CHAPITRE II
indiquée peut donc n'être pas toujours exacte. Le meilleur moyen de s'assurer que le tome second est réellement de premier tirage , est de comparer les caractères d'impression de ce volume avec ceux du tome preiïiier. Lorsqu'on a reconnu l'antériorité du tirage pour le tome premier, si les caractères du second volume sont identiques à ceux du premier, la priorité du tirage du second volume est certaine , car on a employé des caractères différents pour les éditions postérieures à la première.
Enfin, la première édition du tome troisième doit porter la date de 1675 et le nom de Th. JoUy ou de Charles de Sercy. Nous ne connaissons pas de différences matérielles dans le corps de ce volume qui est moins rare que les deux premiers.
On rencontre quelquefois des épreuves de tout ou partie de cette suite sans aucun texte au verso, et qu'on présente comme ayant été tirées avant la première édition. Il est possible qu'il en existe de telles, mais les 'épreuves sans texte que nous avons vues provenaient de tirages exécutés après les éditions, ce dont témoignait suffisamment la faiblesse des épreuves.
L'auteur de cet ouvrage est, comme nous l'avons dit, Oronce de Brianville. Il était abbé de Saint- Benoit de Quinçay-lès-Poitiers et aumônier ordinaire du roi. Il avait en grande estime le talent de Le Clerc, et il appréciait particulièrement c ces figures de la Bible que M. Le Clerc a gravées à l'eau-forte avec cette grande habileté qui le rend si digne de cette réputation. » (Avertissement de YHistoire sor créCj en tête du tome l^^.)
Mariette nous a conservé , relativement à la gravure de ces planches , un détail resté inconnu jusqu'à lui. € Il fallut 9 dit-il , permission du roi pour graver ces planches, car il était en ce temps-là à sa pension ; encore ne les gravait-il qu'à la chandelle. M. son fils m'a dit que son père en faisait une par jour, n'en faisant jamais le dessin qu'au bout de la pointe, ce que j'ai de la peijie à croire. » (Ahecedario, t. III, p. 104.)
Le Clerc n'était pas tellement absorbé par ces divers travaux qu'il ne pensât à son père, à ses chers compatriotes, et notamment à François Bouchard, son ami, fils du premier éditeur de ses planches. (M. Teissier, Recherches.... ^ p. 102.) Â sa prière. Le Clerc grava , pour le curé de Saint-Iivier, en 1670 (J., 95), le joli frontispice d un livre intitulé : Prières du matin et du soir^ etc. Nous avons sous les yeux une épreuve de ce frontispice avec la date de 1679, toujours chez François Bouchard, pour lequel Le Clerc grava ultérieurement différentes suites que nous aurons occasion de signaler. La beauté de cette épreuve , datée de 1679 , pour la seconde édition , semble indiquer que le tirage de la première a dû être peu considérable.
Toujours dans cette même année 1670, Le Clerc fut appelé par le libraire Pierre Petit à concoujrir, avec d'autres artistes, à la décoration de la Bible de Royaumont (J., 96). Ce livre est resté l'un des plus recherchés parmi ceux produits par les presses françaises au dix-septième siècle. Le Clerc n'y a
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gravé que deux planches : la Vocation d'Abraham et la Pénitence des Ninivites. Ce sont incontestablement les plus belles de celles qui se trouvent dans ce rare volume ; il atteint aujourd'hui dans les ventes un prix très-élevé.
Jonû)ert possédait deux épreuves d'essai de cha« cune de ces planches de Le Clerc. Il les décrit exactement (t. I^, p. 130 et 434, ad notam): Nouô possédons celle qui représente la Pénitence des Ninivites et qui est peut-être la même qui se trouvait dans la collection de Jombert. Elle est tirée sur une feuille au verso de laquelle se trouvent des figures de géométrie avec des démonstrations explicatives de la main de Le Clerc. On voit que l'artiste s'occupait déjà d'un travail sur le point de vue dont un firagment, sous la forme de Discours, parut seulement en 1679. Cette page manuscrite , qui se conserve dans notre collection , était alors le seul autographe connu de Sébastien Le Clerc. Depuis, nous avons découvert, derrière des épreuves avant la lettre , des planches gravées pour V Histoire de V empire Ottoman, deux autres fragments autographes du même travail, qui est peut-être l'ébauche d'un Traité de perspective, dont le manuscrit autographe, enrichi de nombreux dessins, fait partie de la belle collection de M* le baron de Salis.
C'est encore à l'année 1670 qu'appartient la publication de VHistoire de l'état présent de Vempire Ottoman y par Ricault, et traduit de l'anglais par Briot. (Paris, Mabre-Cramoisy, 1 vol. in-4*>. V. Brunet,
art. Ricault.) « Il l'orna, dit Jombert, d'un très-beau frontispice, où l'on voit le Grand-Seigneur sur son trône recevant les hommages de ses sujets ; il y a aussi, dans ce livre, plusieurs vignettes très-intéressantes, surtout celle du commencement de l'ouvrage qui représente la mort tragique de l'ancienne sultane, grand'mère de l'empereur régnant alors, et une vingtaine de très -jolies planches où l'on voit les portraits et les habillements des principaux officiers de l'empire des Turcs, rendus avec une précision el une vérité surprenantes. » {Précis, n«« 39 et 40, et Catalogue^ n^ 97.) Cette publication eut un grand succès, et les planches de Le Clerc obtinrent les honneurs d'une contrefaçon en Hollande. Ces copies anonymes, quoique un peu lourdes, sont néanmoins fort belles. Le titre reproduit celui qui a été réduit par Noël Cochin pour l'édition in-12 de 1670. Quelques sujets sont réunis sur la même planche, de sorte que le nombre des pièces dont se compose cette suite de copies est inférieur à celui des estampes qui se trouvent dans les éditions originales. Cette Histoire de V empire Ottoman est un trèsbeau livre, comme tous ceux qui sortent des presses de Mabre-Cramoisy. La première édition, in-4", eut un grand succès, et l'éditeur en publia, la même année (1670), une seconde dans le format in-12 Cette édition est, comme la première, ornée de figures de Sébastien Le Clerc ; mais les épreuves en sont moins bonnes, et le frontispice, qui ne pouvait entrer dans le livre, a été copié et réduit par Noël Cochin.