‹ Sept générations d'exécuteurs 16881847 Mémoires des Sanson mis en ordreChapitre 13 sur 24 · LES SUITES DE THERMIDOR 3S · texte numérisé non relu

LES SUITES DE THERMIDOR 3S

gnats était un corollaire. Les hommes d'État de l'Angleterre ne rougissaient pas d'accepter le métier de faussaire comme une machine de guerre qui devait contribuer à ruiner une puissance ennemie. Ils tenaient fabrique ouverte de papier français. Par leurs corsaires, par les armées des révoltés de l'ouest, ils en inondaient le territoire. Le comité, épouvanté de la dépréciation croissante de la monnaie révolutionnaire, avait pris les mesures les plus sévères contre ceux qui mettaient les faux assignats en circulation. Le 20, le Tribunal avait condamné huit de ces individus. Parmi eux étaient quatre femmes : Élisabcth- Joséphine Baslin, diieBelise, figurante à l'Opéra; Françoise-Elisabeth Bcrthclcmot, femme de charge; Marie- Amie Bourgoin, ouvrière en dentelles; Louise Bridan, marchande fleuriste. Elles se déclarèrent enceintes, il fut sursis à l'exécution ; plus tard, leur peine fut commuée en celle de la détention. Hilarion Dounich ; Jean- François-Marie de Kératry, ex-officier de gendarmerie ; François de Mas Dubort, ex-noble, et Maurice-Paul Serrurier furent seuls exécutes.

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Le 1er fructidor, le Tribunal révolutionnaire condamna à la peine de mort Joseph Saumon, dit Ldbran, charretier e1 cultivateur à Busserolles (Dordogne), et Pierre- Augustin Zavaur, défenseur officieux près le tribunal du district de Gourdon. Pour le premier, la politique n'avait été. qu'un prétexte pour satisfaire sa cupidité et sa haine; il avait commis plusieurs assassinats ; le second avait résisté aux autorités et provoqué des rassemblements; ils furent exécutés sur la place de Grevé. Le 2 et le 3, le Tribunal prononça un assez grand nombre d'acquittements et fit .preuve d'assez d'indulgence pour montrer qu'il n'aurait que le^m de commun avec les juges et les jurés d'Herman, de Dumas et de Coffinhal.

Le 4 , trois distributeurs de faux assignats laissèrent leurs tètes sur la Grève : les nommés Jean Bal, Louis Aimé et Joseph Bigon.

Un aide de camp de Henri ot, François Descfiamps, ex-marchand de bas et agent de la commission du commerce et des subsistances, fut arrêté à Jan ville, où il s'était réfugié; il fut amené devant le Tribunal : le substitut donna

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lecture du décret qui le mettait hors lu loi, et Je 5, il fut exécuté avec Jean-Baptiste Afitre- Ginard, ex-religieux minime, ex-vicaire de l'évoque constitutionnel d'Aix, condamné à mort pour avoir provoque le peuple de Marseille à nommer de nouveaux représentants et à dissoudre la représentation nationale.

Du G au 1 1 , le Tribunal ne prononça que deux condamnations, celle de Pierre-Thomas Baillemont, changeur, à Paris, convaincu d'avoir employé des manœuvres pour procurer à prix d'argent des certificats de résidence et de nonémigration ix des émigrés, et d'avoir facilité leur rentrée sur le territoire; et celle de Joseph tiertin, notaire, à Etampes, coupable d'avoir cherché à discréditer les assignats; en revanche, il acquitta quatre-vingt-seize inculpés.

Mais le moment est venu de reproduire le second manuscrit de mon père que j'ai annoncé; il va nous montrer le fils de l'exécuteur, jouet de la fatalité de ces temps, traduit à son tour à la barre du Tribunal, y défendant sa tète, et mon aïeul menacé de la perspective d'un sacrifice qui eût fait pâlir ceux d'Abraham et do Brutus.

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