DES ARTS ST HBTIEU
année k une valeur de plus de Soo^ooo fr. A cette époque, HM. Rouy et Berthier imaginèrent un moyen extrêmement ingénieux , d'après lequel ils parvinrent à fabriquer des dés d'une perfection et d'une solidité inconnues jusqu'alors. Ces dés, en acier trempé d'une seule pièce et sans soudure 9 doublés en or avec un cercle en or guilloohé , ne coûtent que a fr. la pièce ; des dés semblables y doublés en argent et polis, coûtent 6 fr. la douzaine.
Voici le procédé qu'ils emploient : Dans une tôle de fer de demi-ligne d'épaisseur, ils coupent des bandes d'une largeur suffisante pour la grandeur des dés qu'ils veulent faire ; ils passent ces bandes sous un découpoir qui forme une suite de ronds d'environ deux pouces de diamètre, qui tiennent ensemble par une petite queue qui les unit les uns aux autres. Chaque bande contient douze de ces ronds. «
Un enfant fait rougir la tôle, il la présente à l'ouvrier, sur un mandrin qui reçoit le cercle de fer assez exactement; l'ouvrier, avec un poinçon gros comme le bout du doigt, frappe sur le milieu et l'emboutit dans un trou pratiqué dans le milieu du mandrin, et de suite il le porte sur un autre mandrin qui a cinq trous dont l'enfoncement va toujours croissant, et, avec le même poinçon, il donne la forme au dé; il coupe celui-là et passe au second, et ainsi de suite.
Un second ouvrier le prend, le met sur le tour, le polit intérieurement, le tourne à l'extérieur, y pratique la place pour mettre la virole d'or , et marque les petits trous qui doivent servir à pousser la tête de l'aiguille. Pour cela l'ouvrier a une petite roulette montée sur une chape et taillée conmie une ma-^
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lette portant des petites pointes égalenient espacées; ces deux roulettes ont le même nombre de dents. £o appuyant sur le dé , il fait d'abord deux rangs de trous ; ensuite, mettant l'une des roulettes eo dehors, et l'autre dans les trous dé)à pratiqués à la seconde rangée ^ il en fait une troisième y et ainsi de suite , tant que le dé présente un&' forme un peu conique; mais lorsqu'il arrive près de la calotte , il prend une seconde roulette formée de deux molettes ^ dont une a une dent de moins que l'autre ^ et est un peu plus petite ; les dents de la grande entrent dans Içs trous déjà faits , et l'autre qu'il incline forme un moins grand nombre de trous , cependant également espacés , parce qu'elle agit sur un cercle plus petit. Ces trous sont faits dans un clin d*c&il^ et avec une régularité extrême.
Les dés amenés à ce point, on les cémente^ on les trempe , on les revient au bleu après les avoir décapés, et on les termine. On les adoucit intérieurement, et on les double d'or, c'est-à-dire qu'on introduit dans chacun ua petit dé d'or extrêmement mince qui ne peut pas entrer jusqu'au fond; avec un mandrin d'acier poli on l'y force , et il tient comme s'il était soudé. On donne un petit coup de tour à l'endroit où doit être placé l'anneau, le fond est tourné en queue d'aronde de chaque côté ; l'anneau est préj are : c'est une bande d'or mince qu'on fait entrer juste dans la rainure , on en rapproche les deux bouts et sans soudure ; alors on prend une molette gravée , on la passe en appuyant fortement sur la bande d'or contournée en anneau: la pression élargit la bande , qui se loge dans la queue
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d'aronde ; la gravure cache la jointure , et il est impossible de la reconnaître. On polit la surface du dé 9 et on le revient gros bleu. Alors il est prêt à livrer au conimerce.