CHAPITRE VI
Bien qu'inférieure à la première vignette, qui est d'une légèreté merveilleuse, cette seconde composition, différente de la première, est encore très-recommandable. Elle montre une fois de plus l'aptitude de Le Clerc à traiter le même sujet sans jamais se répéter.
* Le grand Crucifix (J., 287). On connaît quatre états de cette planche traitée au pointillé, dans le goût de Morin, mais moins heureusement.
I. — Les nuages sont faiblement teintés et ils of&^ent quelques parties blanches.
IL — Les parties blanches des nuages ont disparu ; mais on ne voit pas encore la mention du privilège qui se lit dans la marge au III® état.
III. — Avec les mots : Avec privil. du roy, à la suite du nom de Le Clerc.
rv. — La planche a été retravaillée et les fonds ont été poussés au noir.
Histoire de Charles V, duc de Lorraine (J., 288). Cette jolie suite, qui est difficile à rassembler, surtout lorsqu'on veut y comprendre les plans, n'a pas été faite, comme on le croit généralement, pour la vie de Charles V, en ciçq livres, ouvrage anonyme dont l'auteur est, suivant Barbier, le ministre Jean de la Brune. Il est constant d'ailleurs que les différentes éditions de cet ouvrage ont paru sans aucune vignette.
Une note de Mariette nous apporte des révélaûons sur l'ouvrage projeté qui devait être de format
iQ4^y et n'a jamais été exécuté. On lit le passage suivant dans VAbecedariOj t. III, p. 108: c Ces pièces avaient été faites pour mettre dans l'histoire du prince Charles de Lorraine, que le duc de Lorraine d'à présent (Léopold)* avait fait composer par le*R. P. Duponcet, de la compagnie de Jésus*. Mais, comme il voulait l'obliger à mettre dedans que la Lorraine ne tombait pas en quenouille, et d'autres choses qui étaient préjudiciables à la France, ledit père, en bon Français, se crut obligé d'en écrire en cour. On lui répondit de laisser ledit ouvrage, ce qu'il fit. Aussi ledit ouvrage ne paraissant pas, les planches sont restées à M. Le Clerc (le fils), à qui elles appartiennent présentement, comme il me l'a dit. A Tégard de l'histoire du livre, je la tiens du R. P. Duponcet. »
Ces explications rectifient la note de Jombert (II, p. 229 et 230). Il en résuite que les planches de
' Cette mention sert à déterminer approximativement la date de la note de Mariette. EUe a été nécessairement écrite avant la mort de Léopoldy arrivée en i739; Mariette avait alors de trente A trente-cinq ans, ce qui montre qa*il avait commencé de bonne heure ses études sur les arts qu'il a poursuivies pendant toute sa vie.
* Auteur d'une histoire de Gonzalve de Gordone et de Scanderberg. n était né en Lorraine vers t<(00, et professait à Tuniversité de Pont-à-Mousson.
Le S3 avril 1700^ il avait prononcé, dans l'église primatiale de Nancy, l'oraison funèbre du duc Charles V, père de Léopold, ce qui explique comment il avait été chargé d'écrire la vie entière du héros lorrain.
L'oraison funèbre de Charles V, par le P. Duponcet, a été imprimée à Pont-à-Mou8Son en 1700, in-8o. Voy. Dom Galmet, les Biographieê Michaud, Didot et la France littéraire de Quérard.