemain, Castellion lui remet ses pouvoirs, et les procès-verbaux du Conseil portent cette mention : ^Maître Bastian, Bégent des Ecoles, suivant le congé que para vaut a demandé \ a cessé de régir les écoles et, * * . . ayant entendu que Ton est pourvu d’un Bégent, a prié y mettre fin, pour ce qu’il désire * . . , partir. $ Ce compte-rendu fait bonne justice des appréciations tendancieuses de ses détracteurs. C’est Castellion lui-même qui demande qu’on mette fin à une direction qui ne lui donne plus aucune joie.

Le 14 Juillet 1544, il prend congé des syndics l5 attestation' et, l’inventaire de l’école terminé, Castellion “ q*Lvm se dispose à quitter Genève. Mais, comme s’il avait 1 intuition de ce que, plus tard, ses adversaires tireront de ces incidents, il demande aux ministres et à Calvin une sorte de certificat, destiné à mettre les choses au point, Calvin, trop heureux d’être délivré de son inquiétante présence, accueille avec plaisir sa demande et lui délivre ce certificat dont nous avons reproduit de larges extraits à propos des discussions concernant la descente aux

Ceci sc passe, exactement, un mois après la sentence dn Conseil et démontre la valeur qu’on peut accorder ans fantaisies de TfitéonoBÈ de Bèzs.

SÉBASTIEN CÀSTELLTON

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