‹ sebastien le clercChapitre 151 sur 193 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

IV* état. — Avant les armoiries commencées et

avant les nombreux travaux caractérisant le \^ état.

V« état. —Avec les armoiries commencées, etc., etc.

États avec la lettre.

VI® état (!«' avec la lettre). — Avec tous les travaux ci-dessus indiqués, mais avant les principes de fortifications dont il va être parlé.

VII« état (2« avec la lettre). — Quelques principes de fortifications sont tracés sur la partie pendante de la grande pancarte où Ton voit le plan d*un pentagone fortifié de bastions et de demi-lunes, et d'un ouvrage à cornes avec ses attaques. — On ne voit pas encore l'ombre prolongée dont il va être parlé.

VIIl« et dernier état (3« avec la lettre).

La planche a été retouchée ; on n'y retrouve plus le moelleux incomparable qui distingue les épreuves des états précédents. Les différences caractéristiques de cet état sont les suivantes : l'ombre qui s'arrêtait à droite, à peu de distance d'une planche très-longue qu'un homme assis regarde dans toute sa longueur^ a été prolongée jusqu'au trait carré ; on voit distinct tement les assises du pilastre qui se trouve derrière le squelette humain à gauche ; les assises de la colonne à laquelle est appendu le tatou, en partie supprimées lorsque l'ombre de cette colonne fut prolongée, apparaissent de nouveau ; enfin, on lit dans la marge, à la suite du nom de Le Clerc, et d'une autre écriture, les mots Chevalier R.

Cette addition marginale, contemporaine des changements caractéristiques du huitième état, est néces-

sairement postérieure à Tannée 1706 qui est celle où Le Clerc reçut le titre de Chevalier romain (Yallemoni, p. 180). Le Clerc était alors fort âgé, et, quoiqu'il ait travaillé jusqu'en 1714, année de sa mort, il est douteux que les changements faits à la planche, pour constituer le huitième état, soient de sa main. Nous ne la reconnaissons pas dans le prolongement des ombres du côté droit qui constitue l'addition la plus apparente.

Cette opinion se fortifie en remarquant qu'aucune des copies qui ont été exécutées ne reproduit le prolongement de l'ombre au-dessous de la grande planche longue. L'une d'elles (celle de Cochin père),v. ci-après, reproduit les assises de pierres sur le pilastre et sur la colonne à droite, ce qui donnerait à penser qu'il existe un état de la planche, resté inconnu, dans lequel cette correction aurait été faite par Le Clerc. Cela est très-possible ; cependant nous ne connaissons pas d'épreuve avec la lettre, avant l'ombre prolongée et l'addition du mot Chevalier R, dans iesqueUes on apercevrait les assises du pilastre et de la colonne.

Paignon-Dijonval possédait seul les huit états qui viennent d'être décrits.

Les épreuves avant la lettre sont tellement rares ^e Jombert n'avait pu réussir à en posséder une seule. Il n'y en a qu'une au cabinet des estampes à Vienne (elle provient de la collection de Bandeville) et une à la bibliothèque nationale. M. de Baudicour possède le premier état et le troisième ; il y a également deux épreuves avant la lettre dans notre collection, une du 1^ état et une du 4^.

CHAtTTRB V. — 1603-1702. 251

Les épreuves des trois premiers états avant la lettre sont évidemment des épreuves dressai, tirées tout au plus à trois ou quatre exemplaires. Il y en a eu un plus grand nombre du quatrième état, car il nous a été donné d'en voir jusqu'à huit.

Nous en avons possédé trois dont l'une avait appartenu à Lenormant Ducoudray, d'Orléans.

Il est vraisemblable que Le Clerc pensait alors que sa planche était arrivée à toute sa perfection. Il a évidemment changé d'avis, puisqu'il a cru devoir faire les dix-sept additions ou changements qui se remarquent au cinquième état avant la lettre. — Cet état se rencontre plus rarement que le quatrième. On n'en tira probablement que des épreuves d'essai, ainsi que du premier état avec la lettre (VP état) qui est presqu'aussi rare que les précédents.

Le VII® état (II« avec la lettre) peut être considéré comme celui de la planche arrivée à l'effet voulu par le maître. Les bonnes épreuves de cet état, quoique communes, sont ravissantes et satisfont l'œil tout autant que celles provenant des états précédents. Toutefois, la comparaison entre une épreuve d'un des trois premiers états, avec celle du quatrième, et de ce dernier avec l'un des états postérieurs, est très - intéressante , en ce qu'on peut y suivre tous les développements des pensées successives de Fartiste, et constater les soins prodigieux apportés à l'exécution de cette planche travaillée par lui avec amour.

Copies.

Il existe plusieurs copies de cette pièce :

A. — Par Pacot, en contre-partie. Elle est dédiée à

Ponchartrain (sic).

B. — Par un anonyme, également en contre-partie.

C. — Par Cochin père, dans le sens de Toriginal. Cette copie trompeuse, imite aussi fidèlement que possible le \U^ état, avec cette seule différence que les assises de pierres du pilastre et de la colonne sont indiquées comme on le voit au YIII® état. Le premier état de cette copie est anonyme. Au second état, on voit les lettres N. C. (Nicolas Cochin).

Aubouin apportant des livres aicx princes. (J., 264).

Jombert a raconté l'anecdote représentée en action par cette petite composition dont le dessin fut donné par le duc de Bourgogne. Il en existe deux états :

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