CHAPITRE I
Clerc, f. — Cette inscriptioii est celle du titre de la première édition, dans la seconde le mot parlants a été supprimé.
Quoique l'exécution de cette première Messe soit assez faible, elle eut un succès prodigieux. Jombert en a décrit quatre éditions présentant des différences sur le titre, bien que les planches n'aient subi d'autre altération que celle d'un prodigieux tirage. Ces quatre éditions différentes portent les dates de 1657, 1661, 1664 et 1665; mais Jombert suppose qu'il y en eut au moins sept ou huit. Ajoutons, à titre de renseignement, que les deux premières éditions donnent seules des épreuves satisfaisantes, et que la seconde contient, en plus de la première, trois pièces relatives à la communion. (J., n^ 53.)
Ces trois pièces supplémentaires furent exécutées en 1661, l'année même où parut la seconde édition de la première Messe. Malgré cette addition, il semble que -Le Clerc ait été peu satisfait de son premier travail, car, en même temps que Claude Bouchard en publiait la seconde édition, il faisait paraître simultanément la seconde Messe (Jombert, n^ 66), qui est un spécimen des chefs-d'œuvre de la* première manière de Le Clerc, avant de quitter sa ville natale.
Cette nouvelle publication, de format petit in-S», est très-supérieure à la première qui cependant parut avoir obtenu un plus grand débit, si l'on en juge par les éditions qui se succédèrent, même après 1661, tandis qu'on ne compte que deux éditions de la seconde Messe, suivies d'un dernier
tirage en 1680, mais qui est complètement défectueux. Jombert indique qu*il existe une édition sans date qui serait la première. C'est une erreur. On connaît effectivement des exemplaires avec un titre sans date, mais ils sont exactement semblables à ceux de l'édition datée de 1601. La seule différence entre les deux éditions, qui ont paru sous la même date de 1661, est que la première (la seule bonne), est imprimée en gros caractères, et que chaque prière se termine par Ainsi soit-U. Dans la seconde édition, le texte est différent, les caractères sont plus petits et V Ainsi soit^il a disparu.
On peut, à Toccasion de ces trois Messes, remarquer que Le Clerc ne s'est jamais répété en trai* tant, à trois reprises, les mêmes sujets. Les compositions des tableaux de chacune des trois suites sont entièrement différentes, et dans la seconde, les ornements sont plus riches et plus travaillés que ceux de la première. Son imagination était tellement féconde qu'il lui fut facile de rendre plusieurs fois la même pensée sans jamais se répéter. Bien peu d'artistes sont capables de produire ainsi trois compositions différentes d'après les mêmes données, et cela non pas une ou deux fois, mais sur des planches dont le nombre s'élève à 106 pour les trois suites.
Le Clerc suivit constamment cette méthode dans le cours de sa longue carrière. Il se copia trèsrarement ; il aimait peu à travailler d'après les compositions d'autnii ; il se sentait alors gêné et inférieur