ARGUMENT ANALYTIQUE
Patrocle se rend auprès d'Achille, et, après lui avoir dépeint les malheurs des Grecs, lui demande ses armes pour combattre les Troyens. — Achille lui permet de s'en revêtir ; il le recommande à la protection des dieux. — Ajax, accablé sous le poids des traits, n'a plus assez de force pour préserver la flotte de l'incendie. — Achille appelle son compagnon et le presse de partir. — 11 parcourt les tentes, ordonne aux Thessaliens de se couvrir de leurs armes, et fait des libations à Jupiter. — Les Troyens sont saisis d'effroi à la vue de Patrocle. — Patrocle engage un combat auprès des vaisseaux, met les Troyens en fuite, les poursuit au delà des retranchements, et en fait un affreux carnage. — Sarpédon seul résiste ; il succombe enfin, malgré les désirs de Jupiter. — A Glaucus est réservé le soin de venger la mort de Sarpédon. — Glaucus parcourt les rangs des Lyciens et ranime leur ardeur. — Les Troyens fondent sur les Grecs. — Exploits de Patrocle. — Valeur de Glaucus qui. immole un grand nombre de guerriers. — Les Grecs ne se laissent point abattre ; ils dépouillent le corps de Sarpédon. — Jupiter ordonne à Apollon d'ar-racher Sarpédon du milieu des traits et de le faire emporter dans la Lycie. — Patrocle, enhardi par ses succès et dévoué à la mort, ou-blie les ordres d'Achille et s'avance jusqu'aux murs de Troie; il est repoussé par Apollon. — Patrocle oppose à Hector une vigoureuse résistance; il tue Cébrion et beaucoup d'autres Troyens. — Patrocle, terrassé par la puissance du divin Apollon et resté sans défense, suc-combe sous les coups d'Euphorbe et d'Hector. — Hector s'élanre sur Automédon, qui regagne les vaisseaux, emporté par les rapides coursiers d'Achille.
C'est ainsi que les guerriers combattaient pour ce navire aux nom-breux rameurs. Patrocle arrive auprès d'Achille, pasteur des peuples, en versant de chaudes larmes, comme une source aux sombres eaux répand une onde obscure du haut d'une roche escarpée. A la vue de son ami, le divin Achille aux pieds légers se sent ému de pitié, ei adresse à Patrocle ces paroles qui volent rapides :
« Patrocle, pourquoi pleurer comme une jeune fille, qui, courant après sa mère, veut se faire portos par elle, s'attache à ses vêtements, la retient dans sa marche précipitée, et, par des regards humides de pleurs, lui demande de la prendre sur son sein? Semblable à cette jeune enfant, Patrocle, tu verses de tendres larmes. Apportes-tu quelque nouvelle aux Myrmidons ou à moi-même? Seul aurais-tu L'ILIADE DHOMÈRE.