PORTRAITS. — SEGRAIS AMBASSADEUR
Rentré à Paris (avril 1657), Segrais alla loger avec Mademoiselle au Luxembourg, et ne tarda pas à se voir mêlé aux fêtes royales, comme avant 1653. Ce n'est pas que sa protectrice en eût été privée pendant son exil. Si elle n'avait point paru aux Tuileries, elle avait quelquefois partagé ailleurs les divertissements de la cour. En 1655, on la trouve avec son gentilhomme à Fontainebleau. Une anecdote du Segraisiana l'atteste. Un jour, au sortir de la comédie où avaient assisté le roi, alors âgé de dix-sept ans, et son frère le duc d'Anjou, Segrais suivait d'assez près les deux princes pour entendre leur entretien. Le duc d'Anjou demanda au jeune Louis XIV ce qu'il pensait de la comédie ; tout le monde l'avait trouvée admirable. « Mon frère, répliqua le roi, ne savez-vous pas que je ne juge jamais de ce que je ne sais pas? » Segrais nota la réponse, et plus tard il la rappelait volontiers aux jeunes gens trop prompts aux jugements téméraires. L'année suivante (1656), Mademoiselle alla visiter à Fontainebleau la reine de Suède qui éveillait alors si vivement la curiosité de toute la France. Cette « reine des Golhs* » qui ne lui rendit pas sa visite, avec sa petite taille, ses airs dé-