LANDER
Cependant certains auteurs (HERZFELD, LEUTER) ne parlent que du streptocoque, et LEUTER admet l’idée d’une véritable ‘spécificité microbienne en faveur du
streptocoque.
Pour DEscomes et GILBERT, le streptocoque répondrait aux septicémies compliquant les cas aigus, le
staphylocoque aux septicémies compliquant les sup-
purations chroniques.
GERMAN prétend que la septicémie auriculaire est toujours monobactérienne. Il fait remarquer que, alors que dans le thrombus, surtout dans les cas chroniques,
on peut mettre en évidence des microbes de différentes
Rs
espèces, par contre on ne trouve dans le sang que des
microbes d’une seule espèce. Cependant, ce n’est pas
l'opinion universelle. Nombreux sont les auteurs qui ont attiré l’attention sur l’importance que peuvent avoir les germes anaérobies dans le déclenchement d'états septicémiques, et particulièrement l’association
microbienne aéro-anaérobie. RIsT va même jusqu’à
faire de cette association l’agent spécifique des septi-
cémies auriculaires. La présence de germes anaérobies
devrait être systématiquement recherchée lors de l’hé-
moculture.
PATHOGENIE — PHYSIOPATHOLOGIE ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Les considérations pathogéniques concernant les septicémies auriculaires ont été à la base de discussions intéressant les septicémies en général. Elles ont conduit à des notions, progressivement acquises, sur lesquelles s’est échafaudée la méthode thérapeutique. Ces considérations pathogéniques ont d’autant plus de poids que, dans le domaine de l’oreille moyenne et de ses cavités annexes, elles sont vérifiables par la découverte opératoire et, dans quelques cas, par les résultats de l’autopsie. Aussi le chapitre anatomo-pathologique nous paraît-il indissociable du problème pathogénique.
Voici quel est l’ordre des arguments qui ont conduit à la conception pathogénique actuelle :
1° Comme nous l’avons déjà dit, l’absence de mul-
tiplication bactérienne dans le sang des septicémiques a été admise après les travaux de SCHOTTMULLER, exception faite des cas exceptionnels de septicémies
suraigués ;
Op
2° Cette absence de pullulation microbienne laisse donc supposer le rôle prédominant d’un foyer infec-
tieux profond, réservoir de bactéries;
3° La pathologie auriculaire a fourni pour la confirmation de cette opinion un large tribut. Car il est rare que le foyer auriculaire soit méconnu et, comme
tel, il est découvert à l’intervention.
Trois problèmes méritent alors attention :
a) Quel est le mécanisme de la production de l’état septicémique à partir du foyer auriculaire ? (Nous ver-
rons que c’est un processus phlébitique.)
b) Que représente le stade de thrombose dans la
genèse des états septicémiques ?
c) Quelle est la réaction de l’organisme ?