‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 131 sur 138 · BIOGRAPHIE DE SE6RAIS · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE DE SE6RAIS

Page 7) note (a^.'^VAihena Normannorum mentionne une l*«édit. de VAthis en 1651, avec une courte préface en l'honneur de sa ville natale.

Page 10, note (a). *— La Biogr, vniv. de Feller (1849) confond Segraia avec Tun de ses frères , quand elle dit que le poëte avait la chantrerie collégiale de Mortain. Elle donne encore à notre auteur le titre d'aumônier ordinaire de Mademoiselle, mais sans plus de fondement. ,

Page 19, note (a). — Guy Patin , ami de Gassendi , Ait un de ses meurtriers. Quelques années plus tard, 1658, Sorbière , dans la préface latine qu'il mit aux œuvres de Gassendi, se permit de médire de la saignée. Il faut voir, dans les lettres de G. Patin, comme le fougueux médecin, blessé au vif, répond à cet outrage. Il traite Sorbière de sot, de veau, fat, ignorant, impertinent avorton, menteur, apostat. Il ajoute, il est vrai : « Sed sinamua istum nebulonem.,.. Je lui pardonne tout ce qu'il a dit.*., ma conscience me vaut mille témoins. J'ai fait ce que j'ai pu et ce que j'ai dû à M. Gassendi.... »

Page 19, note (6). — Ch. Perrault (Hommes illustres^ t. I, p. 171) reproche à Molière d'avoir tourné en ridicule les médecins, c que l'Écriture même nous enjoint d'honorer. » Cb. Perrault avait un frère, Claude Perrault, qui fut médecin avant d'être l'architecte de la colonnade du Louvre.

Page 38, note (a).— ie ne comprends pas que M . de Barthélémy attribue cet hymne-portrait à M. de Sourdis (M. D. S. les initiales l'ont trompé). Il sufBt de le lire pour être convaincu quMl est dé la main de

Segrais. Le poète y parle de Malherbe, son compatriote, de Caen, sa patrie, où il désire finir ses jours. — Je ne connais pas de portrait de Segrais ; il faut chercher le sien dans ses poésies légères. Mademoiselle a fait ceux de Guilioire, de Brais, ses officiers. Il est regrettable qu'elle ait oublié son poè'te.

Page 38, note (5). — Sur ce point, les assertions du Segrai$iana (édit. de 1755, p. 115) sont évidemment inexactes, c J'ai aussi fait imprimer avec M. *** un recueil de 100 portraits de différentes personnes. Il y en a bien 40 de la composition de Mademoiselle ; on n'en a tiré que 30 exemplaires. » Voilà ce qu'on fait dire à Segrais. Or, le catalogue de la Bibliothèque impémle accuse 60 exemplaires de cette édition princeps. — J'ai vu ces beaux in-4o, reliés aux armes de Mademoiselle ou quelquefois à celles de Huet (Huet est le personnage désigné par les trois étoiles). Ils renferment en tout 59 portraits , dont 16 de la main de la princesse.

Page 38, note (c).— L'édition princeps (iq-4<»] des Divers portraits fat imprimée à Caen (sans nom d'imprimeur). Huet, alors à Caen (1659), surveilla particulièrement l'impression. Segrais avait revu les Partraits et écrit la préface ou épttre liminaire. Selon le Segraisiana (p. 115), le poëte et Huet assistèrent ensemble au tirage des feuilles.

Page 41, note (a).— Mademoiselle dit, dans ses If^motras, que Préfontaine les recopiait à mesure qu'elle les écrivait. Segrais n'a jamais retouché les Mémoires de Mademoiselle, comme certmns éditeurs le prétendent. A défaut de Segrais, ces derniers se sont parfois chargés de ce soin, et Dieu sait comment. (Cf. la préf. de l'édit. des Mém. par M. Cbéruel.)

Page 54, note (a). — c Si l'ami Segrais est à Paris, comme vous me le mandez , j'ai grand sujet de me plaindre de lui, de ce qu'il ne me l'a point fait savoir; mais je ne crois pas qu'il y soit, et il y a grande apparence qu'il n'y sera pas même de sit6t,*M. de Gesvres, capitaine des gardes-dti-corps, ayant été avant-hier au devant de Mademoiselle jusqu'à Pontoise, pour lui faire commandement, de la part du roi, ou de demeurer là ou de s'en retourner à Eu. On ne sait pas bien encore le sujet qu'on a à la cour de se plaindre d'elle et de la traiter ainsi. Quelques-uns croient que c'est à cause de la lettre au chevalier de Charni ; les autres , à cause des mariages de ses deux sœurs qu'elle veut traverser. > (Ménage à Huet, 18 octobre 1661. Biblioth. imp., S. F. 5273.)

