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intelligences de ses enfants, à les enric
hir de tous les trésors des connaissances divines et humaines, et sur.
tout à former leurs cœurs à | à l'amour de la vérité, En cela elle continue sur la terre l'œuvre de son divin fondateur : elle s’y dévoue, avec toute l’ardeur de son amour pour les âmes, et jamais elle n’y fera aéfaut ; non, jamais.
Quelles âmes fortement trempées il faudra pour cette œuvre importante, surtout dans les maisons d'éducation de notre pays. Celui qui s'y dévoue n’a d'autre perspective Que celle-ci: sacrifice de son temps, de ses aises, de soi-même, Direz-vous alors que ce jeune homme qui embrasse une pareille carrière est mû par l'ambition ? Grand Dieu ! les talents dort le ciel l'a doué lui permettaient d’aspirer à se frayer une route facile et brillante sur les théâtres où se coudoient les ambitions humaines, où les honneurs attendent leurs favoris.
a pratique de la vertu et
Mais, non; il se renferme entre des murs froids et dénudés ; il se fait, sous le titre de professeur, le serviteur de ceux qu'on lui confie, I] n'aspire qu'à les faire progresser dans les lettres et les sciences, et, s’il a réalisé ses désirs, il en éprouve une qu'il met au. dessus de beaucoup d’autres,
Pour atteindre ce but, il devra avoir la fermeté d'un père et l'affection d'une mère. C'est l'artiste aux prises avec le sujet qui lui est confié.
mettrez-vous de vous signaler
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Me percomme comparaison, ce tableau de Cabanel qui nous montre Michel Ange dans son atelier? Le sublime artiste est environné de chefs-d'œuvre, Tout autour de lui vous voyez des Statues magistrales, des peintures qui font sa gloire, Mais une pensée a saisi son génie. Il a pris un bloc de marbre brut ; avec ardeur il le frappe de son ciseau, Peu à peu, le marbre s’est dépouillé de sa grossièreté première, les lignes se dessinent nettes, pures, et la statue de Moïse apparait à l'œil de l'artiste ravi, 11 s'arrête, et, ses instruments de travail à la main, dans Une contemplation qui semble une profonde rêverie, il se demande si c'est bien là la réalisation de son
idéal, Heureux enfin, et croyant pouvoir se rendre le témoignage du succès, il s'écrie: Tu vis, que ne parles-tu ?
Oui, que ne vous est-il donné de parler dans ce sanctuai +, vous qui depuis les origines de cette institution, êtes venu y recueillir les fruits de l'éducation forte et chrétienne à laquelle a présidé Mgr Raymond ! Vous auriez le don d’être plus éloquents que celui qui s'efforc: de provoquer vos souvenirs à accourir pour rendre hommage à celui qui fut l'honneur de cette maison et une de nos illustrations nationales.
À quels travaux, comme éducateur, ne s'est-il pas assujetti pour faire prospérer les études en tont genre ? il ne m'appartient pas de tout dire; nous n'avons qu'à souhaiter, et cette œuvre se fera sans doute,nous n'avons qu'à souhaiter que ses travaux soient publiés un jour, comme le demandait, il y a quelques années, une de nos plus grandes gloires littéraires.
Je signalerai d'abord ses études historiques profanes et religieuses, On y voit l'historien en possession de la vérité, en même temps que l’homme familier avec tous les secrets du lettré le plus délicat. Ona vanté les études historiques de Châteaubriand ; je ne crois pas trop risquer, en affirmant que celles de Mgr Raymond leur sont supérieures et pour la vérité et pour le vêtement qu’ila su leur donner.
