CHAPITRE m
lui. Ces pièces sont eOectivement des copies d'une charmante pièce de Callot, représentant une dévideuse et une fileuse sur une même planche (M., n® 671). Un anonyme, dont la pointe a quelque ressemblance avec celle de Sébastien Lie Clerc, a imaginé de faire deux planches avec la composition de Callot. Il a placé la dévideuse dans une chambre presque nue ; quant à la fileuse, il a eu la singulière idée de la substituer à la femme debout qui se voit à la pièce des Boticœur, chiffrée 18. Toutes les parties mortes de l'estampe de Le Clerc ont été servilement reproduites, mais elles reviennent en contare- partie. Jombert (t. P% p. 24d) avait déjà signalé, dans l'œuvre de Lenormant du Coudray d'Orléans, les particularités que nous venons d'indiquer, n fait remarquer, en outre, que les deux copies de Callot sont tirées sur des cuivres dont les dimensions sont inférieures à^ celles des planches des Boucœur^ et il n'hésite pas à déclarer que ces deux copies sont étrangères à cette suite.
Quant à la pièce rarissime (l'homme à l'échelle), qui termine la description de Jombert, on n'en connaît pas plus de cinq ou six épreuves dont les fonds sont assez mal venus, sans que cette faiblesse soit due à l'usure. Il est vraisemblable que cette planche aura subi un accident, à la suite duquel Le Clerc a coupé son cuivre et tiré de cette planche, ainsi réduite, quelques épreuves qui n'ont pas été mises dans le commerce et qui sont presqu'aussi rares que celles de la planche entière. — Il n'avait tiré qu'une seule épreuve de chacune des deux autres planches
que Jombert qualifie de très-^rarissimes. Ces deux pièces ont figuré, jusqu'au commencement de ce siècle, dans la collection Paignon-Dijonval. On ignore ce qu'elles sont devenues.
Ces pièces dites Les Boucœur sont encore fort agréables, alors même qu'elles ont été fortifiées de
ton et qu'elles ont subi les changements indiqués
par Jombert. Les premiers tirages de cette suite, ainsi numérotée, ne sont donc pas à dédaigner ; mais les derniers ne peuvent donner aucune idée du talent du maître. Il y a quelques années encore, les cuivres originaux donnaient des épreuves déshonorées.
Disons aussi qu'il existe, de cette suite, des copies molles, sans franchise et sans esprit. La signature de Le Clerc est assez bien imitée ; mais les numéros diffèrent de ceux des tirages des planches originales, ce qui sert à faire reconnaître la fraude. Ainsi la femme debout, chiffrée 18 dans l'original, porte le n9 10 dans la copie; le ïi9 17, original, est devenu le n^' 4, et le n^ 10 porte le n^ 7 dans la copie, etc.
La suite, dédiée à Colhert d'Hormoy, appartient à la même famille iconographique. Ces deux suites peuvent servir à ceux qui apprennent à dessiner à la plume. C'est principalement à cet usage que sont destinées les trente planches composant les Colbert d'Hormoy (J., 150). La description de Jombert est exacte, ainsi que l'indication des changements qu'il signale entre le tirage de Langlois, qui est le premier, et celui de Jeaurat qui est le second. Ajoutons ce-