‹ Second voyage de Mungo Park dans l'interieur de l'Afrique, pendant l'année 1805 précédé d'une notice historique et biographique sur la mort de ce celébre voyageurChapitre 1 sur 86 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Qüakd il ne fui plus possible de révoquer en doute la mort de Mungo Park , le secrétaire d'Etat pour le département colonial en Angleterre , confia aux directeurs de l'Institution africaine^ les pièces originales relatives à la dernière expédition que ce célèbre voyageur avait tentée en Afrique , en leur accordant la liberté de les publier , s'ils le jugeaient convenable. Les directeurs profitèrent de cette permission; et en i8i5 on fît paraître à Londres , au bénéfice de la famille de Park , un volume in-4“ intitulé ; The Journal of a mission to the interior qf Africa, in theyear i8o5, by Mungo Park, etc. L'éditeur y joignit, peu de temps après, sous le titre di Addenda , quelques particularités venues à sa connaissance depuis l'impression de l’ouvrage.

On donne aujourd’hui du tout une traduction française dont on a cru devoir retrancher ce qui • 11 ’ avait d'intérêt direct que pour les Anglais, et ce qui ne concernait pas spécialement le fameux voya-

Disjjiizsri by CiOOgle

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geur dont la réputation , comme celle de Cook , de La Peyrouse , et de plusieurs autres hommes intrépides et éclairés , s’est étendue dans tous les pays où l’on s'intéresse à l’avancement des sciences et aux progrès des lumières. L’indication sommaire des diverses parties qui tômposent l’ouvrage original , fera connaître en même temps les modifications que l'on a cru devoir apporter dans la traduction , à celles de ces parties qui n’étaient qu’accessoires.

• La Notice sur la vie de Pàtk a été t^digée d’après les documens les plus àiithehllqués. Elle renferme des lettreff*écrites par lui -, h diverses époques , pendant sa seconde et malheureuse expédition. Ces lettres , fort intéressantes , sont le cdrnplément naturel de Son Journal. Cette Notice contient eiicore ^ deux pièces importantes : Un Mémoire ramiS par Mungo Park au département colonial , et les instructions officielles qu’il reçut de lord Cartiden , avant d’aller de nouveau és^yer de résoudre les grandes questions relatives au cours et k l’erabouchure du Niger.

Le Journal de Park , adressé par lui âu secrétaire d’Etat , est , comme le dit trës-bwïf l’éditeur anglais,

• « la simple esquisse d’une relation plus étendue et

« plus détaillée , que IViutcur se proposent de faire « imprimer après son retour en Angleterre. »

Mais cette relafion projetée ne devant , par malheur , jamais paraître , le Journal, monument unique des travaux et des souffrances de Park, devient précieux , malgré ce qu’il doit nécessairement laisser à désirer. Le même éditeur en porte un jugement qui sera sans doute adopté par tes lecteurs impartiaux, et par les nombreux amis que Mungo Park s'est acquis , en formant et en poursuivant avec persévérance un des plus vastes projets de découvertes qui jamais aient honoré l’Europe civilisée. *

M On trouvera, dit l’éditeur , que ce Journal contient sur l’Afrique plusieurs circonstances intéressantes , et jusqu’ici inconnues , et qu'il éclair- . cit et con6rme , sous différens rapports , plusieurs des découvertes importantes consignées dans le premier voyage de M. Park. 11 a les caractères les plus firappans de l'exactitude et de la vérité j peutêtre même (a simplicité des descriptions , et les détails qu’il lenferroe paraîtront-ils , à plusieurs lecteurs , plus propres à donner une idée distincte et positive d’un voyage 011 Afrique , et des difGcultés inhérentes à de telles expéditions, qu’un récit plus (ràvàHIé et plus parfait. » ,

A ce que dit irt l’éditeur, on doit ajouter quelques considérations pour rendre à Mungo Park une « justice entière.

