‹ Sébastien Le Clerc et son œuvreChapitre 34 sur 197 · CHAPITRE II. — 4^86-1673. Ç · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — 4^86-1673. Ç

On ne produisait ainsi ^ pour la première fois, qu'un petit nombre d'exemplaires complets, c'est-àdire contenant le texte et les planches. Sans doute, le texte entier a été composé et tiré d'une seule fois pour toutes les feuilles dont l'ouvrage se compose« Mais l'impression au rouleau des planches gravées n'avait lieu que successivement sur les espaces blancs réservés soit au recto, soit au verso du texte, et cette impression, ou tirage, ne s'exécutait qu'après l'épuisement des exemplaires restés au magasin. C'est ce t]ui explique comment, dans les exemplaires datés de 1669, il y a des différences dans la composition dQ deux planches. Il y eut d'abord un premier tirage d'essai dont faisaient partie le pêcheur à la ligne et la femme au panier, vue par le dos.

Puis, cette dernière planche ne s'étant pas re« trouvée, lors du second tirage d'essai. Le Clerc exécuta une composition différente. Ce ne fut que plus tard, et après que la planche du pêcheur à la ligne fut elle-même perdue, qu'on fit les tirages successifs dont nous avons parlé.

Nous croyons devoir persister à qualifier de tirages d'essai ceux où figurent les deux planches ci-dessus, parce que l'excessive rareté des exemplaires de cette espèce ne permet pas de supposer que ces tirages aient pu être considérables.

Ajoutons que, suivant Jombert (t. I, p. 125), dix planches ont été recommencées pour la seconde édition de 1682, de sorte que, en réalité, Sébastien Le Clerc aurait gravé pour ce livre 105 planches, savoir :

Frontispice et épitre dédicatoire 2

Planches de la suite 82

Deux planches recommencées pour Fédition

de 1669 2

Deux planches exécutées à Metz et qui n'ont

jamais servi 2

Dix planches nouvelles pour la seconde édition 10

Sept planches pour la troisième 7

Total 105

Ce calcul de Jombert ne concorde pas avec celui de la p. XXXYIII de son précis historique où il indique que l'édition de 1682 parut avec 14 planches nouvelles.

L'auteur ajoute (loc. cit,) : « Il y eut encore d'autres éditions, outre celle de 1700 ; l'ouvrage a été copié en Hollande, et traduit en latin en Angleterre. » — Citons encore, mais pour mémoire, les 42 planches exécutées par Le Clerc, pour les additions qu'il se proposait de faire à la petite Géométrie (J., n^ 100). Les quelques épreuves qui ont été tirées de ces planches n'ont pas été mises dans le commerce.

Peu de temps avant la publication de l'ouvrage dont nous venons de parler, Séb. Le Clerc perdit sa mère à Metz. Son acte de décès, daté du 3 février 1668, a été retrouvé par M. Âbel dans les registres de la paroisse Saint-Martin. Cet acte constate qu'eUe fut enterrée en présence de son mari, Laurent Le Clerc.

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Les libraires-éditeurs commençaient à rechercher le talent de Le Clerc pom* décorer leurs publications. Déjà, en 4665, au moment de l'arrivée à Paris du graveur messin, Le Petit l'avait employé pour le Psautier de David, par Dumont (J., 74). De Luynes lui avait fait graver un frontispice pour YHistoire de la guerre des Goths, en Italie j Paris, 1667, in-i2 (J., 80); la même année, il avait illustré la Cour d'Amour de Du Perret (J., 82), V abrégé de Cléopdtre (J., 83) et YHistoire des Antilles du père Du Tertre ; en 1668, il gravait deux planches pour le plaidoyer de Girard van Opstal (J., 85). Enfin, en 1669, il produit son premier chef-d'œuvre en ce genre. Ce sont quatre pièces gravées pour la Promenade de Saint- Germain, ouvrage dédié à Mademoiselle de Scudéry, par Louis Le Laboureur, Bailly de Montmorency, Paris, de Luynes, 1669, in-12. Cette suite est devenue fort rare. Elle l'était déjà en 1744, lors de la vente Quentin de Lorangère, à laquelle le cul-de-lampe du Laboureur : Labor et dolor a été payé 24 livres.

C'est à cette époque (1669) que l'abbé de Vallemont et Jombert font remonter les relations de Le Clerc avec Colbert. Le ministre lui fit donner, aux Gobelins, un logement qu'il conserva jusqu'à la fin de sa vie ^ avec une pension de six cents écus et

* Nous n'avons pu découvrir la data précise de l'entrée de Le Clerc aux Gobelins, mais elle se place nécessairement entre le mois de novembre 1667, date de l'édit qui a créé la manufacture, et le 21 novembre 1675, date du mariage de Le Clerc avec la fille du teinturier en chef des Gobelins.

qui entraînait pour l'artiste Tobligation de consacrer presqu'exclusivement son talent au service tlu roi.

Néanmoins, Le Clerc put achever les travaux qu*il avait commencés pour des libraires. C'est ainsi qu'il publia, en cette même année 1669, le premier volume de V Histoire sacrée en tableauXj qui parut successivement en trois volumes, chez Th. JoUy.

L'auteur de cet ouvrage est le même Oronce de Brian ville qui avait eu l'idée du fleuron de Jasun. Sa prose valait mieux qne ses vers, aussi son His-^ taire sacrée eut-elle un immense succès , auquel la richesse, la variété et la perfection des gravures de Sébastien Le Clerc contribua pour beaucoup.

Dans cette suite, qui ne comprend pas moins de 152 planches (J., 93, 94 et 116), notre artiste est arrivé à l'un des points culminants de son talent et désormais il n'en descendra plus. Loin de là, il montera encore, il montera toujours ; et chose remarquable ! il se maintiendra sur ces sommets jusqu'à la fin de sa carrière, sans jamais s'en écarter, sans qu'aucune défaillance se remarque dans son imagination ou dans sa main. Désormais, il ne produira que des chefs-d'œuvre.

Arrôtons-nous à celui-ci, qui est le premier en date. C'est, ainsi que nous l'avons dit, V Histoire sacrée en tdbleai^Xj par Ch^once de Brianville.

Comme cet ouvrage est inexactement décrit dans le Manuel du libraire de Brunet, et même dans Jojnbert, nous croyons devoir donner les indications

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