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Séminaire de Chicoutimi [microforme]

L'Annuaire du Séminaire de Chicoutimi, pour l'année scolaire 1880-81, contient quelques renseignements sur les essais de Collections que nous avons pu faire, grâce surtout au bienveillant concours do nombreux bienfaiteurs. Par la présente circulaire, nous voulons faire appel à tors ceux qui s’intéressent au Saguenay et ‘en particulier à ce jeune Séminaire, et les prier de nous accorder lour aide pour l'organisation de ces départements, qui deviennent de plus en plus indispensables, surtout à notre époque, dans tout établissement d'éducation supérieure.

= A part la collection entomologique, qui est déjà un peu considéxable et se compose principalement d'insectes de la Province de Québec, nous avons commencé un erbier des plantes du Canada, et des collections de minéraux, de fossiles, de mollusques, de monnaies et d’antiquités.

Ce ne sont là sans doute que des noyaux de collections. Mais les grands musées, si riches de toutes les productions de la nature et des arts, n’ont-ils pas eu de faibles commencements, et ne se sontils pas formés peu à peu? Le”#plus souvent, plusieurs générations ont contribué à leurs développements successifs, L'important, en cela comme dans bien d’autres entreprises, c’est de commencer; le temps fera le reste.

On sait, d’une part, que l'acquisition des objets de collection, lorsqu'elle se fait par achat, est fort dispendieuse; d'un autre côté, le Séminaire de Chicoutimi, qui compte à peine huit années d’existence, n’a pas des ressources suffisantes pour se les procurer de cette

manière. On comprend donc bien que tout ce qu’il possède est dû, en grande partie, à la générosité de nombreux donateurs. Nous les prions, encore ici, d’agréer l'expression de notre sincère reconnaisce. Nous avions pensé pouvoir publier leurs noms dans l’Annuaire de cette année; mais nous avons dû donner des développements considérables à des sujets qu’il était presque nécessaire de traiter dans ce premier Annuaire. L'année prochaine, rien, nous l’espérons, ne nous empêchera de cousacrer un assez long espace à cette publication. Ce sera une marque, bien légère, il est vrai, de notre gratitude; ce sera aussi un moyen d'empêcher l'oubli: les élèves qui recevront leur éducation dans ce Séminaire, . sauront à qui ils sont rédevables de ces collections, humbles maintenant, mais que les unnées verront sans doute s'augmenter.

Nous faisons ici un appel spécial à MM. les membres du clergé de ce diocèse, et à tous ceux qui portent quelque intérêt au jeune Séminaire de Chicoutimi et voudraient qu'il fût l'honneur du Saguenay. Nous les prions de recueillir et de nous faire parvenir ge qu’ils pourraient rencontrer d’un peu intéressant, à quelque point de vue que ce soit. Qui n’a pas occasion quelquefois de trouver un vieux manuscrit, une pièce de monnaie ou une médaille un peu rare, an livre curieux,t a plante intéressante, un insecte qui semble étrange, etc.? Rien n’est de trop dans un musée. On a, pur exemple, plusieurs monnaies ou plusieurs insectes de même espèce; avec ces doubles, il sera facile d'établir un commerce d’échanges avec d’autres institutions du pays ou de l'étranger, et l’on peut se procurer, de cette manière, bien des objets de musée qu’il ne serait pas aisé d’obtenir autrement. Nous recevrons donc avec reconnaissance tout ce que l’on

voudra bien nous donner, et nous on tirerons bon parti, quand même

il s'agirait d’un objet assez commun. Souvent, aussi, il arrive que l'on croit tout-à-fait commun un insecte, un mollusque ou quelque autre article; et, cependant, un al exercé y reconnaîtra parfois une rareté bien précieuse.

Nous désirons particulièrement attirer l'attention sur un départemeut que nous avons à cœur de former et qui serait d’un très grand intérêt pour la population de cette partie du pays. A mesure que les défrichements se sont étendus dans le Saguenay, on a pu déconvrir dans le sol une foule d'objets intéressants, vestiges séculaires de: premiers voyageurs français et des tribus indiennes dont

nous occupons aujourd’hui les grands pays de chasse. Malheureusement, la plus grande partie de ces précieuses reliques du passé est déjà sortie du Saguenay et même du Canada, et fait l’ornement des musées étrangers. Mais ce sol n’a pas livré tous ses trésors: on en trouve encore, et l'on en trouvera davantage à mesure que s'avancera la colonisation de ce vaste territoire. Ne serait-ce pas une œuvre patriotique que de réunir, dans une institution du Saguenay, tous ces débris précieux que les années ont épargnést Quoi de plus important pour l’histoire du Saguenay? Cette belle œuvre se réalisera, si tous veulent bien y prêter leur concours. Déjà, des dons assez nombreux nous ont permis de commencer une collection archéologique: nous sommes certains qu’elle s’accroîtra rapidement, pourvu que l’on y ajoute les antiquités dcnt chaque jour amènera la découverte, à mesure que la charrue du colon déchirera cette terre où le domaine de la forêt recule de tous côtés. C’est ici surtout que l’objet le plus vulgaire en apparence n’est pas dépourvu d’un grand intérêt historique. :

Puisse cet appel être enteudu! La population de cette partie de la Province, en particulier, ne voudra-t-elle pas contribuer autant que possible à mettre son Séminaire en état de rivaliser noblement avec les autres établisséments du même genre? C’est là l’objet de nos désirs les plus ardents; nos efforts n’ont pour but que de rendre cette maison telle que le Saguenay puisse en concevoir une légitime satisfaction, pour la gloire de Dieu et le bien d:, :: patrie.

Nous prions les personnes désireuses de concourir de que: jue manière à l'accroissement de nos collections, d'adresser leurs envois au soussigné, qui est chargé de tenir registre de tous les dons faits au Séminaire.

SÉMINAIRE DE Cuicourimi, « JuIN 1881. Victor-4 Hurt, Ptre.

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