‹ Sébastien Le Clerc et son œuvreChapitre 17 sur 197 · CHAPITRE I. — 1650-16fô · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — 1650-16fô

à lui-même, si ce n'est quand il reproduisait à Paris les dessins de son ami Le Brun.

Après la première Messe^ mais avant la seconde^ Le Clerc grava La vie de saint Benoit en 32 su)ets, plus le fronti^ice et quatre plsmches de bordures servant de passe-partout. Cette suite intitulée : Vita et Mircumla sanctissimi patris Benedictiy de format petit in-fol. (J., 57), parait avoir été gravée pour une vie de saint Benoit dont le texte n'a jamais paru. Le nom de Claude Bouchard- ne se voit pas sur le frontispice ; mais il est vraisemblable que le tirage eut lieu dans son atelier.

Très-supérieure à la première Messe, la vie de saint Bendt, quoique fort remarquable, est infé* rieure à la seconde Messey et il est très-difficile d'en rencontrer des épreuves satisfaisantes. On répute généralement pour telles celles qui sont tirées sans les bordures^ Nous avons vu effectivement plusieurs suites en cet état qui sont très-recommandables. Cependant nous devons dire, contre l'assertion de Jombert, que l'absence des bordures n'est pas toujours un indice de primauté et de supériorité du tirs^e. En effet les bordures et les sujets étant gravés sur des planches différentes, il a pu y avoir de bons et de mauvais tirages avec ou sans bocdupes. Néanmoins les épreuves que nous avons rencontrées dépourvues de bordures étaient gépéralement supérieures à celles qui les contenaient. — Les bonnes épreuves de cette suite , avant les bordures, sont extrêmement rares.

On voit au musée de Bruxelles (n<" 142 à 151), du Catalogue de 1874, dix tableaux de Philippe de Champaigne, représentant différents actes de la vie de saint Benoit qui ont été également traités par Séb. Le Clerc dans la suite dont il vient d'être parié. Rien n'indique que Sébastien ait eu connaissance des peintures exécutées par le célèbre msdtre que nous avons comparées avec les eaux-fortes en 1875. En tout cas, l'artiste messin n'a rien emprunté à l'artiste bruxellois, et, dans plusieurs compositions, le graveur n'est pas trop inférieur au peintre.

Dans toutes ces suites, Le Clerc conserve presque toujours un type qui lui est particulier. Rarement il s'inspire de ses prédécesseurs. Ce n'est que trèsaccidentellement qu'on le voit imiter CaUot (la Bohémienne des Modes de Metz^ Jombert, 70-16), et Abraham Bosse dans la Grande destruction de Lustucru (Jombert, n*^ 68). Ces pièces sont de rares exemples des imitations que Le Clerc a cru pouvoir se permettre dans sa jeunesse.

Cette dernière estampe est une réparation que Le Clerc devait aux dames de Metz, après les avoir gravement insultées par une gravure satirique connue sous le nom de Lustucru^ ou les hommes vengés. Le sujet de cette satire est le redressement des têtes féminines acariâtres que Lustucru, Vopérateur céphaliquey se charge de mettre à bien en les battant sur l'enclume, puis en les polissant à la lime. La vogue de l'opérateur est telle qu'on lui apporte des paniers pleins de têtes ; on voit même, dans le

Page 1