‹ Sécrétion Rénale et Tension SuperficielleChapitre 16 sur 69 · CONDITIONS D’EXPERIENCE · texte numérisé non relu

CONDITIONS D’EXPERIENCE

Nous avons opéré sur des chiens, dont le poids était compris entre 17 et 33 kilos, anesthésiés au chloralose (10 cgr. par kilog). Les substances à étudier étaient injectées lentement dans la veine saphène (excepté pour le chien 12 : injection dans l’artère rénale droite).

La tension artérielle était prise à la fémorale ; le rein gauche étant placé dans un oncographe relié à une capsule de Marey. La tension artérielle et le volume du rein étaient inscrits sur un cylindre enregistreur.

Chez 18 chiens (sur 22) la diurèse a- été contrôlée. A cet effet une sonde, en verre ou en métal, était introduite dans l’uretère droit, près de son abouchement dans la vessie. L’urine s’écoulait goutte à goutte, soit dans la cupule d’un rhéographe relié à une capsule &ont le style inscrivait le nombre de gouttes sur le cylindre enregistreur (4 cas), soit dans une burette graduée en 1/10 de cc. (14 cas).

ER Ph

Avant toute injection du corps à étudier, les animaux étaient observés assez longtemps pour vérifier l’uniformité du débit urinaire.

Pour la mesure de la diurèse nous avons utilisé concurremment le rhéographe et la volumétrie. Il est instructif en effet de comparer ces deux méthodes :

1° Le rhéographe est plus sensible, il permet de se rendre compte du début exact de la diurèse, et de percevoir des modifications de très courte durée qui risqueraient de passer inaperçues avec l’autre mode d'exploration. Mais (étant donné l’étendue restreinte du cylindre) cette méthode se prête mal aux observations prolongées. De plus on peut lui objecter que l'augmentation du nombre des gouttes d’urine tient, non à un accroissement de la diurèse, mais à une diminution de la T. S. de l’urine, à la suite des injections tensio-négatives. En fait, la volumétrie montre qu’il s’agit bien là d’une véritable augmentation de la diurèse.

2° La volumétrie, bien que moins sensible (du moins telle que nous l’avons pratiquée : nous notions toutes les 5 minutes le niveau de l’urine dans la burette graduée), nous a permis de contrôler les résultats du rhéographe et de faire de longues observations (3 à 5 heures sans interruption).

Dans de nombreux cas nous avons recherché par les réactions chimiques et l’examen microscopique la présence de substances anormales dans les urines (hématies, cylindres, réaction de Meyer).

Enfin, après le sacrifice de l’animal, les reins étaient

DELAMARE

extirpés et examinés (ainsi du reste que les autres viscères).

La tension superficielle a été mesurée sur du sang artériel issu de la fémorale, et fluoré. L’examen était pratiqué aussitôt après le prélèvement. Les résultats sont notés à chaque protocole d’expérience. Dans quelques cas, malgré l'addition de lanticoagulant, l'existence de filaments ou la prise en gelée du sang nous ont empêché de mesurer la T. S. statique au bout de 24 heures. Nous n’avons tenu compte que des résultats indiscutablement nets. La ‘T. S. était mesurée avant toute injection, 5 minutes après l’introduction d’un corps tensio-négatif, et ensuite aussi souvent que les circonstances le nécessitaient.

Nous avons étudié l’action sur le volume du rein des corps suivants : octanol, linalol, géraniol, citronellol, rhodinol, alcool éthylique, oléate de soude, cholalate, taurocholate, glycocholate de soude, sérum physiologique. Sauf pour le rhodinol, la diurèse a également été observée par l’un des deux procédés décrits.

C’est surtout, étant donné ses applications cliniques possibles, à l’alcool octylique que nous nous sommes adressé. Nous l’avons injecté :

— en solution aqueuse : 1 à 2 cc. par kg. d’animal;

— en solution alcoolique à 10 %, à 33 % : aux

mêmes doses ;

— pur, 1/20, à 1/30 de cc. par kg.

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