PAPISTE
«En second lieu, continu©- 1- il, je suis accusé de pélagianisme. 1 * * *
On m’accuse de nier la grâce de Dieu et le péché originel, À ceci, je réponds de la même manière. Je demande que mon accusateur fasse la preuve de ce qu 5 U avance. Quant à ce que de Bèze s’efforce de tirer de mes écrits concernant Fépître aux Romains, je déclare qu’il y a là un acte de mauvais© foi. Il me fait dire des choses que je n’ai jamais pensées, et je suis prêt à en faire publiquement la preuve.
3°. Je suis accusé d’être le protecteur de tous les criminels, les hérétiques, les adultères, les voleurs et les assassins. On m’accuse de vouloir les protéger contre leurs accusateurs et leurs juges. En ceci encore, je demande des preuves. Je m’engage, de mon côté, à démontrer le contraire. J’ai des témoignages qu’on ne peut récuser et je démontrerai d’incontestable façon que des personnes qui avaient, sur l’autorité des magistrats, de fausses opinions, ont puisé dans ma conviction des notions plus saines, À maintes reprises, ils m’ont déclaré que par la seule douceur, je les avais mieux désabusés que par la contrainte. C’est qu’en effet, j’ai toujours pensé et je pense encore, avec nos livres sacrés et la Confession de Bâle : « que Dieu a confié le glaive de l’autorité extérieure aux magistrats, ses serviteurs, pour la protection des bons et la punition des méchants, et j’ajoute que tant qu’il y aura des criminels, il faut qu’on les condamne, et que celui qui s’opposerait à cette manifestation de puissance résisterait à Dieu lui- même.
4°. Je suis accusé d’être papiste et de blasphémer contre la grâce de Dieu. A cela, je réponds encore : «C’est faux », et je mets au défi qui que ce soit de le démontrer.
1 Dette accusation de pélagianisme est lice naturellement à 1’idce de l'im¬
puissance radicale que les Calvinistes supposent à l'homme dans le domaine
moral Filage, moine du V^uie siècle, soutenait que F homme, par un déve¬
loppement intensif des germes de bien qui sont dans sa nature, et par la force
de sa volonté, pouvait atteindre l’idéal de k sainteté.
dernières luttes et déeaite finale
Papiste î L'homme à qui, maintes fois, des personnages éminents de Borne ont fait, Jadis et récemment encore, tant d’offres excep tienne] ïes et qui simplement les a toujours repoussées. Blasphémateur de la grâce de Dieu ? La calomnie ici est aussi manifeste, car j’ai toujours cru et, toujours, j’ai enseigné que c’est, gratuitement, par la bienveillance de Dieu et la foi en Christ, que nous sommes fortifiés et sauvés. Gela, surabondamment, tous mes écrits l’attestent.
5°, Je suis accusé d’être un «Académique» et de m’inspirer de l’esprit des Anabaptistes, Les «Académiques» étaient de certains philosophes qui disaient ne pouvoir rien connaître et s’abstenaient de toute affirmation. De ce «crime», c’est T. de Bèze lui-même qui, dans ses érits, m’innocente : Ne m’accuse-tril pas en effet, à toutes les pages de son livre, d’affirmer trop de choses, et ne s'indigne-t-il pas sans cesse de me les voir affirmer ? Quant aux Anabaptistes et à leur esprit, à ce qu'ils pensent ou ce qu'ils écrivent de la parole de Dieu, e'est à eux de voir ce qu'ils font. Pour moi, j'ai écrit et j'écris encore et je suis convaincu que les controverses entre 3es théologiens sur la religion ne peuvent être résolues, même par l'Ecriture, à moins qu’on n'y apporte et l'esprit de Christ qui éclaire l’intelligence, et l'amour* J’ajoute : si nous ne nous efforçons pas de nous aimer les uns les autres, il en résultera que, plus nous nous attacherons à la lettre, et plus nous violerons l'Esprit. Plus aussi s'accroîtront nos querelles et plus s’aggraveront nos divisions* Je m'en voudrais d'ajouter quelque chose aux paroles de Paul ; g Si je parlais langages et d'hommes et d’anges et que je « n eusse amour, je ne serais qu’ airain qui sonne ou une « cloche qui tinte. Et si j'étais si grand prophète que je susse «tous les secrets et sciences et si j’avais toute la foi qui peut «être jusqu'à transmuer les montagnes, et que je n’ eusse «amour, je ne ferais rien* Et si je dépensais tous mes biens «en aumône et livrais mon corps pour être brûlé et que je n eusse amour, je ne profiterais rien. » 1 Voilà ce que j'ai écrit.
1 Extrait de la Bible française de Gastellîon.