‹ Sénèque et Saint PaulChapitre 27 sur 79 · PURGATOIRE, ENFER ET PARADIS · texte numérisé non relu

PURGATOIRE, ENFER ET PARADIS

D'abord, Sénèque ne croit pas qu'il y ait un enfer et des tourments réservés aux coupables. «Les poètes, dit-il, se sont joués de nous en nous poursuivant de fantômes effrayants et ridicules. La mort est la fin des maux : » pensée qui revient en mille endroits sous sa plume 4. Ce scepticisme était sans doute une concession faite aux épicuriens, car les chefs du Portique, et notamment Zenon, avaient admis l'opinion commune sur les enfers, d'accord en cela avec l'école de Socrate2. Au temps de Sénèque, le sentiment des stoïciens était celui-ci : les âmes des sages, après la mort, s'envolent dans une région supérieure, voisine des astres ; mêlées à ces essences divines dont elles émanent, elles habitent entre le ciel et la terre, un peu au-dessous des dieux, jusqu'à la consommation des siècles, c'est-à-dire jusqu'à la fin du monde : avec tous les êtres, elles se confondront alors dans le grand tout. Les âmes entachées de quelque imperfection demeurent pendant un certain temps autour de notre globe et dans les couches inférieures de l'air; elles s'y purifient de leurs souillures ; une fois brillantes de pureté et d'innocence, elles vont d'une aile moins

1 Voyez Consolatio ad Marcia7n, 19; Epitres xxiv, xxxvi, Liv,

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