Ne fut-il pas aussi dans notre pays l'apôtre de l'école chrétienne pour la réforme à apporter dans les études classiques ! On sait quelles luttes cette question a suscitées. Or,en 1843, Mgr Raymond se trouvait à Rome, Un jour le célèbre Père Ventum lui communique un manuscrit, avec prière d’en prendre connaissance, À quelques jours de là, nouvelle rencontre, Or Mgr Raymond dit à l'illustre Théatin : Mon père, votre thèse est celle que je soutiens déjà depuis plusieurs années, et je crois que c'est pour la gloire de l'église et le bien de la jeunesse catholique. Traduire à côté des brillants auteurs de la Grèce antique et de Rome ces écrivains, ces poêtes, ces orateurs sacrés qui furent Tertullien, Origène, St-Am-
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broise, St-Augustin, St-Jean Chryscitôme, St-Grégoire de Naziance, St-Bernard, c’est pour moi une tâche remplie de charmes, parce qu'il y a là des trésors de beautés littéraires et des leçons de vertus que nous, catholiques, ne saurions trouver ailleurs,
St-Hyacinthe aurait peut.être ici le droit de réclamer la palme dans ce triomphe de l'esprit chrétien dans les études classiques de notre pays, grâce à Mgr Raymond,
Et que dire de ce mosiment dont il a confié la garde à cette maison? Ces vours religieux qui sont un exposé des dogmes catholiques, fait pour fournir des armes à la j:unesse dans les controverses où quelquefois elle se trouve engagée. Ouvrage d'assimilation peut-être, mais qui est une riche mine où l'on puise en abondance d:: “essources pour les combats de la vérité,
D'autres écrits auraient peut être ici leur place. Qu'il me soit permis d'en parler plus tard, parce qu'ils ont un caractère qui se rattache plutôt à la carrière sacerdotale qu’à celle du simple éducateur,
Oui, grand travailleur chrétien, vous brillez comme la splendeur du firmament, et parce que vous vons êtes appliqué à ouvrir les sentis de la justice &t de la vérité à un grand nombre, vos avez sens doute déjà l'éclat de ces étoiles qui brileront pendant les éternités: Que docti fuerint, Julgebunt Giasi splèndor firmamenti : et qui ad justitian erudiunt multos quasi stell@ in perpetuas eternitates.
Dans sa correspondance aussi variée que distinguée, on voit des noms illustres en dehors de ceux qui furent l'honneur de notre pays. Ainsi avec Ventura, Lacordaire, Gerbet, Montalembert, Ozanani qu'il rencontra dans des années déjà bien éloignées, il se tenait au courant du mouvement catholique de l’Europe et son bonheur était de communiquer à ses confrères et à ses élèves les impressions de son âme toujours prête à résonner comme une lyre harmonieuse dans la main de l'Eternel Artiste.
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Ah ! quelles fêtes pour lui que celles d’une fin d’année littéraire, alors qu'il lui était permis de donner un libre expansion à ses enseignements, où toujours la note chrétienne dominait la pensée de l’homme de lettres. : Vos souvenirs ne vous le montrent-ils pas comme un de ces personnages du grand siècle de Bossuet et de Fénélon, qui attardé dans sa marche vers la tombe, se serait trouvé tout à coup transporté dans le nôtre comn e un modèle de l’éducateur plein de science et d’urbauité, ayant toujours ces grandes et nobles manières qui nous le faisaient admirer.
Esprit délicat et délié, il abordait avec facilité tous les genres. Poésie, critique, histoire, philosophie tout lui était familier, à des degrés diverssans doute, mais qui décelaient en lui, l’érudit, l'artiste et avant tout le grand chrétien chez lequel se trahissait partout le caractère du prêtre.
L'éducateur plein de mérite et de dévouement vous est connu, il me reste à vous montrer en Mgr Raymord, le prêtre dans sa grandeur caractéristique, son action partout où il a passé, enfin dans ses armes.
2de PARTIE
Le prêtre! Le prêtre? Dieu seul dans son amour et sa miséricorde pouvait rêver et accomplir une aussi prodigieuse création. Pour en parler dignement il faudrait l'âme d'un saint et la voix d'un ange,Suivons la conduite de l'esprit de Dieu, et avant que de voir Mgr Kaymond à l'œuvre, voyons comme il se prépare à en approcher.
st-Grégoire de Naziance a dit ce beau mot du grend St-Bazile : il était jprêtre avant même que d'être prêtre, c'est-à-dire, il en avait les vertus, avant que d’en avoir le degré; il était prêtre par son zèle, par la gravité de ses mœurs, par l'innocence de sa vie, avant que l'être par son caractèee, Ne pourrait-on pas dire la même chose de Mgr Raymond: il n'a pas attendu la consécration mystique, il s'était, dès son enfance, consacré lui-même par la pratique percévérante de la piété ; les différents degrés qui rap-
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prochaient le but suprême de ses désirs faisaient constater ses progrès dans la perfection et quand il reçut la plénitude du St-Esprit par l’ordination sacrée son âme bénit Dieu de l’effusion de ses dons : & atias Deo super inenarribili dono ejus.
