CHAPITRE V
de la prédiction de lear prophétesse. Ceci se pas* sait en 4606. »
Tout ce passage parait se ressentir de Taversion que Mariette partageait, avec beaucoup de ses contemporains, contre Fénelon, M"» Guyon et les quiétistes. Mariette était un juge incomparable des choses de Tart; mais il n'était pas exempt de passion sur les questions religieuses. On ne voit dans ses remarques dur le Puer parvulus presque rien de plus que ce qui se trouve dans Tabbé Phelipeaux, reproduit par La Beaumelle. La source étant connue, il reste à examiner si elle est pure»
Qu'était-ce donc que cet abbé Phelipeaux ? C'était un ennemi acharné du doux Fénelon. Il avait accompagné l'abbé Bossuet à Rome pour y poursuivre la condamnation des Mcuvimes des Saints « A son retour en France, dit le cardinal de Beausset (Hist. de Fénelon, t. Il, p. ^2), il composa sa Relation du quiétisme, ouvrage qui décèle la partialité la plus marquée et l'acharnement le plus odieux contre Fénelon... On ne peut douter que le but de l'auteur n'ait été de flétrir la réputation de l'archevêque de Cambray, en posant les fondements d'une fausse tradition ; il osait espérer qu'à mesure que le temps aurait fait disparaître tous les contemporains dont le témoignage et l'autorité pouvaient aider à éclaircir la vérité, on serait plus disposé à accueillir ses odieuses imputations... Dans ce but, ajoute le cardinal de Beausset, il défendit de publier son ouvrage avant vingt ans après sa mort qui eut lieu en 1708. Cet ouvrage, imprimé clandestinement en 1732,
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fut flétri et supprimé par un jugement de la police et un arrêt du Conseil qui ordonnèrent qu'il serait brûlé par la main du bourreau. Trois particuliers, convaincus d'avoir participé à l'impression de ce libelle, furent condamnés au carcan. »
L'arrêt du Conseil, dont parle le Cardinal, n'a pas été retrouvé. Mais le Dictionnaire des anonymes de Barbier fournit des détails desquels il résulte que le gouvernement voulut donner satisfaction à la mémoire de Fénelon, outragée par l'ouvrage posthume de Phelipeaux. Ces détails montrent même que la rigueur contre les éditeurs de la Relation dépassèrent toute mesure. Le libraire Deliége fut enlevé, le 23 avril 1733, avec son fils et trois de ses ouvriers. Tous furent enfermés à la Bastille. Ils furent jugés par une commission, sept mois après, condamnés au carcan et bannis pour trois ans.
En présence de ces faits, quelle autorité peut s'attacher aux allégations de l'abbé Phelipeaux ? Â part l'allégorie que renferme le sujet, sur laquelle la discussion reste ouverte , * ce que Mariette nous apprend, relativement au tableau et au dessin de Silvestre, est tout à fait vraisemblable. Charles^Francols Silvestre était maître de dessin du duc de Bourgogne (M. de Silvestre, Renseignements, etc., 1868, in-8», p. 34), et il n'y a rien d'étonnant à ce que l'élève ait conçu l'idée de cette allégorie que le maître a réalisée par son dessin.
L'abbé de Vallemont dit également que la première pensée de ce sujet appartient au jeune prince {Éloge, p. 46). Bien qu'il ne parle pas du dessin de