‹ Sept dixains de sonnets tirés de RabelaisChapitre 1 sur 48 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

PASSAGE CHOISEUL, 57 M DCCC LXXXl

V la niémuin' de

I^IERRE-CJERMAIN JANiNET.

niorl à Montiouge, le 23 novembre 1 870, pendant le siège de Paris,

à qui l'on doit

la Bibliothèque elzéviriennc

et la première édition moderne

(lu vrai lexle de Rabelais.

Hommage et souvenir de l'un tie ceux qui ont suivi son exemple

A. uE M.

Tours, 2S juillel 1880.

Malgré le vent qui siffle et le fleuve qui gronde,

Christophe, le passeur, entendit une voix;

Il se leva, sortit et vit la tête blonde

D'un enfant, qu'il aurait écrasé dans ses doigts.

Comme il entrait dans l'eau, pour la première fois Il eut peur de rouler sous la vague profonde; La charge, qui croissait, l'écrasait de son poids : « Qu'es-tu? — C'est, » dit l'enfant, « que tu portes le monde.

Sans se laisser troubler par l'abîme béant. Notre Maître François fut de même un géant; Il avait dans ses os les moelles de la Gaule.

Le saint eut de la peine à traverser le gué; Rabelais est plus fort, et, sans plier l'épaule. Il porte tout un monde et n'est pas fatigué.

Maitre Alcoi'ribas

Alcofribas est un bon homme; Si vous en trouve:{ un pareil, Vous pouve^ l'aller dire à Rome En allant d'Ormu\ à Corbeil.

Il aime la vigne et la pomme, Préfère le bœuf au méteil.

Met les chiffres avant la somme, Et la Lune après le Soleil.

Il a, dans son indépendance, Le tort de dire ce qu'il pense Et de ne pas s'extasier.

C'est pour cela, quoi qu'on en dise, Qu'il faut louer la vaillantise De Maître Alcofribas Nasier.

Chinon

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