CCLXXVII
L’HUMILITE n’eft fouvent qu’une feinte foumiffion que nous employons pour foumettre effectivement tout le monde.
C’eft un mouvement de l’orgueil, par lequel il s’abaiffe devant les hommes pour s’élever fur eux; c’eft un déguifement, & fon premier ftratagème. Mais, quoique fes changements foient prefque infinis, & qu’il foit admirable fous toutes fortes de figures, il faut avouer néanmoins, qu’il n’efi: jamais fi rare, ni fi extraordinaire que lorfqu’il fe cache fous la forme & fous l’habit de l’humilité; car alors on le voit les yeux baiffés, dans une contenance modefte & repofée; toutes fes paroles font douces & refpectueufes, pleines d’eftime pour les autres & de dédain pour lui-même. Si on l’en veut croire, il efi: indigne de tous les honneurs,
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MAXIMES DE
il n’eft capable d’aucun emploi, il ne reçoit les charges où on l’élève que comme un effet de la bonté des hommes, & de la faveur aveugle de la fortune. C’eft l’orgueil qui joue tous ces perfonnages que l’on prend pour l’humilité.