III. — Ce bonnet est ombré
Cette pièce «aurait été gravée par La Colombe. (Voir l'observation de Mariette (Abecedario, p. 105).
Nous avons Thabitude de nous incliner devant le jugement, l'expérience, la science et la sûreté de goût qui distinguent, à un si haut degré, l'illustre Mariette.
Cependant il nous parait que ces éminentes qualités se trouvent en défaut, lorsqu'il attribue à La Colombe les deux dernières pièces des Batailles d'Alexandre.
236 SiBASTI^ LE CLERC.
Ce La Colombe, ou plutôt Delacollombe , est un artiste obscur dont on ne connaît que quelques dessins d'arquebuserie publiés, après sa mort, en 1730.
n est bien difficile d'admettre quHl 9it pu inûter, à s'y m^reiMlre, la maai^ de Le Clerq, Qr, cette imitation serait si parfaite qu'on n'apervoît aucune différence entre les deux planches attribuées ps^ Mariette à DelacoUombe et oelies du reste de la suite. Le faire nous semble partout identique. Cette appréciation est corroborée par deux oircoustances qui nous paraissent décisives : i^ Chacune des deux planches contestées contient des correctigna conformes aux habitudes de Le Clerc, qui ne manquait jamais de rectlQer les défectuo3ités, souvexit peu apparentes, de ses estampes. Il nous parait difficile d'admettre que DelacoUombe ait pu s'apercevoir que le dos de la petite femme assise à gauche, devant la tente de Panus, devait être plus ombré, ainsi que le bonnet de la femme près du piédestal, dans l'entrée à Babylone. Si cette dernière correction est heureuse, la première ne l'est ps^, ainsi qu'on peut s'en convaincre en examinant le chefd'œuvre de Gérard Edelinck dont la pièce de la suite de Le Clerc est une reproducUan. C'est peut-être cette faute et une vanterie de DelacoUombe qui ont engagé Mariette à li|i attribuer cette pièce. 2^ L'entrée à Babylone est signée en tcnites lettres, S. Le Clerc jt ^culp. Comment admettre que notre artiste eût laissé subsister son nom au bas d'une planche qu'il n'aurait pas exécutée? Pourquoi cette signature sur cette pièce, alors que plusieurs autre?
CHÂPItRE V. -^ 1003-^1102. 337
de la suite sont restées anonymes, sans ({ue cependant on les conteste à Le Qerc? Nous croyons donc devoir lui conserver les deux ouvrages que la posté* rite lui attribue à juste titre.
Un document tiré du catalogue de la vente après décos de Sébastien Le Clerc (le peintre) semble encore infirmer Topinion de Mariette en confirmant la nôtre. On y lit, en effet, un article ainsi conçu : c LesbatalQes d'Alexandre en six planches, premières épreuves, avec le d^^ hlcmc^ c'est-à-^lire, que Tépanle de la femine assise, vue de do9, dans la Famille de Darius, n'est pas ombrée. » Estril vraisemblable que Joullain, rédacteur de ce Catabgue, et habile expert, ait omis de mentionner que la pièce de remarque n'était pas de Le Clerc?
Diverses suites de figuresy chevaux et paysages, dessinées et gravées par Le Clerc, pour l'instruction du duc de Bourgogne, en neuf liifres. Savoir : huit de six feuilles chacun, et un de douze feuilles- (jQmbert,258.)
Cette division, indiquée par Jombert, est celle du ou des tirages exécutés par Âudran. Mais il parait qu'un éditeur subséquent (Joullain ou un autre), a modifié cet ordre en changeant les numéros, tout en laissant subsister ceux d'Âudran. Nous reviendrons sur ce détail en parlant des états d9 CQtta suite.
Cette suite est supérieure à celles du même genre que liO Clerc a destinées à l'enseignement du dessin à la plume. Les derniers livres sont surtout parti'^ ci^ièrQnient remarquables; maÂs, comme toujours.
les soixante planches, dont cette collection se compose, ne produisent leur effet qu'autant qu'elles se présentent en épreuves de choix.
Nous allons chercher à indiquer les différences qui caractérisent les premiers états, en divisant nos observations en remarques générales et remarques particulières.
Remarques générales.
Le premier état des planches de chaque livre est caractérisé par la suite régulière des numéros dont ils se composent sans que, cependant, on puisse dire que cette règle soit absolue.
Ainsi, pour les deux premiers livres, le premier état se reconnsdt à ce qu'il n'y a qu'une seule série de numéros (de 1 à 6 pour chaque livre) placés à la droite du bas. Dans le premier livre, le titre n'est pas chifiré; la première pièce numérotée porte le chiffre 2 et la dernière le chiffre 6. — Dans le second livre ^ les chiffres sont à gauche et vont de 1 à 6. Quant au second état de ces deux premiers livres, il se reconnut à ce que, outre les chiffres ci-dessus, on lit des numéros de 1 à 11 sur les numéros 2 à 6 du premier Uvre (premier état) et 1 à 6 du second livre. Nous ignorons s'il en est de même pour les livres suivants.
Pour le troisième livre, le premier état est chiffré à gauche, comme au second livre. Le second état, (du moins pour deux pièces que nous avons vues), ne porte aucun numéro.' Dans le quatrième livre, les six planches du premier état sont chiffrées à