Le séminaire de St-Hyacinthe eut la gloire, dès ses commencements5,de voir Mgr Raymond sur ses bancs. Durant ses études classiques et théologiques, il y rivalisait avec les plus éclairés et les plus laborieux et ceux-ci portaient des noms qui ont illustré le siège épiscopal de ce Diocèse: je veux dire Nos distingués. Seigneurs Joseph et Charles LaRocque.
Rempli du véritable esprit de son état, il pratiqua les deux principales fonctions des ministres de ee parler à Dieu, parler aux hommes: parler à Dieu par l'oraison, parler aux âmes par la prédication de l'Evangile. Ces deux fonctions sont unies : les actes des apôtres le disent hautement : Vos vero orationi et mensterio verbi instantes erimus. Oui, les prêtres, anges du Dieu des armées, doivent sans cesse monter et descendre, comme les anges que vit Jacob dans cette échelle mystique : Monter de la terre au ciel, lorsqu'ils unissaient leur esprit à Dieu par l'oraison, descendre du ciel à Ja terre, lorsqu'ils portent aux aux hommes ses ordres et sa parole: ils sont alors: comme le char enflammé du prophète, promenant la lumière et le feu sacré dans toutes les régions de l'univers, pour y faire germer le fruit de vie.
Voulez-vous voir quel était l'esprit d’oraison de ce fidèle serviteur de Dieu ? lisez ses méditations, toutes. pleines de lumière et de grâce. Ses sujets favoris, étaient la Passion de Notre-Seigneur, le Précieux- Sang et l’Eucharistie,
O Dieu vivant et éternel, quel zèle ! quelle onction ! quelle douceur ! quelle force! quelle simplicité et parfois quelle éloquence !
Avait-il à prêcher la parole de Dieu ? Cette parole :ortait de sa bouche toute pleine d'esprit et de feu. Ses sermons n'étaient pas !« fruit de l'étude lente et tardive, mais d'une céleste ferveur, d’une prompte et
soudaine illumination. Aussi que d'œuvres oratoires! sont là en plusieurs manuscrits comme preuve que cet ouvrier évangélique ne sut jamais manquer une occasion de répandre la doctrine céleste, de réchauffer les cœurs, d'éclairer les âmes, et de les nourrir de la meilleure sève du christianisme. Sermons dogmatiques, moraux, qu'il puisaitavec régularitédans les Saints Livres et les enseignements de l'Eglise.
Ah ! quel dévouement pour celle-ci! quel amour ! n'est-ce pas pour la glorifier qu’ila prononcé lui-même ou écrit de rs mbreux sermons et entretiens, sur la nécessité de son existence pour le bonheur des peuples, et dans leurs carrières terrestres à travers les siècles et pour le but qu'ils doivent atteindre, Sur ses lèvres le nom du Pape semblait appeler le sourire affectueux du fils le plus dévoué: Aussi que de thèses soutenues dans des sens divers en faveur du Vicaire de Jésus-Christ. Pour lui, tout le concentrait à ce point. ÆXoma docuta est, tout était dit, c'était là la boussole qui fixait son regard. Rien d'étonnant en cela : Son amour pour Jésus-Christ le guidait süûrement comme un poids bien mesuré: Pondus meum, Amor meus.
Que dire de sa piété envers la T.S, Vierge? Le nom de Marie, c'était pour lui tout un poême sacré qu’il revêtait des couleurs les plus gracieuses : ne se plaisait-il pas à répandre partout la ferveur toute filiale qui débordait de son cœur? Aimeret faire aimer Marie; montrer son rôle dans la société, imais surtout dans l'Eglise, c'était pour lui un bonheur toujours nouveau, et sa plume ne fut peut-être jamais plus élégante qu'aux jours où il avait à exalter sa mystique beauté, ses privilèges inouïs; sa tendresse et son dévouement pour tout ce qui intéresse la gloire de Dieu et la sanctification des âmes.
