SCÈNE Vlir. ^ ^ ti
Je ne pensai jamais, sans des rcgrcls profonds,
A nos troupeaux errants, à nos chars vagabonds.
Sur les monts et la steppe où vécurent nos pères. J’irai vivre aI combattre où combattent mes frères; jËt par mon seul caprice au hasard emporté.
Perdre le souvenir du joug qùe j’ai porté.
FAÎHICÉ.
-Noos le rêvions ensemble ; et dans cette espérance,
Ne m’as-tu point appris à manier la lance,
A dompter un coursier, à percer d’un trait sûr
Le ramier quH^yait sous la voûte d’azur î
NADIR
Mais...
Qui me retiendrait? je n’ai point de patrie.
^ Ma race par vos lois n’est-elle pas flétrie?
Les maîtres des pays, que traversent nos pas, Derigueui's, de mépris ne l’abreuvent-ils-pas?
Écoute,
NADIR
F A TJ M É.
' Je t’entends, à ton sort, à ta fuite.
Tu crains d’associer une femme maudite.
Tû rougirais de moi.
-1 NADIR
Non, non. - -
SELMA
FATHMÉ.
Adieu.
NADIR. - FATHUé.
Deux mots.
Va chercher qui te sauve, et me laisse en repos.
NADIR
Fathmél
FATHUÉ.
Tu crains déjà que ta Selma n’apprenne
Que, suivi dans l’exil par une bohémiehne...
NADIR
Je la fuyais. ^ . ,
FATHUÉ. ,
Selma 1
NADIR
^ J’allais l’abandonner.
FATHUÉ.
Pourquoi? quelle rivale osais-tu nous donney?
NADIR
Aucune; en combattant j’allais mourir loin d’elle.
FATHUÉ.
Elle a craint en effet une absence éternelle : ’
Elle avait de mon père invoqué le pouvoir,
De ton prochain retour sollicité Fespoir.