CHAPITRE Y
Le dix-huitième siècle peut revendiquer comme tout à fait sien un genre d’écrit pour lequel il a créé le nom de poésie descriptive. Par le fond et par la forme, cette variété littéraire est bien de l’époque où achevait de fleurir, prête à tomber en poussière cette théorie de la distinction des genres du haut de laquelle Yoltairese félicitait d’être exempt des mots bas et indignes de la tragédie qui déshonorent le vers de Corneille. Le genre descriptif est par excellence le fruit poétique du dixhuitième siècle, car il est à la fois vide de poésie et privé de style. Les œuvres qui s’y rapportent ont droit, sans doute, de figurer dans une nomenclature littéraire, mais restent en dehors de Thisloire sérieuse de la poésie. Nous les mentionnons ici, parce qu’elles semblent se rattacher au sentiment de la nature, et que par une erreur explicable dans l’aube confuse encore de l’école moderne, c’est du nom de poésie descriptive que M. de Chateaubriand s’est servi pour signaler l’avénement de la poésie qu’il a fondée et dont J. -J. Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre sont comme les précurseurs.
L’auteur du Génie du Christianisme, en accusant la