‹ Segrais, sa vie et ses œuvres: sa Vie et ses ŒuvresChapitre 22 sur 138 · UéfMireSy m · texte numérisé non relu

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paysannes de Bresse avec ^ houlettes de vernis» couleur de feu, garnies d'argent. > Les quatre bergers, Péguiiin (Lauzun), le duc de Roquelaure, le comte de Guiche et le marquis de Yilleroy n'étaient pas moins proprement Têtus. De son côté, la troupe ordinaire des masques du roi était magnifiqueiâent parée; mais le groupe pastoral, par sa grâce originale, éclipsa < toutes ces brillantes divinités avec tout leur or et leur pourpre. » Aussi Mademoiselle se fêlicite-t-elle de cette galante invention dont elle avait sans doute eu l'idée : l'auteur des églogues était son poëte, et le lignon coulait près de ses terres.

Cependant Mademoiselle, tout en se divertissant aux fêtes de la cour, ne perdait pas ce goût des plaisirs de l'esprit, que le séjour de Saint-Fargeau et Segrais lui avaient donné. Sept mois après sa renUrée en grâce, comme si elle eût affecté de se plaire dans ses terres, même après son rappel, elle était allée passer quelque temps à Champigny (novembre 1657). Là, Mademoiselle eut l'idée d'écrire à Mme de Montglas une de ces lettres collectives alors à la mode. Cette pièce, tour à tour galante, badine, quelquefois même demi-burlesque, est intéressante à étudier. Elle peut, à certains égards, donner une idée de la poésie légère familière à la société de Mademoiselle. Cette société même était assez mêlée : seigneurs et dames de haute naissance, savants, poêles, gentilshommes ou officiers, provinciaux assez guindés, tout s'y trouvait. Chacun de ces personnages a marqué assez bien de son cachet la prose ou les vers qu'il a fournis à litre de contingent. L'ami intime est badin et familier (Brai, la Citardie) ; le savant, grave (Chevreau) ; le gentilhomme, galant; le provincial (la Noblaie), un peu gauche ou emphatique ; la dame de qualité, pleine de bon goût et de distinction; le poète, spirituel; la princesse enfin, plus princesse que rimeur habile. Voici le début de cette curieuse épltre :

A MADAME DE MONGLAS\

A Champigny, ce 19 novembre 1657'.

« Il semble que depuis votre départ, le temps nous ait aidé à pleurer la perte que nous avons faite, car la pluie n'a pas discontinué. Mais hélas! madame, tous nos regrets sont superflus, et tout ce que Ton peut dire, c'est que l'absence et le temps n'effaceront jamais les sentiments que l'on a pour TOUS. Tout ce qui est ici a fort grand désir de vous écrire, et, attendu que mes grandes affaires ne m'occupent pas plus que le beau temps à me promener, j^ai consenti volontiers à leurs très-humbles prières; car vous savez que je suis une bonne princesse.

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