Copié par M. Zacharie Astruc
mettre l'infini dans quelques pouces de matière... Cano l'a fait dans Saint-Fî^ançois d'Assise, et Zacharie Astruc l'a miraculeusement reproduit.
Franchement, c'est merveilleux. Une fidélité pareille vaut une originalité. François d'Assise, cette âme plus que cet homme, ce maigre, cet émacié, ce transparent, ce corps macéré dans ce froc aux plis droits, est sublime. Il est sublime d'une expression qui fait tout oublier de l'art qui l'exprima, et qui, d'ordinaire, n'exprime que la beauté plastique, la ligne, la musculature, les contours. Le François d'Assise est aussi expressif, aussi reeZ, malgré ce qu'il a d'idéal, que la réalité la plus chaude du tableau le plus brûlant... Quel magnifique soufflet sur le muffledes réalistes contemporains ! L'idéal de Saint-François d'Assise devait être incompréhensible dans ce temps sans amour et sans foi. Et il ne l'est pas ! Les impies, les plus impies le comprennent en le regardant. Il est là, les mains dans les manches de son froc, — ces mains oisives pour les travailleurs modernes, qui ne savent pas ce que c'est que de les tendre à Dieu et à l'aumône demandée au nom de Dieu... Il passe, encapuchonné dans son froc rapiécé, qui dit, par toutes ses coutures, qu'il est un pauvre de Jésus-Christ et un mendiant ; mais sa tête encapuchonnée fait flamber son capuchon comme un nimbe, tant il y a de feu dans ses grands yeux levés vers le ciel! pendant que les sandales du saint de la Pauvreté traînent sur la terre .
11 est dans le ciel déjà, — tout en voyageant sur cette