Page 55, note (a). — Plus que toute autre, Mme de la Fayette s'en fàt bien gardée. En novembre 1662, elle écrivait à Huet : c .... Les cœurs de campagne brûlent à bien plus grand feu que ceux de la cour ; et il me senible même que ceux de la cour brûlent mieux à la campagne qu'à Paris. Ce pauvre Segrais aura tout loisir de brûler à Saint-Far-

geau; il De lai manquera que du feu. Mais je ne croîs pad qu'il en puisse trouver là pour allumer une allumette. Toutes les lettres que je lui ai écrites en Normandie ont été perdues. Depuis qu'il est à Saint- Fargeau, notre commerce est rétabli. » (Biblioth. imp., S. F. 5272.)

Page 56, note (a). — Corneille et son Umps^ p. 358. — Ménage appréciait la démarche de le Fèvre tout autrement que Chapelain, c Le Lucrèce de Taneguillus Faber est ici publié. 11 Ta dédié à M. Pélisson. Cette action me parait de fort bon exemple, et je ne puis vous dire combien j'en aime, davantage M. le Fèvre. » (Lettre à Huet, du 9 oc» tobre 1661. Biblioth. imp., S. F. 5273.)

Page 57, note (a). — Segrais dit avoir été cause que le maréchal a laissé des Mémoires. Ce fut encore une occasion pour l'académicien de pratiquer son art de correcteur des écrits d'autrui. {Seg, 122.)

Page 60, note (a). Sey.— 56. Leduc de Longueville envoie deux cents pistoles à Segrais, après sa disgrâce {Seg. 79). Le poète dit que la cause de cette disgrâce ne fut pas d'avoir dissuadé Mademoiselle de se marier avec Lauzun. En effet , Segrais n'avait pas cherché à l'en détourner; mais une fois le mariage rompu, il aurait voulu qu'elle ne le reçût pas familièrement. C'était dans ce dessein qu'il était allé chez l'archevêque de Paris. On lit dans les Mémoires de Mademoiselle ; c J'envoyai le mardi au matin Segrais, qui était au désespoir, mais qui n'en faisait pas semblant, dire à Mme d'Épernon la résolution que j'avais prise. » (Mén.y W, p. 229.) Et plus loin , après le refus du roi de consentir à son mariage avec Lauzun, elle ajoute : a Segrais redoublait son espérance pour M. de Longueville. » {Mém,^ IV, p. 258.)

Page 60, note (6). — Segrais quitta le service de Mademoiselle en Mars 1671, et non pas en 1672, comme le dit à tort Huet. Le mariage de la princesse, décidé le lundi 15 décembre 1670, fut rompu le jeudi 18. Comment supposer que le poëte reste encore un an au Luxembourg, quand Lauzun est mis à la Bastille en 1671 ?

Page 64, note (a). — c Je vous avais bien donné une princesse de Montpensier pour Âraminthe (Mlle de Pleneville, sœur de Huet) ; mais je ne vous l'avais pas remise pour la lui donner comme une de mes œuvres. Elle croira que je suis un vrai auteur de profession, de donner comme cela mes livres. Je vous prie, raccommodez un peu ce que cette Imaginative pourrait avoir gâté à l'opinion que je souhaite qu'elle ait de moi. > (Lettre de Mme de la Fayette à Huet, octobre 1661. Mss. de la Biblioth. imp.)

Page 79, note(a). — Ruedei'Engannerie, n» 7. Segrais n'avait mis dans la salle de son académie que des portraits d'hommes de lettres, à l'exception de Montausier, gouverneur de la province, et du fameux abbé de la Calotte, l'abbé de Saint-Martin, t J'y ai mis aussi ce petit baste de M! de Saint-Martin, avec son chapeau tel qu'il le portait.

pour marier le plaisant avec le sérieux, t (Cf. le SegraiHana^ p. 13, où Ton trouve la liste des autres portraits.) Outre cette galerie d'hommes de lettres , Segrais en avait composé une des portraits de 27 personnages illustres qu'il avait connus à Paris ou à la cour.

Page 80, note (a). —Cette statue était haute d'environ six pieds. On la voyait encore, en 1677, à la façade de la maison. Elle est aujourd'hui dans un bosquet du Jardin des plantes de Caen. Serais était Tallié éloigné de Malherbe. (Seg,, p. 44). En 1616, le père de notre poëte eut un fils, Louis, qui fut nommé par noble homme Marc de la Ménardière, et damoiselle Marie Gosselin, femme de André de Malherbe, écuyer, sieur des Portes. Cette Marie Gosselin, femme d'un Malherbe, était sans doute parente du p^e de Segrais. Devant les fonts baptismaux, elle représente le père dni nouveau-rié, comme Marc de la Ménardière représente la mère. (Colombe de la Ménardière.) C'est donc par elle que Segrais est l'allié de Malherbe.

