INTRODUCTION
Le présent travail, entrepris sous la direction de M. André Broca, a jpour objet l'étude du temps des réactions d’équilibration chez les sourds-muets.
Pendant la guerre, M. le Professeur Broca étudia et mit au point un appareil, destiné à mesurer ces temps de réaction, dont la connaissance était capitale pour classer correctement les aviateurs, suivant leurs aptitudes physiologiques.
Guidé par des considérations théoriques, sur lesquelles nous aurons l’occasion de revenir, et qui précisent nos connaissances sur le mécanisme de lPappareil d’équilibration, M. Broca pensa que le sens qui était le plus utile à laviateur était le sens des accélérations angulaires, déterminé par le fonctionnement des canaux semi-circulaires. On comprend, en effet, que, quand l'avion est en marche rectiligne, si une accélération se produit, soit autour d’un axe de rotation horizontal, soit autour d’un axe vertical, le sens de l'accélération renseigne immédiatement le pilote sur le mouvement qui vient d’avoir
lieu. Plus la réponse à l’excitation sera brève, plus le pilote agira rapidement sur ses commandes pour corriger le mouvement dangereux et moins |l’accident aura chance de se produire.
L'application de cette méthode, pendant la guerre, à de nombreux aviateurs et candidats pilotes a donné entre les mains des Drs Maublanc et Ratié, chargés de l'appliquer, des résultats très concordants et a permis de diminuer le nombre des accidents imputables à une inaptitude physiologique.
M. Broca pensa que son appareil pourrait rendre des services en pathologie et m'a chargé d'étudier les temps de réaction d’équilibration chez les sourdsmuets. Grâce à l’obligeance de M. le Dr Saint-Hilaire, chef du service d’oto-rhino-laryngologie à l’Institut départemental des sourds-muets d’Asnières, j'ai pu entrer dans cet établissement et ai toujours reçu de M. Martet, directeur, l’accueil le plus bienveillant.
Le présent travail est divisé en six parties.
Dans la première partie, nous rappellerons les notions anatomiques qu'il est indispensable de connaître pour comprendre le fonctionnement de l’appareil d’équilibration.
Dans la deuxième, nous étudierons le fonctionnement de cet appareil.
La troisième partie sera consacrée à l'étude. des lésions de l'oreille interne qu’on rencontre à l’autopsie des sourds-muets.
La quatrième partie sera réservée à l'étude des appareils et procédés employés pour étudier le fonclionnement du labyrinthe.
Dans la cinquième parlie, nous exposerons les “ésullats de nos expériences que nous discuterons dans la sixième,