‹ Second voyage de Mungo Park dans l'interieur de l'Afrique, pendant l'année 1805 précédé d'une notice historique et biographique sur la mort de ce celébre voyageurChapitre 12 sur 86 · XXVIII · texte numérisé non relu

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Mais le mérite essentiel de ce livre, celui qui a valu au nom de son snteur une célé- * brité incontestable , résulte des notions authen-rtiques et importantes qu’il renferme. Examiné sous ce point de vue, il doit sans difficulté être considéré comme le plus grand présent qu’un voyageur isolé ait jamais fait à la science géo-graphique. Le droit de ParK à cette distinction , deviendra évident par un rapide coup>d’œil sur ses découvertes.

Parmi la grande variété de faits relatifs à l’intérieur de l’Afrique , et non encore connus ou du moins non encore vérifiés , les plus in^ tércssans sont , sans nul doute , cegiix qui ont . rapport au Niger, grand fleuve sUué au milieu des terres , à son existence , comme rivière distincte et séparée , et à son cours de l’ouest à l’est. Ces faits fournissent une confirmatiorii remarquable de ce ;qui a été dit sur ce fleuve par Hérodote et les anciens écrivains. Les géo-> graphes du moyen âge les avaient combattus ;

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ils assuraient, et il semblait en effet plus proba* ble , que le cours de cette rivière était de l’est à l’ouest. En conséquence , ce dernier sentimént a été suivi par la plus grande partie des modernes; à l’exception toutefois de quelquesuns des géographes les plus distingués de ccs derniers témps , et en particulier de d’Anville et du major Rennell , qui ont mis en question la doctrine alors dominante , et donné de fortes raisons pour adhérer à l’ancienne opinion. Cependant , à l’époque du voyage de Parh , on ne pouvait considérer leur idée que comme une conjecture raisonnable , jusqu’à ce que le fait fût démontré par le témoignage irrécusable d’un témoin oculaire.

Relativement au Niger, une autre circonstance importante, et jusqu’alors peu connue, mais pleinement établie par Mungo Park , est la vaste étendue deipe fleuve ; fait extraordinaire, vu sa situation et son couys au milieu des terres , et qui a conduit , comme on le verra dans la

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suile , à plusieurs conjectures intéressantes sut* le cours et lembouchure de celte rivière.

Outre ces découvertes relatives à l’état phj-* sique de l’Afrique , Park en a- fait d’autres , presque aussi importantes , dans ce qu’on peut appeler sa Géographie morale; savoir : Les dis-* positions douces et aimables des Nègres , habitans de l’intérieur du pays , et qui forment un contraste avec l’intolérance et la brutale férocité des Maures ; l’existence de villes grandes et populeuses au cœur de l’Afrique ; et un plus haut point de perfection , une civilisation supérieure qui distinguent lés Africains de l’intérieur d’avec ceux qui habitent les contrées voisines de la c6te.-

On peut ajouter à tout ceci, que l’ouvrage en question contient plusieurs détails intéressans. et jusqu’alors inconnus, concernant l’aspect du pays , son sol , ses productifns , la condition de ses habitans 'y leurs principales occupations, leurs moeurs et leurs usages. Les anecdotes qui

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y sont semées, font connaître le caractère elles disposilions des nègres à quelque distance de la côte, et hors de l’influence du trafic des esclaves : elles sont très-touchantes et pleines d’intérêt.

Les difficultés et les dangers éprouvés par l’auteur lorsqu’il traversait ce continent inconnu, . la réunion si rare de la prudence, du sang-froid et de la persévérance , avec la plus vive ardeur et l’espritle plus entreprenant qui distinguèrent sa conduite dans les situations les plus critiques, augmentent de beaucoup la valeur des récits de Mungo Park. 11 paraît avoir principalement réussi dans cette partie importante, mais difficile , de son ouvrage. Sa manière naturelle et

sans affectation de décrire des travaux et des ' ' souffrances qui surpassent presque les fictions des romans, porte dans l’esprit de tous les lecteurs le sentiment et la conviction de la vérité; et elle excite des émotions plus profondes et plus puissantes que souvent l’on n’en a pro-^

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düil par des ouvrages de pufe Imagination i Après avoir donné à Mungo Park ces éloges bien mérités , il est pénible de se voir dans la nécessité de parler de deux circonstances défavorables à sa mémoire , et liées avec l’iiisloire de cette publication. Ce sont, d’abord , l’opinion qui a prévalu que Park était partisan de la cause de l’esclavage, et ennemi de l’abolition de la traite des nègres ; ensuite le sentiment non moins répandu , que les voyages dont il se déclarait l’auteur, avaient été composés non par lui même, mais en très-grande partie par M. Biyan Edwards. Celui qui écrit cette notice désirerait naturellement éviter ces sujets personnels et odieux; mais ils sont trop intimement liés avec les principales circonstances de la vie de Mungo Park , pour que l’on puisse passer outre, sans les examiner avec une attention particulière. Dans ce dessein , il sera nécessaire

de retracer, plus distinctement qu’on ne l’a en-

core fait , la liaison de Park et de M. Bryan

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Edwards, qui fut la principale cause des opinions dont on vient de parler.

M. Edwardis était un homme respectable ,

' plein d'intelligence, possédant des connaissances littéraires assez étendues, et conni#comme auteur de XHisloir^ des colonies anglaises dans les Indes occidentales. Possédant une propriété à la Jamaïque, il résida plusieurs années dan» cette île, en qualité de planteur. Pendant ce temps, il fut un membre éloquent et distingué de l'assemblée, ou législature provinciale dti pays. Vers l’an 17^, lorsque la question de la traite des esclaves occupait depuis plusieurs années l’attention du parlement et du public anglais, il quitta les Indes occidentales, et vint en Angleterre , où il fixa sa résidence pour le reste de sa vie. Peu de temps après il fut nommé à la

chambre des communes, où iis’étabUt le caractère d'un homme actif, et se mit en avant dans * toutes les occasions, comme l’avocat des planteurs et le soutien de ce que l’on appellé les in-

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