MORPHOGÉNIE EXPÉRIMENTALE
J’ai rangé dans les travaux d’ordre synthétique mes recherches de morphogénieexpérimentale en raison de l’idée qui me les a fait entreprendre.
Dans ma précédente notice, j’ai rendu compte des résultats de mes expériences sur le rôle du muscle temporal dans la morphogénie crânienne (voir n"* 26, 30,31, 34, 36, 42). J'ai repris ces expériences en 1909 avec le D' W. B. Pietkiewicz et en ai vérifié les résultats. Elles ont été souvent répétées soit en Allemagne, soit en Amérique, et les essais des divers auteurs ont toujours conduit à leur complète
Les dents et la Morpliologie crânienne. (Voir n" 137, ISO.)
J'ai déterminé par l’expérience en 1913 le rôle précis de l’absence de dents sur la morphologie crânienne. Pratiquant chez un jeune chien de race pure, à partir de sa naissance l’ablation des dents, au fur et à mesure de leur éruption, j’ai obtenu avec la plus grande précision l’ébauche de tous les caractères qui, dans un même groupe naturel ou dans deux groupes considérés comme voisins, différencient une forme édentée d’une forme dentée^ par exemple un Fourmilier d’un Paresseux, un Pangolin d’un Oryctérope.
Comparé à un individu témoin de la même portée et du même sexe, mon sujet d’expérience présentait en effet à l’âge de 6 mois les caractères suivants ; allongement, rétrécissement et surbaissement du crâne — allongement et recourbement inférieur de la face — disparition de la concavité sous frontale — atrophie de
individus de même composition héréditaire, en d’autres termes et, à peu de choses près, l’espèce toile que la concevait Jordan.
La prétendue loi de progrès continu. (Voir n« 170.)
L’idée d’un progrès continu dans la succession des formes vivantes est à ce point répandue parmi les Biologistes actuels que pour beaucoup d'entre eux le moi évolution est synonyme de marche dans le sens du progrès.
En présence d’une interprétation convenable des faits, la loi de progrès continu ne résiste pas. Il m’a de plus été facile de montrer qu’elle dérive d’une conception métaphysique et mystique, qu'elle est tout aussi étrangère à la Science que les idées de Nœgeli ou d’Eimer sur l’orthogenèse ou que celles de Kobelt sur
L’Empereur Julien, précurseur du transformisme. {Voir n. 182.)
En me permettant de me reporter aux textes originaux ma connaissance de la langue grecque m’a faitdécouvrir dans l’empereur Julien un précurseur du transformisme ; j’ai montré à ce propos comment les doctrines panthéistiques d’une façon générale, et le système de Julien en particulier, original à tant d’égards, pouvaient conduire à une interprétation des faits de la Biologie très voisine, en ce qu’elle a d’essentiel et de fondamental, de celle que propose le Lamarckisme.