LS HUE
aucun effort nouveau et lui apporte un appoint tout
prêt pour sa défense.
Cependant, tous les agents microbiens susceptibles de déterminer une septicémie otogène ne réagissent pas avec le même bonheur à la sérothérapie : on ne peut retenir comme vraiment efficaces que le sérum antistréptococcique, le sérum antipneumococcique, le
sérum antigangréneux.
À vrai dire, la spécificité de tel ou tel sérum vis-
à-vis d’un microbe n’est que relative.
NicozLE et DEBAINS ont fait remarquer que « les antigènes ne sont propres à aucun microbe particulier; toute une mosaïque d’antigènes est const. e par le microbe, et c’est la dominante de l’un d’eux qui caractérise le microbe donné ». A Ia suite d’une observation de septicémie streptococcique traitée et guérie par le sérum antipneumococcique IT, GuILLE- MOT a fait remarquer que, dans le choix du sérum, on devrait se laisser guider plutôt par le phénomène
d’agglutination que par l'identification du germe.
Mais il reste un fait : le streptocoque est l’agenrt le plus habituel des septicémies auriculaires et le sérum antistreptococcique apparaît dans leur traitement comme une des armes les plus efficaces : Nombreuses sont les observations qui témoignent de son efficacité,
surtout en ce qui concerne le sérum du Pr. A. Vin-
CENT. Le meilleur test que l’on puisse relever de cette efficacité est le fait que la sérothérapie entraîna la guérison au moment même où la persistance des signes septicémiques prouvait l’échec des autres thérapeutiques.
Dans un cas de septicémie publiée par J. PIQUET, la sérothérapie au sérum de VINCENT avait provoqué une sédation nette des phénomènes septicémiques. L’interruption de la sérothérapie fut suivi d’une nouvelle ascension thermique qui disparut après la reprise des injections.
De plus, fait significatif, il n’est pas rare de voir une injection de térébenthine qui, jusque-là, n’avait provoqué aucune réaction, aboutir à l’abcédation sous
l'influence de la sérothérapie.
Le Pr. M.-A. VINCENT donne, sur la pratique de la sérothérapie antistreptococcique, les indications sui-
vanies :
La sérothérapie doit être précoce : en présence d’une aggravation des signes cliniques, non expliquée par le foyer local, si l’on constate des streptocoques dans le pus auriculaire, on doit pratiquer une hémoculture et immédiatement, sans en attendre le résul-
tat, une injection de sérum.
Il faut frapper vite et fort : 100 cm3 d’emblée et
en une seule fois, car le streptocoque est un agent
très résistant. Même chez l'enfant, et particulière-
ment dans les formes sévères, 1l faut injecter de grosses doses : 80 cm’.
Dès l’amélioration, on passera à des doses journalières progressivement diminuées : 80 em°, 60 em’, 50 cm”, 40 cm*. Lorsque l'apyrexie sera obtenue, il faudra continuer une dose journalière de 30 cm° pendant 4 jours au moins après la chute de la tempé-
ratüre.
Les voies d'introduction préconisées sont : la voie sous-cutanée, la voie intramuseulaire et la voie intraveineuse dans les formes graves (à condition d’injecter lentement le sérum et de cesser l'injection si le malade accuse de la pâleur ou un vertige). On se souviendra toujours de la possibilité d'accidents sériques secondaires : pour les prévenir, M. A. VINCENT préconise d’user, autant que possible, de la méthode désensibili-
satrice et recommande la médication benzo-salicylée.
En résumé, la sérothérapie anti-streptococcique est la thérapeutique médicale que l’on a le plus fréquemment à manier au cours des septicémies otogènes :
c'est aussi elle qui possède à son actif le plus de suecès indéniables.
Les sérums anti-pneumococciques et anti-gangré-
neux sont d’un usage plus limité. Dans certains cas,
les résultats de l’hémoculture conduisent à une séro-
gs +
Ep
thérapie mixte, anti-gangréneuse et anti-streptococ-
cique.