Page 85y note (a).— Les Palinods mêmes prêtaient quelquefois aux couplets malicieux. Voici le texte d'une pièce latine qui eut une mention honorable en 1683 : ce Die 26 novembris ultimi, spissis umbris et nubibus totum agrum Cadomensem undecunque tegentibus, sola R. R, P. P. Capucinorum sylva innubis, et ctarius a sole illuminata fulgebat. »

Page 87, note (a). — On lit dans V Histoire du siècle de Louis XIV , t. III, liv. Vill, p. 198 : A son retour à Paris, Fraguier « fut reçu avec plaisir dans les meilleures compagnies. Deux personnes qui tenaient un rang distingué parmi les beaux esprits , Mme la comtesse de la Fayette et la célèbre Ninon de l'Enclos, se chargèrent du soin de le former, et il profita si bien de leurs leçons, que, poli par le commerce de ces deux Muses, il se fit un style élégant, châtié, mais qui ne tenait nen de l'affectation. » C'était assurément Segrais qui, de Caen, l'avait recommandé à son amie.

Page 95, note (a). — Dissertations sur diverses matières de religion et de philologie^ recueillies par l'abbé de Tilladet (2« vol.). — L'opinion de Segrais, si paradoxale, méritait d'être soutenue par le P. Hardouin, et elle le fut. Huet, piqué de la façon méprisante dont Hardouin parlait do son sentiment, lui répliqua par une dissertation aussi divertissante que solide. (Cf. DesmoletSj t. X, p. 147 et sq.)

Page 100, note (a). — Il avait peut-être eu Segrais lui-même pour compétiteur, c Je vous assure que j'ai une joie très-sensible du choix que le roi a fait de vous.... Je dois dire, à la louange de M. de Segrais, et pour lui rendre la justice qui lui est due, que le monde l'ayant nommé pour cette place, et même ayant, je crois, été proposé , il a fait pour vous, en ce qu'il a pu, tout ce qu'un véritable ami pouvait faire, et qu'il a loué les qualités de votre âme et de votre e&prit autant

qu'elles le méritent.... Je suis à la campagne il y a quinze jours. Je crois que je débaucherai M. de Serrais pour y venir faire un petit tour avec moi. Adieu, j'espère que les honneurs ne changeront pas les mœurs et que vous aurez toujours de Tamitié pour moi. » (Lettre de Mme de la Fayette à Huet, 19 septembre 1670. Biblioth. imp., 8. F. 6272.)

Page 101, note(a).— Huet n'aimait pas les Gaennais,etle8Csennais le lui rendaient bien, « Il me revient tous les jours des discours malins contre ma conduite. Mais je sais pratiquer, il y a longtemps, la sage ma]^ime : c Fais bien et laisse diref » particulièrement à l'égard des langues de Caen , dont j'ai senti le venin dès mon enfance, et que j'ai toujours méprisées. » (Lettre d'Aunay, 20 septembre 1702.) ÂiU leurs il fait allusion au reproche qu'on lui avait adressé d'avoir rappelé les dissipations du père de Segrais, et, à ce propos, il marque la différence de l'histoire et du panégyrique. [1 est plus malaisé, dit-il, de distinguer et pratiquer les règles de ces deux genres, que de passer son temps à c manger des soles au soleil, » Le passage des Origines de Caen, relatif à Desiveteaux, avait aussi fort irrité la famille du poëte à Caen. Huet prie le P. Martin de faire bien entendre à ces Desiveteaux qu'ils n'ont pas compris ses paroles. Lui-même déclare ne pas ajouter foi à la fable de Desiveteaux berger , auprès de sa belle, joueuse de harpe. Le cardinal d' Entrées, qui avait fort connu Desiveteaux, avait désabusé le prélat au sujet de ce travestissement bucolique. (Lettres du 27 septembre 1702 et du 27 juillet 1703.)

Page 102, note (a). ^ Huet n'a pas ménagé Despréaux dans ses Jf^ moires, tf L'évéque s'était vengé, dans sa propre vie, du grand satirique qui était mort. )» (Cf. Journal de Paris de Mathieu Marais, 1721, et Étude de l'abbé Flottes sur Huet, p. 35 et sq.)

