CONCLUSIONS
1° La « section latérale du pubis », encore appelée «opération de Gigli », «pubiotomie », « hébotomie », est une opération qui a pour but d'élargir momentanément le bassin en sectionnant la ceinture pelvienne sur un côté de la symphyse: c'est une ostéotomie juxta-symphysienne.
2 Tentée autrefois par différents opérateurs Aitken (1555), Champion de Bar-le-Duc (1821), Stolz (1844), elle aboutit toujours à l’insuccès par défaut de méthode et manque d’instrumentation ; en 1894, M. Gigli donne une technique de cette opération et invente la scie-fil: depuis ce temps, elle est couronnée de succès.
3 Elle peut être pratiquée à « ciel ouvert » ou par la voie sous-cutanée, à la façon de Doœderlein ; la section osseuse peut être oblique de haut en bas et de dedans en dehors, partant de la symphyse pour aboutir au tubercule sous-pubien (incision de Gigli): ou bien, être oblique de haut en bas et de dehors en dedans, partant de l’épine du pubis pour aboutir au tubercule sous-pubien (incision de Van de Velde).
4 À notre avis, on droit préférer une incision intermédiaire, semblable à celle de M. Calderini, pratiquée par voie sous-culanée.
9° Les résultats de cette opération sont excellents ; on peut obtenir un écart de 6 à 5 centimètres entre les fragments sans crainte d'accidents. On a pu opé-
rer des bassins rétrécis à diamètre promonto-pubien minimum de 6 centimètres à 6 cm. 5 avec un succès éclatant ; la limite de rétrécissement nous paraît cependant être de 6 cm. 55, comme pour la symphyséotomie.
6° Les accidents de l’opération sont minimes et ne troublent en rien les fonctions de l'organisme : hémorragies légères, déchirures des parties molles rares et bénignes, pas de troubles urinaires, fonction locomotrice sans entrave.
7° Enfin la « section latérale du pubis » présente de nombreux avantages sur la symphyséotomie :
a) Elle est plus facile ;
b) Elle présente plus de sécurité ;
c) La consolidation est plus rapide ;
d) Le cal osseux est plus solide que la réparation fibreuse de la symphyse ;
e) Les dangers d'infection sont moindres ;
f) Les résultats immédiats et tardifs sont plus favorables ;
g) Enfin la mortalité est moins élevée ; la dernière statistique de la symphyséotomie donne une mortalité moyenne de 6,791 0/0, tandis que notre statistique de la pubiotomie basée sur 114 interventions, donne’ une mortalité moyenne de 1,75 0/0.
Vu: le Président de la thèse :
BUDIN
Vu : le Doyen, DEBOVE
Yu ot pormis d'imprimer:
Lo Vice-Recteur de l'Académie de Paris,
LIARD Voguet