Il serait difficile qu’un Journal de voyage donnât ,

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de celui qui l’a rédigé , une idée plus avantageuse.- Chef d’une expédition difficile , et comme perdu au milieu des contrées barbares , Mungo Park ne perd aucun instant de vue le but qu'il se propose d’atteindre. Nul obstacle ne l’arrête , nul contre-temps ne lui donne la moindre4dée de rétrograder. Chaque ville ou village qu’il rencontre , il«se met en état de continuer sa marche, en joignant la' douceur et la patience à la fermeté. Dès les premiers jours , une partie de ses compagnons succombe à l’intempérie de la saison : les pertes successives qu'il éprouve , celles qu'il est trop fondé à redouter encore, n'allèrent pas un seul instant l’intrépidité de son àme. Partout on le voit secourant les malades , rassemblant, encourageant les traîneurs, veillant même, autant qu’il le peut , sur le sort de ceux qu’il est forcé d’abandonner, par les arrangemens qu'il fait en leur faveur avec les naturels du pays. Lorsqu’enfin, après tant de peines de corps et d’esprit , Mungo Park se voit en état dé s’embarquer sur le Niger, il subordonne toute autre considération à cette idée. A peine lui reste-t-il cinq ou six de ses compagnons, et cependant il ne songe pas plus qu’auparavant h désespérer du succès de sa pénible entreprise. Il s’embarque sans savoir où il pourra parvenir, et certain qu’il ne trouvera guère sur les deux rives du fleuve que des ennemis féroces , avides de se par-

tager ses dépouilles. Bientôt enfin il succombe ^ comme sans doute il s’y était plus d’une fois attendu ; mais il ne s’est pas, un seul instant, écarté des instructions qu’il a reçues. Réussir était sa principale , sa seule pensée; il a compté sa vie pour rien. Cette conduite soutenue , invariable , jette sur son caractère le plus grand éclat. On doit lui assurer un rang * .

très-distingué parmi les voyageurs célèbres de tous les temps et de tous les pays.

Quand on eut trop sujet de craindre que Park n’ait succombé dans son audacieuse tentative de suivre le cours du Niger , on envgya un Africain appelé Jsaac, prendre des renseignemens sur son Compte. Cet homme avait servi de guide à l’infortuné voyageur, depuis la Gambie jusqu’à Sansanding, ville située sur le bord du Niger , dans le pays de Bambarra. Personne n'était donc plus que lui capable de remplir cette mission. Son Journal , écrit en arabe, fut traduit en anglais , au Sénégal , et envoyé à Londres par M. Maxwell , gouverneur de cette colonie.

L’éditeur pense que ce Journal contient des détails d’une grande sécheresse, et que le seul fait vraiment intéressant est celui de la mort de Park , rapportée àlsaac, par Amadi-Fatouma, autre guide africain pris par le voyageur anglais pour le conduire en descendant le Niger , de Sansanding à la frontière

du royaume d’Haoussa. Cependant cet éditeur n'en a pas moins donné en entier les deux Journaux.

traducteur , partageant jusqu’à un certain de-? gré son opinion à l’égard du Journal d'isaac, a cru , par cette raison même , ne pas devoir suivre son exemple. On n’a donc ici qu’un extrait de cette relation , dans lequel on s’est attaché à conserver , I® tout ce qui était relatif à Mungo Parkj a® quelques faits qui tiennent à la peinture des mœurs; car la relation djsaac offre quelquefois, sous ce dernier rapport , des remarques intéressantes ; mais il fallait nécessairement l’abréger.

{je Journal d’Amadi-Fatoumaest traduit en entier, parce que le récit succinct de ce second guide de Mungo Park, contient les seuls documens authentiques obtenus jusqu’à ce jour relativement à son sort , depuis son départ de Sansanding.

Quant aux notes et à \ Addenda de l’éditeur anglais , on n’y a guère pris que quelques particularités sur Mungo Park , dont la place était naturellement dans le texte de la Notice sur sa vie. Les nombreuses discussions auxquelles se livre l'éditeur anglais , pour contredire ou appuyer les conjectures de Park , touchant les principaux points qu'il se proposait d'éclaircir , ont paru assez superflues , après toutes qu'on lit là-dessus tant dans le Journal de Park, que dans la notice sur sa vie. Tout est dit

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maintenant de part et d'autre sur cette matière. Les faits seuls peuvent fixer l’opinion; et il ne s'agit plus que d’attendre les résultats dea deux expéditions parties d’Angleterre, l'une pour remonter la rivière de Congo , l’autre pour descendre le Niger. Puissent-elles avoir un plus heureux succès que celle de Fark ! Sa gloire n’en souflGrira pas , car il demeurera toujours constant que, comme tous ceux qui font les premiers pas dans une vaste carrière , ses observations , ses travaux , seâ succès , et jusqu’à ses fautes et ses désastres , auront été essentiellement utiles à ses courageux successeurs.*

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