EXCITATIONS PAR HALLUCINATIONS
trouve d'ailleurs en parfait accord avec le mode de développement embryonnaire des organes des sens qui ont une origine commune (1).
Les névropathes et en particulier les hystériques, qui présentent à l'état normal un certain degré d'anesthésie s'étendant au sens musculaire, et entraînant une faiblesse musculaire corrélative, lorsqu'on parvient à réveiller artificiellement leur sensibilité, nous montrent ces phénomènes avec une exagération qui les fait mieux comprendre. Chez un sujet de ce genre, on peut voir la force dynamométrique doubler sous l'influence d'une excitation sensorielle un peu vive. Ce que fait la sensation ou l'hallucination, le souvenir, qui n'est en somme qu'un rappel de sensation, peut aussi le provoquer quand il est insuffisamment intense. Ces faits nous montrent que toute excitation détermine immédiatement une production de force, et on peut en déduire légitimement que les fonctions psijcho-phtjsiologtques, comme les forces physiques, se réduisent à un travail mécanique.
Nos expériences montrent en somme que dans des circonstances appropriées le dynamomètre peut être appliqué à la mesure des sensations ; nous allons revenir sur le détail.
Nous avons vu précédemment que si un certain degré d'excitation cérébrale développe l'énergie musculaire, comme peut le faire une excitation légère des muscles, la fatigue intellectuelle l'amoindrit, comme le fait un
(1) Du reste la spécialisation des organes sensoriels n'est pas aussi exclusive qu'on le croit généralement. Weber, Schneider, Voltolini, pensent que la peau du pavillon de l'oreille est capable de sentir les ébranlements sonores intenses; et Hartmann et Gellé (Bull.soc.biol. 1886, p. 418) admettent que la sensibilité du tympan joue le plus grand rôle dans l'orientation au bruit. D'autre part, on peut voir un aveugle incapable de distinguer le jour de la nuit avoir une sécrétion abondante de larmes chaque fois qu'il passe de l'obscurité à la lumière, ce qui semble indiquer que les paupières, au moins dans certains cas pathologiques, sont impressionnées parles rayons lumineux.
excès de travail musculaire : on peut établir l'équivalence d'un travail intellectuel et d'un travail mécanique par la perte qui résulte de chacun. Les excitations des organes des sens nous montrent des faits analogues. Si nous prions un sujet delà catégorie des hypnotisables de regarder un objet médiocrement lumineux, il se produit tout de suite une excitation motrice, qui, au bout de quelques instants, commence à décroître quand le sujet commence à se plaindre de fatigue. Si l'on prolonge l'excitation, le sommeil arrive. Un bruit continu, une vibration mécanique continue, etc., produit exactement les mûmes effets avec le même ordre de succession. Lorsque, au lieu d'une excitation modérée et prolongée, on fait une excitation brusque et très intense, le sommeil peut se produire d'emblée. Ces faits concordent avec ceux que M. Brown-Séquard a groupés sous les noms de dynamo génie et à'inhibition (1), et ils nous montrent qu'en somme les excitations périphériques sont susceptibles de déterminer suivant leur intensité et leur durée des effets excitants ou des effets dépressifs, qui peuvent s'exagérer jusqu'à la convulsion ou jusqu'à la paralysie.
Si nous considérons isolément les excitations portant sur les divers organes des sens, nous arrivons à dos résultats qui ne manquent pas d'intérêt, [et qui offrent, sur bon nombre de points, une concordance remarquable*
A. En ce qui concerne le sens de l'ouïe, par exemple, j'ai pu constate!' à l'aide de différents instruments que les sons ont une action dynamogène qui varie avec leur
I) Le* mote dyn&mogéni* et inhibition méritent d'être conservés à condition qu'on ae Bolivienne <iu'ils ne a'ippliquent qu'à dee fait* g'obaerv&tion superficielle ; mêla il faut i>i«;n savoir <)u'aucnne . ion dite dynamogène ne crée véritablement de forée, elle produit une tranaformation d"tii lea effeta sont en partie connua. Lee excitations dite* Inhibitoirea ne suppriment pie innvment et Simplement une lotion ; elle* produisent Sttul une tmnalormetion de force, mêla une transformation Inconnue, a* traduisent pour l'observateur Insufflaunmenl informé per leiuapeailon d'une activité.
intensité et leur hauteur, c'est-à-dire que l'intensité des sensations de l'ouïe, mesurée par leur équivalent dynamique, est en rapport avec l'amplitude et le nombre des vibrations.
Comme lorsqu'il s'agissait des excitations psychiques ou du sens musculaire, lorsque l'excitation a dépassé une certaine intensité variable pour chaque sujet, la dynamogénie cesse de s'accroître, et en observe un épuisement en rapport avec la décharge dont la forme et la direction sont souvent insaisissables.
Un sujet par exemple placé devant un piano donne une