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La chapelle était ronde, en pierre spéculaire. Sans ouverture au toit, sans fenêtre au coté, Et c'était seulement sa transluciditc Qui laissait du Soleil pénétrer la lumière.
Au centre d'un bassin, rempli d'une eau plus claire
Que n'est un Elément dans sa simplicité.
Du flacon cristallin l'oracle redouté
Restait dans le silence et l'effroi du mj-stùre.
Enfin il en sortit un accord éclatant.
Que l'écho de la voûte alla répercutant.
Et chacun entendit comme réponse : Trinque,
Pour marquer la puissance et la force du vin.
De l'esprit et du san^^ dispensateur divin;
Est-il rien que Bacchus ne maitrise et ne vainque ?
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Les hommes sont grossiers et leurs cœurs sont très laids; Ils ne sont qu'un instant vernis à la surface; Sous le masque emprunté dont ils couvrent leur face Les uns sont des tyrans, les autres des valets ;
De même que le fouet fait marcher les mulets, Il faut, pour les conduire, une main qui leur fasse Sentir qu'elle est maîtresse et leur donne la chasse; C'est le dégoût qui fait le fonds de Rabelais.
Il était bien forcé, pmir peindre la nature D'exagérer les traits; dans sa caricature Ses profils grimaçant ont l'air d'être calqués;
Ses héros sont un rêve, aussi bien que Thélcme; Les vices et les sots sont le fonds de son thème. Et ses lecteurs ont ri sans se croire attaqués.
La faiblesse et l'nrgiieil ne veulent àcouter Que ce qui les admire ou bien les justifie ; Pour mener haut la main leur vanité bouffie. L'empire est à celui qui sait le mieux flatter.
Comme la vérité ne fait que rebuter,
La raison, la morale et la philosophie
Ont des mots importuns, de qui l'on se défie.
Ce sont de froids censeurs qu'on préfère éviter;
Car les hommes ont tous une tendresse étrange Pour le faux, qui scintille et leur donne le change ; Ils aiment qu'on les trompe, ils veulent s'abuser.
Et, gardant jusqu'au bout comme un reste d'enfance, C'est du devoir surtout qu'ils ont la défiance; Pour gagner leur oreille il faut les amuser.
Léonard ot l'abolnis
Le Vinci, poursuivant l'idéale beauté
Dont la femyne est le rêve en sa fleur de jeunesse,
A compris, a rendu l'étrange morbidesse
Du sourire et des yeux noyés de volupté.
Comment donc a-t-il pu. d'un crayon médité. Se plaire et se livrer, presque jusqu'à l'ivresse, A d'horribles profils, qu'eut condamnés la Grèce. Mais dont la laideur touche à la sublimité.
C'était pour arracher les voiles du visage,
Pour noter, pour fi.vcr, en appuyant l'outrage;
Sa plume est une épée, et tous ses coups .sont droits.
Rabelais, d'un fusain souple, joyeux et large. Fait comme Léonard : il exagère, il charge, Il grossit, et la vie éclate sous ses doigts.
Garilah jACicris liuinaiii-
Si Rabelais est plus qu'un bouffon, qu'un sceptique, Qu'un philosophe amer et parfois bateleur. S'il est plus qu'un reflet de la sagesse antique Dont son merveilleux style a gardé la couleur,
C'est qu'il est bon, qu'on sent une âme sympathique Donner à sa raison la vie et la chaleur; Que, si d'Aristophane il a la verve At tique, De Platon, de Socrate il a la grande ampleur;
C'est qu'il a le respect de toute chose saine; C'est que, s'il met le vice ou la sottise en scène. Son rire est toujours franc, sans aucune dcretd ;
C'est que l'on sent toujours battre dans sa poitrine — Et c'est là l'étincelle et la tnarque divine — L'amour de la Justice et de l'Humanité.
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