‹ Séméiologie des Hémorragies Spontanées de l'OreilleChapitre 35 sur 56 · OBSERVATION XXX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXX

(Dr Mussey, Trailé des mal. de l’or., de TRIQUET, p. 146).

Un jeune homme de 19 ans, portait plusieurs tumeurs pulsatives au pavillon de l'oreille gauché; ces tumeurs s’élant ulcérées, des hémorragies abondantes menacaient les jours du malade. L'arlère carotide du côté malade, avait été liée, mais l'hémorragie continuait, Dans ces circonstances, le chirurgien ayant remarqué que la compression de l’autre carolide arrétait l’effusion du sang, résolut d'en pratiquer la ligalure. Celte opération hardie eut un plein succès el le malade fut gnéri et de sa tumeur et des

accidents graves qu'elle avait causés, (e)

C). Lymphadènomes. — Les lymphadénomes du pavillon de l'oreille sont des tumeurs assez rares et qui sont susceptibles de produire des hémorragies, soit qu'elles s’ulcèrent, soit qu’on intervienne, chirurgicalement ou non.

Nous n'avons trouvé dans la littérature médicale qu’une seule observation d’hémorragies consécutives à un lymphadenome du pavillon.

Il s’agit dans ce cas, qui a été publié par le docteur Témoin de Néronde (1), d’une femme de 57 ans jouissant habituellement d’une bonne santé. Elle s'aperçut à un moment donné qu'elle avait à l'oreille, à la partie externe du bord libre du pavillon, une petite tumeur indolore, grosse comme une lentille. Cette tumeur a grossi et à acquis le volume d’un œuf de pigeon, elle est restée indolore et était uniformément rouge violacé.

Sa consistance était semi-dure; au toucher, elle donnait la sensation d’une tumeur graisseuse.

La malade piqua sa tumeur avec une épingle pour en faire

(1) Temoin, Dict. encyclop. des sciences médic., art. oreille.

sortir le contenu. Il ne sortit que peu de sang, mais alors la tumeur devint le siège de petits élancements, et trois semaines après, un matin, sans cause spéciale, une hémorragie se fit par la piqûre; le soir, il s’en fit une seconde.

Le lendemain matin, en lavant la tumeur, nouvelle hémorragie, qui fut considérable.

La tumeur fut enlevée et son examen histologique démontra qu’il s'agissait d’un lymphadénome.

Ces tumeurs ont tendance à récidiver sur place et à se généraliser ; on peut donc, dans une certaine mesure, et au point de vue clinique, les considérer comme des tumeurs malignes.

Les tumeurs malignes du pavillon de l'oreille ne sont point très communes.

L’épithélioma serait la moins rare, après lui viendrait le sarcome, qui affecterait surtout le lobule. Le carcinome serait la forme la plus rare.

Ces tumeurs, en détruisant d’abord le pavillon, puis les parties profondes, sont suscéptibles de déterminer des hémorragies dont la gravité est en rapport avec le vaisseau lésé.

Leur simple ulcération peut même donner lieu à des suintements sanguinolents.

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