PRÉLIMINAIRE
notice n'est qu'un précis historique et non une biographie complète.
Nous avons la prétention de faire sinon mieux du moins autrement que nos devanciers. Néanmoins nous devons proclamer hautement qu'aucun biographe de Le Clerc ne peut se passer des renseignements qu'ils nous ont transmis. Placés plus près que nous des événements, ils ont su ce qu'il nous serait impossible de connaître sans eux, et que tout travailleur doit nécessairement leur empruntera
' Nous bornerons, le plus ordinairement, nos emprunts à ces deux biographies. Ce sont en effet les deux sources principales auxquelles on doit puiser. Tons les autres travaux biographiques sur Le Clerc (sauf la notice malheureusement trop courte du savant Mariette), ne font que reproduire les détails dus à Tabbé de Vallemont et à Jombert. Il va sans dire que les auteurs de ces travaux biographiques, prétendus nouveaux, sont dépourvus de toute critique, et qu'ils reproduisent les erreurs de leurs devanciers, ce qui est, jusqu'à un certain point, pardonnable. Mais ils en ajoutent d'autres, de leur chef, ce qui est inexcusable.
Il en est tout autrement des savantes notes recueillies par Mariette {Ahecedario^ t. III) sur les travaux de Le Clerc. Nous les avons soigneusement utilisées dans le cours de notre travail. Leur exactitude est universellement reconnue, et ce précieux recueil est toujours consulté avec fruit. Il doit l'être d'autant plus, à l'égard des pièces gravées par Le Clerc, que Jombert ne put obtenir communication ni de l'œuvre rassemblé par Mariette, ni des nombreuses notes qu'il avait recueillies. Tous les manuscrits de Mariette sont aujourd'hui conservés à la bibliothèque nationale ; ils ont été, en partie, publiés par MM. de Montaiglon et de Chennevières sous le titre d^Abecedario.
Mariette avait vingt ans, lors de la mort de Le Clerc. Il l'a donc à peine connu ; mais il a beaucoup pratiqué son fils qui fut peintre et dessinateur, et qui a pu lui fournir, sur son père et sur ses ouvrages, des renseignements précieux. Ces documents n'ont paè été admis sans examen par Mariette, dont le contrôle si sûr a souvent rectifie les souvenirs inexacts du fils de notre artiste.
Ce n'est pat à dire cependant qu'on doive accepter sans contrôle les assertions des deux premiers biographes de Le Clerc, ni même celles de Mariette. Il est de toute évidence qu'elles doivent être rejetées aussitôt que leur inexactitude est établie. C'est ce qu'on a eu le soin de faire dans le cours de cette étude.
Parmi les documents qui nous ont servi à rectifier l'abbé de Vallemont et Jombert, nous devons signaler ceux dont nous devons l'obligeante communication à M. Abel qui, le premier, a émis des doutes sur l'origine lorraine de Sébastien Le Clerc. Ces doutes sont aqjourd'hui passés à l'état de certitude, par suite de la découverte des actes authentiques due aux recherches de M. Abel , et qui se trouvent utilisés au début de notre travail. Il en résulte que l'origine de Sébastien Le Clerc est entièrement messine.