Mais quelle doit être la passion favorite du prêtre ? n'est-ce pas la divine Eucharistie ? c’est à lui qu’appartiennent ces paroles : funes ceciderunt mili in prœcharis, enchainé aux autels, par des liens qu'il a choi-
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sis dans son amour et sa pleine liberté, il s'en glorifie, c'est sa félicité, ses délices. L'ombre mystérieuse des tabernacles, c’est sa demeure. Il y contemple Celui qui lui dit sans cesse: aime, aime Celui qui t'aime sans mesure, diliges, et il répond dans l’effusion de son âme, o source de vie, o fontaine qui débordez des flots de l'amour, oui, je vous aime, du moins je veux vous aimer, diligam, diligam. Quels épanchements brûlants dans ces pensées eucharistiques que je voudrais vous réciter comme un cantique qui célèbre l'union de l'âme du prêtre avec Jésus- Christ, Je regrette que le temps ne me le permette pas. Du moins vous pouvez admirer dans cette ville, une réalisation de son amour pour la Divine Hostie, Pour la Passion de Jésus-Christ. A quelques pas d'ici, n'y a-t-il pas derrière les grilles du cloître, des vierges portant les livrées de l'agneau et faisant de leur vie une carrière de sacrifices. en faveur de Jésus- Christ Eucharistique et souffre. ! Belle couronne de fleurs parfumées qu'il cultiva dès ses commence: ments et dont il se vit entouré à l'heure même oû Dieu l’appelait à Lui. Vierges du Précieux-Sang, Pourquoi les grilles du monastère ne se brisent-elles pas! Vous viendriez ici rendre un témoignage éloquent en faveur de celui qui vous forma à l'esprit de sacrifice, qui sut vous inspirer les accents des véritables épouses de Jésus-Christ et faire de vous dans ce Pays, une ruche dont les essaims ont déjà commencé à se répandre dans divers Diocèses, pour faire retentir les doux chants de l'amour Éucharistique, et presser les âmes à l’immolation d’elles-mêmes à l'imitation de l’Eternelle et Divine victime.
Les autres communautés religieuses de cette ville,
eurent aussi l'avantage de l'avoir comme directeur pendant de longues années
Les nombreuses retraites qu'il y prêcha sont là, Comme un témoignage du zèle ardent qu’il déployait pour faire progresser sans cesse les âmes vers Dieu : c'était chez lui, une soif en quelque sorte insatiable :
da mihi animas, donnez-moi des âmes a sanctifier, que m'importe le reste,
Finir ce discours, je le voudrais, malgré qu'il me reste une foule de choses à dire et dont nous pourrions tirés de magnifiques enseignements, Sachons donc nous borner à souhaiter qu’un jour la vie de Mgr Raymond soit publiée accompagnée de ses œuvres nombreuses. Dans cette maison, il ne manque pat de mains habiles pour se charger de cette tâche. Espérons donc que pour la gloire du Séminaire de St-Hyacinthe et l'honneur du clergé canadien, cette œuvre s’accomplira,
Ai-je réussi à vous montrer l'éclat de ces deux diadèmes qui ornent à jamais le front de Mgr Raymond, comme éducateur et comme prêtre ? Je nele sais, Toutefois mon cœur me rend le témoignage que j'ai fait quelques efforts pour donner à cette figure remarquable un cachet qui ne fût pas trop indigne d’elle.
Et maintenant, si j'en avais le pouvoir, je descendrais avec respect filial vers cette tombe où notre vénéré défunt dort du sommeil des justes, et je lui dirais comme le Christ à Lazare, sortez de cette demeure lugubre et approchez dans ce sanctuaire, dans cette communauté qui ne saura pas s'accoutumer à votre absence. Approchez ici, comme en ces jours où l’allégresse brillait sur votre front à la distribution des récompenses que le travail et les succès avaient remportées. Approchez dans cette dignité sacerdotale qui vous fut, comme le dit si élégamment St Grégoire de Naziance, une noblesse personnelle qui rayonnera longtemps et toujours sur cette institution, à nous si chère,élèves du Séminaire de St-Hyacinthe,
Vous auriez peut-être droit, anciens et nouveaux confrères de vous plaindre si j'allais oublier d'évoquer ici le souvenir de celui qui fut avec Mgr Raymond associé à la grande œuvre de l'éducation chrétienne et qui savait gagner l'affection de tous ceux qui le £onnurent. Je veux dire le toujours regretté Messire Désaulniers, C'étaient bien là les deux candélabres
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qui dans le même temps illuminaient cette institution qui leur était si chère,
Qu'ils dorment en paix, dans ces cryptes silencieuses que notre reconnaissance et notre affection leur ont préparées. Mais n'oublions pas les sévères leçons de la mort et dociles aux rites sacrés de l'église, ne cessons, malgré notre confiance dans les mérites de ces illustres défunts, de répandre ici nos larmes et nos prières. Ombres, ils ont passé,ombres aussi piiserons nous, Comme eux puissions-nous avoir « notre crédit autant de vertus, autant de mérites (jui nous promettent d’être enfin réunis et dans la m:tet dans la gloire. —Ainsi-soit-il,