‹ Sept dixains de sonnets tirés de RabelaisChapitre 3 sur 48 · Prologue du Livre · texte numérisé non relu

Prologue du Livre

Les Anciens désignaient sous le nom de Silènes Des coffrets ciselés, dont le plaisant dehors Montrait joyeusement des singes sur des porcs, Des Tritons encornés montés par des Sirènes,

Des batailles d'oisons bridés contre des raines.

Des cerfs tirant un char, ou des nains aux pieds tors;

Alors que du couvercle on soulevait les bords,

On voyait de parfums les cases toutes pleines,

De civette, de musc, d'ambre gris, d'amomon; Silenus, et Socrate, et ce livre bouffon Sont de même. Dehors ce sont foldtreries,

Mais, si vous voule\ bien enquérir plus avant, Y trouvère^, sinon toujours, au moins souvent, Les trésors précieux de tas de pierreries.

Haute philosophie des chiens

. Prologue du Livre I

Nul n'est plus philosophe, à ce que dit Platon, Qu'un chien se combattant contre un os médullaire, Et de sa passion pour le pouvoir distraire, Il ne faudrait rien moins que des coups de bâton ;

Il ne se lance plus contre un pauvre chaton; Il caresse son os, il le lèche, il le flaire. S'en joue en cent façons. Qui l'induit à ce faire, Eût-il mieux à manger que ce sec rogaton?

Voye^ de quel ferveur il le tient; il le guette, Il l'entomme, il le brise, il le suce, il le jette, Pour le reprendre, avec un regard de côté.

C'est qu'il en veut la moelle, et Galien assure

Que la moelle est chef-d'œuvre et Somme de Nature.

Si faut-il, comme un os, qu'un livre soit traité.

QP *

VU Les propos des beuveurs

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