CXVIII
RIEN n’eft plus divertiffant que de voir deux hommes affemblés, l’un pour demander confeil, & l’autre pour le donner. L’un paraît avec une déférence refpe&ueufe, & dit qu’il vient recevoir des infiru&ions pour fa conduite, & fon deffein le plus îouvent eft de faire approuver fes fentiments & de rendre celui qu’il vient confulter, garant de l’affaire qu’il lui propofe. Celui qui confeille, paye d’abord la confiance de fon ami des marques d’un zèle ardent & défintéreffé, & il cherche en même temps dans fes propres intérêts, des règles de confeiller; de forte que fon confeil lui eft bien plus propre qu’à celui qui le reçoit.