‹ Sénèque et Saint PaulChapitre 42 sur 79 · LE FAUX DEXTER · texte numérisé non relu

LE FAUX DEXTER

La chronique attribuée à Dextery préfet du prétoire, ami de saint Jérôme, fut composée, comme chacun sait, à la fin du xvie siècle par le jésuite espagnol la Higuera : son témoignage n'a donc pas même la valeur de celui du faux saint Lin; car celui-ci, malgré son imposture, a du moins le mérite d'être ancien, et d'exprimer les opinions d'une certaine classe de l'antiquité chrétienne. On ne peut refuser à la Higuera un esprit singulièrement patriotique : il a mis, dans cette fraude, toute l'impudence de la vanité espagnole. Savez-vous dans quel dessein il a imaginé cette chronique? C'était afin de prouver que les événements les plus importants du premier siècle de l'ère chrétienne ont été accomplis en Espagne ou par la main des Espagnols. Le centurion qui perça le flanc de Notre-Seigneur et crut en lui, après la Passion, était d'Espagne et s'appelait Oppius ; le premier gentil qui se convertit est un autre centurion espagnol, Cornélius ; un troisième centurion d'Espagne , du nom de Lucius Sénèque, embrasse le christianisme ; tous les centurions de l'Évangile sont naturalisés Espagnols par le chroniqueur. Il a tant de zèle pour la gloire religieuse de sa patrie qu'il exile Hérodeen Espagne, et noie Hérodiade dans une petite rivière près d'Ilerda. Les Espagnols n'attendent pas que le christianisme franchisse les mers ; ils envoient aux apôtres des ambassadeurs à Jérusalem , « et se rendent en pèlerinage auprès de la sainte Vierge. » Aussi l'Espagne est-elle évangélisée par les plus grands apôtres, par saint Jacques, saint Pierre, saint Paul ; la première des régions de l'Occident elle embrasse la foi et mérite d'être appelée les prémices de l'Église. Dès ces temps reculés, « un oratoire y est

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