Page 102, note (6).-* Cette lettre de Conrart est pleine de dignité et fort belle. On la trouvera dans le 2« tome de la Correspondance inédite de Huet. (Biblioth. imp., S. F. 5273.)

Page 104, note (a). — Segrais avait fait en vers français une épigraphe qui fut gravée sur le piédestal, (Cf. VAthena Normannortm.)

Page 109, note (a). '^ Quand on en eut fini avec les cinq bassins de viande, l'abbé de Saint-Martin cria : c Où est la pâtisserie? » La par tisserie vint à pleines corbeilles. Le colonel et le commissaire du régiment vinrent assister à la fête. M. de Saint-Martin, les voyant arriver^ demanda aux mandarins, par Tinterprèle, si l'on devait donner le fauteuil à M. le colonel. Les mandarins, après s'être consultés, répondirent que cela se pouvait. M. de Saint-Martin, apercevant aussi le commissaire, s'écria : c £t le commissaire? » L'interprète branla la tête avec une sorte de chagrin, ce que M. de Saint-Martin prit pour une négative, et il dit d'un ton impérieux : « Point de fauteuil au commis-

sairel » Ce galant homme dit fort hamblement qu'il n'avait jamais pré^ tendu à un honneur qu'il savait bien ne pas lui être dû.

Page 109,^note (6). — La correspondance de l'abbé de Saint-Martin est quelquefois assez divertissante, sans que l'auteur paraisse s'en douter. Voici comment il finit une lettre à un M. du Petitpas, dont la fille avait été demandée en mariage. L'abbé engage ce père à imposer sans plus de façon sa volonté à la demoiselle : c II ne tiendra qu'à vous de lui ordonner ce que vous voulez qu'elle fasse. Car je dirai, par votre permission, que la plupart des femmes ne savent ce qui leur est propre et n'ont point de lumières, ou du moins elles sont fort défectueuses ; et comme dit le jurisconsulte : feminse plerumqw (tàversus propria commoda labore dignoscuntur. Si vous n'avez pas d'égard à ce que je vous dis, je me consolerai de ces paroles : Qui volunt^ deeipiarUur^ et je ne laisserai pas d'être docteur en théologie romaine. » (Mss. de la Bibliotb. Imp. F. F. 2117.)

Page 111, note (a). — En juillet 1690, il s'y rencontra avec le roi Jacques. Après le repas, c le prince passa dans un grand et beau salon, où toute sa cour le suivit. M. de Segrais l'entretint de choses agréables et de l'Académie des sciences de Londres, sur lesquelles le roi parla en homme qui connaissait et aimait les sciences. » (Mém, de Foucault.)

Page 111, note (6). — Je n'ai pu découvrir aucune de ces lettres, non plus que celles de Mlle de Scudéry (Seg., p. 3^) ou d'Arnaud d'Andilly. (Seg.y p. 144.) Celles de Segrais à M. de Vaux (Seg.^ p. 138) ont été brûlées à mesure par son maladroit correspondant. M. Foucault avait fait un recueil de lettres adressées à Segrais. (Trésor de littéraLy 1741, p. 275.) Qu'est devenu ce recueil ? Je n'en ai pas retrouvé la trace. Il n'y a pas d'autographe de Segrais dans la plus riche collection de ce genre, celle de la Jariette, c Ce mercredi au soir. Si M. Huet et vous n'avez rien de meilleur à faire, venez demain diner avec moi. Je vous donnerai de bons perdreaux et vous ferai voir , l'après-dinée, Texpérience du feu artificiel dont on se chauffe tout le jour pour deux sols. » (Billet de Mme de la Fayette à Segrais.) Segrais le renvoya à Huet avec ce post-scriptum : c J'ai répondu pour vous et pour moi. Trouvez-vous pour midi chez elle, ou me prenez en passant dans l'antichambre de MadenK)iselle. » (Biblioth. imp., S. F. 5272.) Il est à remarquer que parmi plus de trois mille lettres originales mêlées aux manuscrits de Huet, on n'a retrouvé d'écriture autographe de Segrais que ces deux lignes ajoutées au billet de Mme de la Fayette, et la lettre à Huet sur le deux cent quatre-vingt-septième vers du quatrième livre des Géor^ giques. Cette pénurie est d'autant plus surprenante que, d'après le journal de Huet, Tévéque d'Avranches avait écrit plus de cinq cents lettres à Segrais. {Note du mss.)

Page 112, note (a). —Segrais, mort sans postérité, et dernier rejeton de sa famille, avait remis son (estairient entre les mains de M. FoucauU.

Il léguait trois mille livres aux Oratoriens de Gaen, pour les aider à construire une église.

Page 1