‹ Sensitométrie spectrale et photométrie photographique astronomique: Application à la méthode photographique de CH. FabryChapitre 29 sur 99 · VARIATIONS SPECTRALES DES FACTEURS DE CONTRASTE · texte numérisé non relu

VARIATIONS SPECTRALES DES FACTEURS DE CONTRASTE

Parmi les effets qui tendent à modifier la forme des courbes de noircissement, celui qui accon pagne la variation de longueur d’onde de la lumière excitatrice est certainement le plus important. On connaît depuis longtemps, notamment, les grandes variations des facteurs de contraste (souvent du simple au triple) [22] que l’on rencontre quand on passe de l’ultraviolet au spectre visible.

Pour étudier toutes les modalités de ces variations, il serait nécessaire de construire, pour chaque émulsion et pour un assez grand nombre de longueurs d’onde, les courbes d'écart à la loi de réciprocité. L'expérience présente quelques difficultés pratiques. Elle exige l’enregistrement d’un grand nombre de spectres qui ne peuvent trouver place sur le même cliché. On doit prendre les plus grandes précautions pour ne pas introduire d'erreurs dues au développement et au défaut d’uniformité de la sensibilité des diverses plaques qu’il est nécessaire d'utiliser. Mais on peut remarquer que le facteur de contraste y’, à éclairement constant et temps de pose variable, ne dépend pratiquement pas des écarts de réciprocité : les renseignements obtenus pour un éclairement déterminé seront valables pour des éclairements largement différents. Pour simplifier et pour grouper toutes les opérations sur la même plaque, pour chaque type d’émulsion, nous n’avons enregistré sur celle-ci que deux séries de spectres, les uns avec temps de pose déterminé (2 minutes) et éclairements gradués, les autres avec un éclairement fixe et temps de pose variable. Les conditions choisies d’éclairement et de temps de pose étaient sensiblement les mêmes que celles des observations astronomiques, en vue desquelles sont spécialement conduites ces expériences.

Douze spectres sont ainsi photographiés sur la même plaque. Les sept premiers sont gradués avec les grilles. Le premier, sans grille, est commun aux deux séries et constitue avec les cinq derniers un groupe de six poses à temps variables échelonnés de 2 minutes à 5 secondes.

Les valeurs des facteurs de contraste y et y ainsi déterminées figurent dans les 5€ et 6° colonnes du tableau IX et elles ont été repré-

SENSITOMÉTRIE SPECTRALE ET PHOTOMÉTRIE ASTRONOMIQUE 51

sentées en regard des courbes qui figurent, pour chaque émulsion, les données de sensibilité et d'inertie (figure 8).

Une remarque s'impose relativement à la manière selon laquelle ont été déterminés ces facteurs. On avait à choisir, pour les fixer, entre la pente maximum de la courbe de noircissement ou la pente moyenne pour un noircissement donné. On a préféré la deuxième méthode : la pente maximum n’est connue avec certitude que dans le cas où toutes les courbes de noircissement dépassent nettement la région d'exposition normale ; or, ce n’est pratiquement pas possible avec des poses sensitométriques spectrales, en raison de la variation du noircissement maximum consécutive à la variation de la brillance de la source le long de son spectre, et aussi à celle de la sensibilité de l’émulsion. On a, en conséquence, choisi, pour représenter les facteurs de contraste, la pente moyenne de la courbe de noircissement au voisinage du point de noircissement de densité 2. On a d’ailleurs, ainsi, l'avantage de recueillir des données relatives au même noircissement, ce qui pourrait ne pas être le cas pour le maximum de pente.

L'examen des courbes représentatives montre que, dans étendue du domaine étudié, de 4000 À environ à la limite de sensibilité, vers les grandes longueurs d’onde, des émulsions considérées, les facteurs de contraste croissent lentement et assez régulièrement jusqu’à une valeur maximum située, en général, un peu avant cette limite de sensibilité. Puis ils décroissent plus rapidement au delà. Il y a quelques exceptions et, d'autre part, la variation de y’ est généralement plus régulière que celle de y; celle-ci présente parfois des accidents, qui consistent principalement en augmentations locales des valeurs de Y.

Souvent le maximum principal se produit en même temps pour y et y. C’est le cas notamment des émulsions non chromatisées Lumière, Opta et Guilleminot Super-Fulgur, dont les deux maxima de contraste se trouvent respectivement vers 4700 À pour la première et 4500 À pour la seconde ; de l’émulsion orthochromatique Kodak I-G, dont les maxima sont voisins de 5 500 À ; et de l’émulsion panchromatique Crumière Panchro-P, dont les maxima sont vers 6 000 À.

Chez l’émulsion Agfa Isopan Super Special, le maximum de y’ se trouve vers 5700 À, tandis que le maximum de y est repoussé vers 6400 À.

Chez les émulsions Ilford Hypersensitive, Lumière Super-Panchro, et Guilleminot Panchro 2000, le phénomène est plus complexe.

Iford Hypersensitive présente une variation très régulière de y’ avec maximum très plat vers 6 300 À, tandis que y présente deux maxima locaux assez brusques vers 5000 et 6750 À.

Lumière Super Panchro a un maximum de y et y vers 5100 À, après quoi ces deux coefficients décroissent lentement vers le rouge.

Enfin Guilleminot Panchro 2000 présente une très grande analogie de variation de y et y’, avec trois maxima vers 4500, 5700 et 6400 À.

Donc, à part la croissance assez rapide, de 4000 à 4500 À, que lon retrouve chez toutes les émulsions et qui n’est autre que la fin de laugmentation importante de contraste entre l’ultraviolet et le spectre visible, les variations sont très diverses dans la partie centrale du spectre visible. Le fait qu’elles sont plus régulières et moins importantes pour y’ que pour y montre, comme on l’a déjà reconnu à propos des écarts de réciprocité, que les modifications de lintensité de l’excitation ont, sur le contraste, une influence plus grande que celles de sa durée.

Chez aucune des émulsions examinées on n’a retrouvé de ces variations considérables de contraste indiquées par quelques auteurs [28] pour certaines émulsions panchromatiques, au voisinage de leur limite de sensibilité vers le proche infrarouge. Maïs l’un au moins de ces auteurs utilisait un spectrographe à prisme, conjugué avec une source à température de couleur assez basse (19730 K), qui produisaient une forte concentration de l’énergie vers les grandes longueurs d’onde ; il se peut que cette circonstance ait introduit un effet systématique d’accroissement des facteurs de contraste, qui d’ailleurs présenterait la singularité d’être opposé à celui que lon pourrait attendre des écarts de réciprocité,

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