‹ Sensitométrie spectrale et photométrie photographique astronomique: Application à la méthode photographique de CH. FabryChapitre 89 sur 99 · TABLEAU XXVIII · texte numérisé non relu

TABLEAU XXVIII

MAxIMA MIN IMA

ÉMULSION RE ES ROUE a

Ph. Magn. | Ph. Magn. | Ph. Magn. | Ph. Magn.

ODA 0,251 — 0,175 |0,,730 — 0°,175 | 03,005 — 1,300 | 03,501 — 07,660 Isopan ... |0,,267 — 0,105 |0,,745 — 07,095 | 0,006 — 1*,150 | 0,502 — 07,595

Les deux maxima sont très sensiblement égaux en bleu (Opta), tandis qu’en rouge (Isopan) le maximum M, est, peut-être, un peu plus brillant (0,01) que le maximum M,, autant que à dispersion des points permette cette affirmation.

Ces observations montrent d’ailleurs, comme l’ont déjà remarqué la grande majorité des observateurs, que cette dispersion n’est pas

due aux seules erreurs d'observation. On le vérifie en comparant les séries de mesures faites le même jour, sur des plaques différentes de lune ou l’autre émulsion, et l’on constate que, malgré le changement de courbe de noircissement et d’émulsion, et des conditions de distance zénithale et d'absorption atmosphérique très différentes d’une série à l’autre, les écarts affectent, le même jour, une marche parallèle.

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tableau XXVI, pour les jours où la magnitude fut mesurée simultanément en bleu et rouge. En abscisses, les valeurs algébriques des écarts ; en ordonnées, les nombres d’écarts, chaque point représentant une observation du tableau XX VI.

Si l’on dénombre ces écarts en ayant égard à la concordance de leurs signes, on trouve 72 % d’écarts de même signe et 28 % d’écarts de signes contraires. La courbe de fréquence de ces écarts (fig. 23) classés par valeurs algébriques est aussi très anormale. Tandis que l’on observe une assez grande concentration (24 %) des écarts compris entre — 0”, 005 et + 0”,005, la fréquence des plus grands écarts ne suit pas la distribution de Gauss normale : il y a une majoration de la fréquence des grands écarts par rapport aux plus petits et quelques écarts sont si importants qu'ils sont complètement incompatibles avec ce que l’on sait de la précision des observations. D'ailleurs,

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l'examen particulier de ces derniers est très instructif : ils se groupent dans un court intervalle de la période qui suit immédiatement le minimum principal. Quatre d’entre eux correspondent à des observations faites simultanément sur plaques Opta et Isopan, les J. J. 242 8661 et 8997, et l’on a, ces jours là,

Observ. — Courbe

Jar TT.

Opta Isopan

Il ne paraît donc pas possible de ne pas admettre, comme l’ont déjà fait plusieurs observateurs, et notamment Stebbins, Guthnick, Danjon, que des perturbations ont pour effet de déformer accidentellement la courbe de lumière de 8 Lyrae par rapport à la normale.

L'une de ces perturbations, de beaucoup la plus importante, paraît généralement prendre naissance au voisinage du minimum principal pour ne durer qu’une assez courte fraction de la période, 2 à 3 centièmes. Elle a pour effet de produire une élévation de l’éclat du système, qui peut atteindre jusqu’à 0”, 40 en bleu. Autant que l’on puisse conclure de ces deux observations, l'effet de cette perturbation serait plus intense en bleu qu’en rouge. Il est probable que c’est la présence de ces observations perturbées qui a fait conclure à la dissymétrie assez importante trouvée par certains observateurs, selon laquelle la décroissance s’effectuerait plus rapidement que la croissance, Danjon a déjà remarqué que ce fait paraissait lié à cet accroissement, noté par Miss Maury, de l'intensité des raies de l’étoile B2e peu après le minimum principal. De nouvelles observations spectrophotométriques montreraient, sans doute, quel est le siège de cette perturbation.

Les autres perturbations sont moins saillantes et il y a intérêt à augmenter encore le nombre des observations pour mieux les préciser. Tout au plus peut-on noter une agitation particulière vers les phases 0 P, 330 et 0 P,820, suivie d’une dépression puis d’un palier vers 0 P, 380 et 0OP,875. Ces deux accidents prennent naissance peu après les maxima M, et M, et le premier est plus accusé que le second ; il est aussi, peut-être, plus profond en bleu qu’en rouge. Ces dépressions ont

été trouvées sur presque toutes les anciennes courbes de lumière.

Danjon a fortement mis en doute toutes les ondes secondaires trouvées par les observateurs visuels sur la courbe de lumière de 8 Lyrae. Il a montré qu’elles pouvaient être dues à une sorte de stroboscopie renversée résultant du fait que la période est très voisine de 13 jours, tandis que les maxima M, et M, subiraient un balancement alterné d’une périodicité voisine de 156, soit 12 fois 13 jours. Nos observations ne mettent pas cette variation secondaire en évidence. Toutefois, si l’on pointe les écarts à la courbe moyenne en regard des dates d’observation, on trouve une distribution systématique nette indiquant une sous-variation de faible amplitude, d'environ 0”, 06, et de période assez longue, voisine de 280 jours. Cette variation suit une marche parallèle en bleu et en rouge et elle n’est pas incompatible avec les observations de Danjon. Il ne semble pas qu’il s'agisse d’un effet résiduel de l’absorption atmosphérique différentielle, car elle ne suit pas la variation de la distance zénithale moyenne. Reste la possibilité d’une faible variation de l’étoile de comparaison y Lyrae : cette étoile a été très employée par divers observateurs et rien ne donne à penser qu’elle puisse être sujette à caution. Les nouvelles observations seront organisées, cependant, de manière à vérifier soigneusement sa constance, en même temps qu’elles permettront de contrôler l'existence réelle de la sous-variation indiquée ci-dessus et de préciser, s’il y a lieu, sa périodicité.

Il y a enfin une légère dissymétrie du minimum principal, mais elle est inverse de celle beaucoup plus accusée notée par d’autres observateurs et, comme on l’a indiqué ci-dessus, elle paraît due à la grande perturbation suivant immédiatement le minimum principal : en réalité, c’est la décroissance qui serait légèrement plus lente que la croissance et ce fait est confirmé par la courbe de lumière photoélectrique de Smart obtenue à peu près en même temps que la nôtre. On peut encore noter, comme on l’a déjà fait ci-dessus, la concordance qui paraît exister entre ces particularités et les variations assez importantes du spectre d'absorption B5, dont les raies, plus intenses immédiatement après le minimum principal, décroissent juste avant le minimum secondaire, pour augmenter ensuite graduellement vers le minimum principal.

Il est d’ailleurs normal que la variation lumineuse soit ainsi compliquée de nombreuses particularités, puisque, en dehors même des variations intrinsèques qui peuvent avoir leur origine dans l'enveloppe

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nébulaire, il faut compter avec celles qui doivent provenir du mélange (blending) des trois ou quatre spectres d'émission et d'absorption qui entrent en Jeu.

Il n’y a, enfin, pas de raisons sérieuses de douter de la symétrie des époques des maxima M, et M, et des minima secondaires par rapport au minimum principal : s’il existe quelque dissymétrie, elle ne peut . être que très faible et très difficile à fixer avec certitude, en raison de la dispersion des observations.

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